Les Patriotes de 1837\@1838
 
 BIOGRAPHIE 
CHÉNIER, Jean-Olivier (1806-1837)
Depuis le 31 12 1969

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Jean-Olivier Chénier est le fils de Cécile Morel et de Victor Chénier, cultivateur de Lachine. Son grand-père, François Chénier est marié à Suzanne Amable-Blondeau, issue d‘une famille de riches marchands montréalais (Bernard, 1988 :352). À l‘âge de douze ans, Jean-Olivier est présenté au docteur René-Joseph Kimber de Montréal. C‘est ce dernier qui s‘occupera de former Chénier aux études en médecine. À compter de février 1828, il est autorisé à pratiquer la médecine au Québec. Il est alors âgé de 21 ans.

Après la réception de sa licence médicale, il s‘établit à Saint-Benoît. Ses qualités professionnelles de dévouement et la qualité de ses soins sont rapidement reconnues. Il se liera d‘amitié avec le notaire Jean-Joseph Girouard de Saint-Benoît ainsi qu‘avec le docteur Jacques Labrie. Ces deux derniers l‘initieront d‘ailleurs aux problèmes locaux ainsi qu‘à la politique. Le 26 septembre 1831, il épouse Marie-Louise-Zéphirine Labrie, fille du docteur Jacques Labrie, qui était aussi le député du comté de Deux-Montagnes (Grignon, 1995 :11) et qui décéda quelques mois plus tard. C‘est en 1834 que la famille Chénier quitte Saint-Benoît pour s‘établir à Saint-Eustache.

Dès son arrivée à Saint-Benoît en 1828, Chénier s‘intéresse particulièrement aux activités politiques de la circonscription de York, dont Saint-Benoît fait partie. En 1827, il règne un contexte d‘affrontement entre la Chambre d‘assemblée et le gouverneur sur la question des subsides. La circonscription de York prend une part active dans le conflit puisque le village de Saint-Benoît décide de résister aux autorités en omettant de procéder aux rassemblements des miliciens généralement effectués à l‘été de chaque année.

En 1828, Chénier fait partie d‘un groupe de sept personnes, incluant Jacques Labrie et J.J. Girouard, qui sont accusés d‘obstruction par l‘officier commandant de la milice, le lieutenant-colonel Lambert-Dumont. C‘était la première action politique de Chénier (Bernard, 1988 :1987). De 1829 à 1831, Chénier participe à des élections visant à faire élire le docteur Labrie et William-Henry Scott pour représenter le Parti patriote. En 1832, il fait partie d‘un groupe de notables qui invitent le francs-tenanciers du comté de Deux-Montagnes à se réunir à Saint-Benoît. À cette assemblée, il est élu membre d‘un comité de trente personnes chargées de veiller aux intérêts des Canadiens.

Le 11 avril 1836, Chénier agit à titre de secrétaire lors de l‘assemblée de Saint-Benoît en compagnie du docteur Luc-Hyacinthe Masson. Le 1er juin 1837, à Sainte-Scholastique, Chénier est élu avec d‘autres personnes au sein d‘un comité permanent chargé de résister à l‘oppression et de donner suite aux travaux de cette assemblée (La Minerve, 5 juin 1837). C‘est là qu‘il prononça les paroles suivantes : "Ce que je dis, je le pense et je le ferai; suivez-moi, et je vous permets de me tuer si jamais vous me voyez fuir" (David, 1884 :148). Le 1er octobre 1837, Chénier est élu à titre de juge de paix en compagnie de quatre autres personnes suite à la destitution des juges de paix et des officiers de milice en place.

Le 23 octobre 1837, il participe avec Girouard et Scott à la grande assemblée des Six-Comtés qui a lieu à Saint-Charles. C‘est d‘ailleurs à cette assemblée qu‘il a été vu portant le drapeau du comté de Deux-Montagnes sur lequel on peut voir un castor avec un chêne et un érable (Fauteux, 1950 :174). À partir de ce moment, Chénier prend part à toutes les manifestations de sa région. Scott apparaît alors comme le principal chef patriote à Saint-Eustache et Chénier comme le second.

Le 16 novembre, on afficha dans le comté des Deux-Montagnes une proclamation de Lord Gosford, offrant 2000$ de récompense pour l‘arrestation de Chénier. Au lieu de se laisser tenter, les Patriotes accoururent de toutes parts autour de Chénier pour s‘opposer à son arrestation (David, 1884 :46). Le 18 novembre 1837, Chénier réunit les plus militants des partisans afin de décider ce qu‘ils doivent faire si l‘on décide de délivrer des mandats d‘arrestation contre eux. Chénier est alors nommé major. Le 23 novembre 1837, Chénier est nommé lieutenant-colonel pour remplacer William-Henry Scott, qui a quitté Saint-Eustache pour aller s‘établir à Sainte-Thérèse, et Amury Girod est nommé commandant en chef. Le 24 novembre 1837, Chénier, Girouard, Chartier et Barsalou décident de rester sur la défensive sans quitter leur territoire plutôt que d‘attaquer Montréal comme le demandait le docteur Robert Nelson. Au début de décembre 1837, le seul lieu qui pouvait servir de camp armé à Saint-Eustache était le quadrilatère formé par l‘église, le couvent nouvellement construit, le presbytère et le manoir du seigneur Dumont. Les chefs militaires réquisitionnèrent les lieux et Chénier s‘occupa d‘établir le camp.

Le 14 décembre 1837, matin du combat, Amury Girod s‘enfuit à Saint-Benoît sous le prétexte d‘aller chercher des renforts. C‘est donc Chénier qui devra assumer le commandement des troupes patriotes. Il se réfugie dans l‘église avec de 50 à 60 hommes dont la plupart armés. À ceux qui ne l‘étaient pas, Chénier répliqua "Soyez tranquilles; il y en aura de tués et vous prendrez leurs fusils" (Kyte Senior, 1997 :185). Lorsque l‘église fût attaquée et incendiée, Chénier et ses hommes tentèrent de s‘enfuir par les fenêtres. En essayant de fuir vers la rivière, Chénier est frappé par une balle dans les côtes de son flanc gauche. Il continua cependant à courir sur une courte distance vers l‘arrière du couvent, mais il est touché... 

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 Sophie  (2020-01-18)
Sur certains autres sites, je n‘ai rien trouvé sur Jean-Olivier Chénier. Quand j‘ai demandé l‘aide de mon professeur, elle a découvert ce site et, donc je dis merci d‘avoir reçu les informations dont j‘avais besoin.
 Sophie  (2020-01-18)
Sur certains autres sites, je n‘ai rien trouvé sur Jean-Olivier Chénier. Quand j‘ai demandé l‘aide de mon professeur, elle a découvert ce site et, donc je dis merci d‘avoir reçu les informations dont j‘avais besoin.

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


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L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
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