Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
23 novembre 1837 - La Bataille de Saint-Denis -
Depuis le 10 mars 2000

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Débarqué avec ses troupes à Sorel le soir du 22 novembre, le lieutenant-colonel Gore apprit que de grandes forces s'apprêtaient à lui barrer la route dans le village de Saint-Denis. Il fit immédiatement déployer ses troupes et donna l'ordre d'avancer toute la nuit.

Les Patriotes, retranchés dans une grosse maison en maçonnerie et dans la distillerie, ouvrirent un feu bien nourri et d'une grande précision. Devant ce tir plongeant, l'infanterie de Gore fut impuissante. Impuissante aussi son artillerie contre les gros murs de la Maison Saint-Germain, sauf pourtant le premier coup qui pénétra dans par une fenêtre, tuant quatre Patriotes.

Gore sonna la retraite vers les trois heures car les Patriotes des paroisses voisines commençaient à affluer et à menacer les communications avec Sorel. La troupe laisse sur le terrain un matériel important dont un canon howitzer.


Situé sur la rive est de la rivière Richelieu à environ 25 kilomètres au sud de Sorel, le village de Saint-Denis est reconnu pour être un des châteaux fort de la cause patriotique. Durant la première moitié du XIXe siècle, le village est prospère et très dynamique. Avec la présence de plusieurs dizaines de potiers et d'artisans en tout genre, il est considéré comme la capitale de la poterie au Bas-Canada. Souffrant de la crise agricole que subit la région du Richelieu dans les années 1830, plusieurs habitants du petit village de Saint-Denis et des environs prennent les armes lors des rébellions de 1837.

Le 22 novembre 1837, l'armée de Sir Charles Gore arrive à Sorel par le bateau à vapeur St.George. Le but de l'expédition est de rejoindre les troupes du colonel George Augustus Wetherall, parties de Chambly pour attaquer le village de Saint-Charles réputé pour être le bastion de la résistance patriote dans la vallée du Richelieu. Le soir venu, Gore convient de marcher sur Saint-Denis où il croit ne devoir faire face qu'à un faible détachement de Patriotes. Le départ est donné vers 22h00 sous une pluie glaciale. Le quartier-maître général et colonel Sir Charles Gore a donc sous son commandement: les compagnies de flancs du 24e Régiment dirigées par le lieutenant-colonel Charles H. Hughes (Senior: 1997, 126), une compagnie légère du 32e Régiment commandée par le capitaine Frederick Markham, un détachement de la Royal Artillery (doté d'un seul obusier) et un détachement de la Royal Montreal Cavalry commandé par le cornette Campbell Sweeney. Rendue à Sorel, l'armée s'adjoint une compagnie du 66e Régiment sous les ordres du capitaine Crompton pour un total de 300 soldats réguliers (Senior, 1997: 115). Ils sont aussi accompagnés par le shérif Édouard-Louis-Antoine Juchereau-Duchesnay et par le magistrat Pierre-Édouard Leclère, détenteur de mandats d'arrestations contre certains chefs patriotes, dont Papineau, O'Callaghan et W. Nelson, réunis à Saint-Denis.

Désirant surprendre les rebelles à leur réveil, l'armée britannique arrive aux portes de Saint-Denis au matin du 23 novembre. Par contre, les soldats de Gore sont trempés, gelés et épuisés à cause du mauvais temps qu'ils ont dû subir. De leur côté, les rebelles de Saint-Denis, sous les ordre du Dr Wolfred Nelson, sont déjà sur le qui-vive. Les hostilités débutent donc vers 9h00. Il y a alors au village 200 Patriotes qui sont armés de fusils, dont la plupart en mauvais état, les autres attendent que les premiers succombent pour prendre leurs armes (Senior, 1997: 120). À ce moment, Louis-Joseph Papineau est présent au village. Il partira durant l'affrontement avec Edmund B. O'Callaghan en direction de Saint-Hyacinthe en apprenant que les troupes de Wetherall marchaient sur Saint-Charles. Soulignons que la réaction de Papineau durant la bataille est un fait controversé chez les historiens. En plus d'occuper une douzaine de maisons le long de la grand rue qui longe la rivière, les insurgés ont érigé une barricade devant leur principal forteresse, l'imposante maison en pierre de trois étages de la veuve St-Germain. De plus, une trentaine d'hommes sont postés autours de la distillerie de Nelson, le long du chemin derrière le village et derrière différentes granges. La stratégie de Gore est simple: diviser ses troupes en trois détachements. La première se dirige le long de la rivière, la deuxième continue sur la route face au village tandis que la troisième se doit d'aller vers la gauche, dans les champs, dans le but de prendre les insurgés à revers. Au fur et à mesure que la troupe du centre avance sur la grand rue, deux hommes sont abattus par les tireurs patriotes. Par ailleurs, trois canonniers sont touchés avant qu'un quatrième puisse allumer le canon. D'un peu partout, des groupes de rebelles viennent prêter main-forte aux gens de Saint-Denis si bien que le nombre de Patriotes va augmenter toute la journée (Filteau, 1975: 326). Par exemple, on note l'arrivée d'un détachement de Patriotes dirigé par le Dr Henri-Alphonse Gauvin. Durant plusieurs heures, l'armée bombarde la maison fortifiée, mais sans créer de dommage important, et ce, malgré un boulet qui tua trois personnes au premier étage (Senior, 1997: 121). Entre temps, un détachement de Patriotes qui doit conduire un prisonnier à Saint-Charles, le lieutenant George Weir, tue ce dernier qui tente de s'enfuir. Malgré plusieurs blessures qu'on lui inflige, le capitaine Frederick Markham et quelques hommes de la compagnie légère du 32e régiment s'emparent de la résidence faisant face à la maison St-Germain en y délogeant un groupe de rebelles. Vers 14h00, voyant les réserves de poudre et de munitions diminuer, W. Nelson envoie George-Étienne Cartier à Saint-Antoine, sur l'autre rive du Richelieu, pour aller chercher des munitions. Après une traversée laborieuse, il revient avec un nombre considérable de... 

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Commentaire
 yvon de la Durantaye  (2011-11-23)
Les patriotes "de la Duranraye" ca vous dit quelques choses...?
 guy  (2009-11-20)
les Patriotes furent très courageux

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

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DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


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L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
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L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
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