[2] a. Voyages du duc de La Rochefoucault-Liancour en Amérique, 1787.
b. Les
Bastonnais, J. Lespérance.
c. La note suivante adressée par S. A. R. le duc de Kent au commodore Bouchette fera voir quel cas on faisait de ses services.
« Kensington Palace, March 9
th, 1802.
Captain Dodd, Military Secretary and Aide-de-Camp to the Duke of Kent, is commanded by His Royal Highness to inform Captain Bouchette that conceiving it might be an object of great convenience to him to retire from his present laborious situation, provided he could be permitted to retain his whole pay, as his retreat ; the Duke has taken an opportunity of sounding the Lords of the Treasury upon the subject, and has reason from their answers to think that if a Memorial were presented from Captain Bouchette, stating his long and faithful services and advanced age, and praying leave to retire upon his full pay, it would be attended with success.
« His Royal Highness has therefore instructed Captain Dodd to make the circurnstance known to Captain Bouchette and to acquaint him that if he feels disposed to solicit his retreat on these terms and to memorialize the Lords of the Treasury to that effect, it will only be necessary for him to transmit his Memorial to His Royal Highness, under cover to the Secretary at War, and he may depend upon its being presented with every recommendation and meeting with every support which the Duke can give it.
« Captain BOUCHETTE,
« Commanding His Majesty's armed vessels on Lake Ontario,
« Kingston, U. Canada. »
[3] Portraits de Canadiens célèbres, W. Notman, partie VIII. – Notice biographique écrite par Fennings Taylor, Lovell, Montréal, 1865.
Voir aussi
Bibliotheca Canadensis et autres compilations de M. Henry J. Morgan.
[4] Ce dénis de justice causa pendant quelque temps au colonel Bouchette des embarras d'argent et retarda la publication de son second ouvrage qui est la plus considérable de toutes ses œuvres. La balance de sa réclamation ($1,000), fut payée à ses héritier, en 1875 seulement, et sans intérêt.
[5] À cette époque, mon père avait été traité avec beaucoup de bonté par S. A. R. le duc de Kent. – note de l'auteur.
[6] Mon père m'a toujours dit qu'il était fort redevable à M. Ellice pour ses bons procédés en 1815, lors de la publication de son premier ouvrage. Il s'intéressa beaucoup pour nous à l'époque dont je parle. – note de l'auteur.
[7] Ellice fut l'ennemi des Canadiens-Français. C'est lui qui suggérait au ministère anglais en 1812, d'unir en une seule province le Haut et le Bas-Canada. Une mesure présentée à cet effet, fut retirée à la demande de Papineau et Neilson, députés en Angleterre pour la combattre. – D.
[8] Bulwer Lytton et Marriott, tous deux romanciers célèbres, Tom Moore, ce merveilleux poète, qui, comme Botrel et Nadeau, chantait lui-même ses vers, sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en faire une mention spéciale.
James
Hogg, poète écossais. Sa fille, Mme Garland, a publié ses mémoires, qui sont d'un vif intérêt.
Létitia
Landon, poète anglais de talent. Elle naquit en 1802. En 1838 elle épousa M. Maclean, gouverneur de Cape Coast Castle, et mourut la même année, victime du climat de ce pays.
Maria
Edgeworth, écrivain de grand mérite, romancier, philosophe, économiste, était d'origine irlandaise. Son père était aussi un écrivain renommé.
Jane
Porter, écrivain écossais. Il reste d'elle plusieurs romans de la vie écossaise. Elle eut le grand mérite de comprendre et d'encourager le talent de Walter Scott.
Basil
Hall, voyageur et écrivain, fils de sir James Hall, qui le premier appliqua la méthode expérimentale à la géologie.
Frances
Trollope, auteur de plusieurs romans, mère de Anthony Trollope, le célèbre romancier.
Gabriele
Rosetti, poète, critique et musicien, naquit à Vasto, Italie, en 1783, et mourut à Londres en 1854, où il s'était réfugié à la suite de difficultés politiques. Sa mémoire est révérée au lieu de sa naissance, où on lui a élevé une statue.
[9] Voici l'original de cette lettre :
Elvaston Castle, 12
th March 1853.
My dear Sir,
Accept my cordial thanks for your kind letter. I have a pleasing recollection of you and am much gratified to find that it is mutual. I do not recollect the tournament you allude to. I have no doubt the present Emperor of the French is the person you triumphed over, as he was frequently at our house. So was Lucien, but with him you were acquainted as also with other members of the Bonaparte family.
I sincerely hope that our connection with Canada may long continue, and that when you gain your independence we may still be bound together by the ties of affection and interest. I consider it our mutual interest to continue as we are, you not dependent, but a part of the British Empire, which with all its faults has never been equalled as regards enlightenment, liberty and social happiness.
Believe me, most sincerely,
Harrington.
[10] Rédaction de M. Errol Bouchette.
[11] Cette unité administrative au prix du sacrifice de l'autonomie de l'Irlande, devait être une source de faiblesse pour l'empire, car l'Irlande mécontente n'a cessé depuis de s'agiter et sa population d'émigrer pour créer aux États-Unis un parti nombreux et puissant hostile aux aspirations britanniques.
[12] Malgré cette lutte, mon père et M. Drolet restèrent amis personnels aussi bien qu’amis politique. Cette élection, qui ne changeait rien à la force des partis, puisque les deux candidats avaient les mêmes opinions, prouve d'une façon irréfutable l’influence énorme dont jouissait alors M. Papineau. Mon père était plus influent que M. Drolet à la Malbaie, tous les chefs locaux étaient ses partisans. Cependant la région toute entière obéit à la voix du chef politique de la province. Cette influence entraînait avec elle une bien lourde responsabilité.
[13] L'épisode dont parle Bouchette est bien curieux et montre comment les choses se passent en temps de révolution. Voici un homme qui harangue une foule, l'entraîne à sa suite à une assemblée ; arrivé là, la salle de réunion est encore vide et Bouchette est tout disposé à attendre l'arrivée de ceux qui ont convoqué la réunion, mais le peuple souverain n'a pas le don de la patience, et il pousse Bouchette à s'emparer, un peu malgré lui, d'un terrain qui ne lui appartient pas et de se faire l'organe des sentiments qu'il a fait naître un instant auparavant, un peu d'après le principe : « Je suis leur chef, donc il faut que je les suive » ; le Canadien, dont le jeune disciple de Papineau semble blâmer la froideur en cette circonstance, ne se gêne pas de le rendre responsable de cet esclandre et de dénoncer sa conduite. Quelques jours plus tard, le 4 juin, on retrouve Bouchette dans une autre assemblée proposant des résolutions de circonstances, en compagnie de Morin, de Narcisse-Fortunat Belleau, plus tard ministre et lieutenant-gouverneur, des députés Drolet, Bardy, Blanchet et Besserer. À cette assemblée, après avoir récapitulé tous les griefs du pays, on passa condamnation sur les résolutions de lord John Russell présentées à la Chambre des Communes au mois de février 1837, lesquelles donnaient au gouverneur le droit de se servir de l'argent public en dehors du contrôle de la Chambre d’Assemblée, et furent les causes déterminantes de l'agitation qui aboutit à l'explosion de 1837. Le Canadien, rédigé par Étienne Parent, s’était séparé quelque temps de la fraction avancée des Patriotes qui le décrétèrent de trahison.
[14] C'était le père du colonel G. Drolet, de Montréal. – D.
[15] Nom en blanc dans le manuscrit.
[16] M. Papineau voyageait sous le nom de M. Martin. – Note de l’auteur.
[17] Quelques-uns des détails de ce combat ont été communiqués par mon père à M. L. -O. David, qui les a publiés dans son ouvrage :
Les Patriotes, de 1837-38.
[18] Rédaction de M. Errol Bouchette.
[19] Le premier chemin de fer construit au Canada.
[20] Une copie de ce mémoire important était restée entre les mains de l'auteur. Malheureusement, il m'a été impossible de le retrouver, et je crains bien qu'il soit perdu. La copie dit docteur Nelson a été détruite par un incendie. L'historien Kingsford m'ayant dit que lord Durham l'avait insérée comme annexe à son rapport. J'ai feuilleté avec grand soin ce tome volumineux, mais sans pouvoir le retrouver. Il est donc probable que M. Kingsford était sous une fausse impression. L'auteur s'attache, dans ce document, à démontrer, comme il le fait plus succinctement dans la lettre qu'on va lire, que les Canadiens n'ont jamais eu l'intention de se révolter contre la couronne anglaise, qu'ils n'avaient rien préparé pour cela, bien qu'il leur eût été facile de se procurer des armes et d’organiser une résistance formidable. Qu'en résistant à l'arrestation inique et illégale de leurs chefs, ils ont cédé à ce sentiment naturel et spontané qui porte tout homme digne de ce nom à résister à l'agression et à défendre sa vie et sa liberté. Les Canadiens-Français ont, en effet, de hautes aspirations, et dès le début ils ont compris que pour y atteindre ils devaient se servir de l'arme constitutionnelle seule.
[21] La fin de cette lettre traite d'affaires personnelles.
[22] L'épisode dont parle la lettre des exilés aux Bermudes forme une page curieuse de l’histoire du règne de lord Durham au Canada. Arrivé à Québec en qualité de Haut-Commissionnaire, il était revêtu à ce titre d'une autorité très étendue qu'il outrepassa tout de même. On sait qu'après les affaires de Saint-Denis, de Saint-Charles et de Saint-Eustache, la prison de Montréal regorgeait de patriotes arrêtés un peu partout. Lord Durham se demanda ce qu'il allait en faire. Les livrer à un procès par jury, il n'y avait pas à y songer : leurs compatriotes les auraient acquittés comme leurs adversaires les auraient aveuglément condamnés. Il redoutait également, à bon droit, une cour martiale, dont les accusés seraient sortis sous le coup d'une condamnation à mort. C'est dans cette perplexité qu'il résolut de sortir des voies ordinaires de la légalité et d'agir en dictateur. Prenant occasion du couronnement de la reine Victoria, il proclama une amnistie dont tous les insurgés furent appelés à bénéficier, sauf les huit exilés aux Bermudes, dont Bouchette nous raconte ici les aventures. Cet acte général d'illégalité en renferme un second : la recherche des aveux chez les accusés Nelson et Bouchette, et leur procédure contraire au droit anglais qui présume innocent tout homme prévenu d'une infraction aux lois, tant que sa culpabilité n'a pas été établie devant un tribunal. On ne saurait trop blâmer Durham d'avoir mis Nelson et ses amis dans la pénible alternative de s'avouer coupables et de sauver à ce prix les patriotes tombés entre les mains de la police, ou bien de subir les peines de la loi dans toute leur rigueur. Se rendre au désir du gouverneur répugnait à leur conscience et à la haute idée qu'ils se faisaient du rôle qu'ils avaient joué. Mais s'ils persistaient dans leur refus, c'étaient des misères sans nombre pour une centaine d'accusés et leurs familles. C'est dans ce terrible dilemme qu'ils firent ce singulier aveu, portant une condition qui l'annule : «
Si les hautes aspirations
sont coupables, nous reconnaissons notre culpabilité ». Aussi lord Durham ne voulut s'en contenter, ce qui arracha aux exilés ce supplément de lettre dans laquelle ils retirent d'un côté ce qu'ils avouent de l'autre.
L'ordonnance de lord Durham fut désavouée en Angleterre comme entachée d'illégalité. Il avait agi sans consulter le conseil spécial qui existait à son arrivée au Canada, et dont il avait modifié la composition en réduisant le nombre des conseillers et en substituant à quelques-uns d'entre eux, ses secrétaires, des officiers et des fonctionnaires publics. Personnage hautain, plein de morgue et très emporté, Durham, en apprenant le désaveu, résigna sa charge et lança une proclamation qui était une réponse directe au gouvernement anglais dont il ne se gênait pas de critiquer la conduite à son égard. Cet acte de quasi-révolte lui valut du Times de Londres l'épithète de « Lord High Seditioner ». Lorsqu'on lui reprochait l'illégalité de ses actes, il répondait : « Où est le respect de la constitution et de la loi dans un pays où l'on dépense l'argent du peuple sans le consentement de ses représentants ? » Cette réponse de Durham n'est-elle pas la justification de la conduite de l'Assemblée Législative avant 1837 ?
[23] Beaucoup de ces documents sont malheureusement perdus.
[24] Nous croyons que Bouchette commet, sans le vouloir, faute de renseignements suffisants, une injustice à l'égard du shérif. Il nous a été donné de connaître un bon nombre de ses amis qui tous nous ont fait l'éloge de la bonté de cœur, des sentiments de pitié et de miséricorde dont débordaient le cœur de M. de Saint-Ours, pris à partie par Bouchette, sentiments qui l’ont porté aussi loin que possible à ordonner le sort des prisonniers politiques de 1837-38. Comme tous les fonctionnaires de l'époque, les shérifs étaient sous la coupe de l'Exécutif, dont il fallait exécuter les ordres sans discuter (D.).
[25] Tout a bien changé à l'île depuis le temps où Bouchette a passé dans ces parages. Le gouvernement y a établi des postes de sauvetage bien tenus. Nous est avis que la mer ne la couvre pas comme Bouchette le croit. On en était encore à la légende sur ce point. (D.)
[26] Extrait de la
Royal Bermuda
Gazette, 31 juillet 1839. – « Les personnes condamnées par lord Durham et par son conseil spécial à être déportées ici, pour la part qu’ils ont prises aux récentes menées séditieuses dans le Bas-Canada, sont arrivées mardi dernier sur le vaisseau de S. M.
Vestal, capitaine Carter. La traversée, de Québec, a duré vingt et un jours.
« Les déportés se nomment :
Wolfred Nelson, Robert-Shore-Milnes Bouchette,
Bonaventure Viger, Siméon Marchessault,
Henri-Alphonse Gauvin, Toussaint Goddu,
Rodolphe Des Rivières, Luc-Hyacinthe Masson.
« Ils ont débarqué samedi, et se sont fixés dans notre paroisse (Hamilton).
« Ces personnes, croyons-nous, ont lieu d'être reconnaissantes. Le bannissement Bermudes est une peine fort légère pour une offense aussi grave que la leur, et le conseil du gouvernement a mis peu d'entraves à leur liberté en acceptant simplement leur parole d'honneur qu'ils ne quitteront pas l'île principale.
« D'après l'ordonnance de lord Durham et de son conseil spécial, que nous avons publiée il y a quinze jours, Ils seront mis à mort pour crime de haute trahison ceux qui s'aviseront de retourner en Canada sans permission spéciale ».
[27] J’ai raison de croire que ce vandalisme, qui s'est exercé particulièrement à Saint-Eustache, et à Saint-Benoît, fut perpétré par les volontaires,
malgré les ordres de sir John Colborne J'ai pu vérifier ce fait dans les documents publics longtemps après avoir écrit ce mémoire à bord de la
Vestal. (Note de l'auteur en 1859.)
[28] Rédaction de M. Errol Bouchette.
[29] Ici un nom se trouvera sur toutes les lèvres, celui de Robert Baldwin, surnommé le père du gouvernement responsable dans le Haut-Canada. Il soutint dans sa province et avec le plus noble courage l'idée mère qui depuis longtemps animait la lutte politique dans le Bas-Canada.
[30] Il est remarquable que les résolutions adoptées par les législatures des treize colonies furent souvent presque la contre-partie de celles de la législature canadienne. On se serait contenté là aussi du
self-government. « Nous avons pétitionné, s'écrie Patrick Henry, protesté et supplié, nous nous sommes prosternée au pied du trône pour que le roi mette fin aux mesures tyranniques de son ministère ».
[31] Dans cette analyse des recommandations de lord Durham, il n'est question, bien entendu, que du politique. L'homme était courtois et humain. Il était personnellement respecté en Canada.