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Contrairement aux
batailles de 1837 et 1838, qui se déroulent pour l’essentiel
dans la région de Montréal, les grandes manifestations du
mouvement patriote se tiennent à la grandeur du Bas-Canada, tout
le long du fleuve Saint-Laurent. Les assemblées sont
particulièrement nombreuses à compter de mai 1837, quand on
apprend que l’Angleterre oppose un NON catégorique aux
revendications patriotes. Ces assemblées publiques ont lieu en
plein air, souvent le dimanche après la grand-messe, alors que
les paroissiens sont tous réunis au village. Après avoir désigné
un président et un secrétaire, le peuple y élit des délégués,
forme des comités, signe des pétitions mais surtout vote une
série de résolutions acheminées au comité central patriote, puis
diffusées dans les journaux sympathiques à leur cause. Ces
résolutions dénoncent la corruption et la discrimination qui
règnent au gouvernement colonial, rappellent les droits du
peuple à se gouverner lui-même et offrent leur soutien à leurs
chefs politiques et en particulier Louis-Joseph Papineau.
Partout Papineau est d’ailleurs acclamé et attire parfois des
foules de plusieurs milliers de personnes.
Les assemblées
patriotes traduisent une grande soif de liberté et de justice et
constituent un témoignage unique dans notre histoire de
l’attachement de notre peuple à sa culture et à ses
institutions.

Au total, 175
villes, villages ou hameaux québécois ont vibré au rythme de
pas moins de 202 assemblées patriotes et participé à ce vaste
élan démocratique, entre 1834 et 1837. En associant chacun de
ces hameaux à une municipalité correspondante
actuelle, on en arrive très exactement à 70 municipalités
québécoises qui peuvent se targuer d’avoir tenu des assises du
mouvement patriote :
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