Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
La déclaration d‘indépendance du Bas-Canada, 28 février 1838
Depuis le 02 01 2012

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La déclaration d’indépendance du Bas-Canada n’eut pas la portée voulue par ses rédacteurs. Néanmoins, elle mérite que l’on s’y attarde, non pas pour évaluer son impact, car nous le savons il fut à peu près nul, mais bien pour comprendre qui en furent les auteurs et distinguer les idées ou objectifs qu’ils poursuivaient. Les idées abordées sont-elles les mêmes que les 92 résolutions ? Bien que ces documents aient eu des fonctions divergentes, ils permettent de situer l’évolution des idées Patriotes en parallèle au changement générationnel que la tête du mouvement subissait.

Les défaites de Saint-Charles, Saint-Eustache et Saint-Benoît eurent comme conséquence de pousser les dirigeants patriotes vers la frontière. Parmi-eux, Papineau, O’ Callaghan, Desmary, Davignon, Coté, Rodier, Mailhot, Gagnon, Duvernay et R. Nelson qui les rejoignit peu après (FILTEAU, 1938 :501). Ils s’installèrent dans les villes frontalières de Plattsburgh, Champlain, Rouse’s Point et Derby ou le Canadian Patriot, organe de presse visant à rallier des sympathisants américains, était publié. Le projet d’organiser un bataillon pour gagner l’indépendance du Bas-Canada gagnait des adeptes. Selon Filteau, « Le projet recevait l’appui de plusieurs hommes importants de l’état de New-York et avait gagné la sympathie active de tous les Américains du Lac Champlain. » (FILTEAU, 1938 :502). Les Papineau, Nelson et O’ Callaghan se mirent à discourir pour rallier encore plus de sympathisants. Leur popularité les amena à rencontrer le Président des États-Unis, Martin Van Buren. La rencontre se solda par une déception pour les Patriotes. Étant donné le contexte économique précaire des Etats-Unis il n’avait d’autre choix que d’affirmer sa neutralité. Il déclara en janvier 1838 que « Tout ceux qui compromettront la neutralité du Gouvernement […] s’exposeront à être arrêtés et punis […] et qu’ils ne devront attendre aucune assistance ni protection s’ils se trouvent en difficulté avec quelque nation voisine et armée. » (LACOURSIÈRE, POVENCHER, VAUGEOIS, 2001 :249). La population des alentours du Lac Champlain et certains hommes importants de l’État de New-York étaient peut-être favorable à la cause républicaine des canadiens, mais le Président ne pouvait compromettre l’avenir du pays, en déclenchant les hostilités avec l’Angleterre. Celle-ci aurait été couteuse et ils n’avaient tout simplement rien à gagner.

Suite à l’échec Étatsuniens Papineau s’éclipsa vers le sud. Robert Nelson profita de ce moment pour prendre les rennes du mouvement rebelle et le radicaliser. Malgré les réticences du gouvernement Étatsuniens, il réussi à enrôler quelques citoyens républicains et se muni même d’armes et d’un arsenal qu’il prit à Elizabethtown (FILTEAU, 1938 :502). Toutefois, le recrutement fut considérablement moins important que prévu du à la réserve du Président Van Buren. Est-ce à ce moment que Nelson crut bon d’écrire une déclaration d’indépendance comme l’avait fait Mackenzie en août 1837, pour rallier des troupes ? C’était certainement un des objectifs de la déclaration d’indépendance qu’il proclamera au nord de la frontière le 28 février.

Rédaction et diffusion

Nous ne savons pas si Robert Nelson fut le seul à rédiger la déclaration d’indépendance. Même si il est le seul à signer le document, il est possible que les têtes du soulèvement de 1838, C.-O.-H. Coté, Lucien Gagnon et DeLorimier, aient pu y participer ou du moins influencer le signataire.

Le 28 février 1838, Nelson lu la déclaration d’indépendance à Caldwell’s Manor (aujourd’hui Clarenceville) une petite ville près de la frontière Étatsunienne. De là, il proclama la République ainsi que toutes les clauses du document (FILTEAU, 1938 :503). Les sources manquent pour décrire la lecture de la déclaration est-ce que les habitants de Caldwell’s Manor étaient venus pour l’écouter ? Nous n’en savons rien. Nous savons seulement qu’il était accompagné de 300 (Filteau, 1938 : 503) à 600-700 hommes (l’Ami du peuple, 20 février 1839).

Un an plus tard, on diffusa la proclamation dans l’Ami du peuple du 20 février 1839. On peut entre autre y lire : « Le Dr. Nelson qui prend ici les titres pompeux de président de la république en perspective et de commandant en chef d’une armée de brigands […] s’était toujours conduit avec une prudence qui ne permettait pas de croire qu’il prendrait cette détermination » (l’Ami du peuple, 20 février 1839).

Analyse du contenu

Une préface précède la déclaration d’indépendance, ou il fait mention de la corruption au sein de la bureaucratie, de la violation des droits des canadiens et de la dévastation faite par l’armée britannique. Après ce long préambule, le président du gouvernement provisoire donne les dix-huit articles de son programme.

Déclarons solennellement :

1. Que de ce jour et à l‘avenir, le peuple du Bas-Canada est libre de toute allégeance à la Grande-Bretagne, et que le politique entre ce pouvoir et le Bas-Canada, est maintenant rompu.

2. Qu‘une forme républicaine de gouvernement est celle convient le mieux au Bas-Canada, qui est ce jour déclaré être une république.

Les deux premiers articles viennent tour à tour déclarer l’indépendance du Bas-Canada et instaurer une république.

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Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


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L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
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