| | | ANALYSE Le soulèvement bas-canadien et les révolutions d’Amérique du sud espagnoles : Les potentiels totalitaires Depuis le 24 septembre 2006 |   page 2 / 4 |
 | Simon Bolivar (1783-1830) : Libérateur de l'Amerique latine
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face="Arial">Indianos
La société sud-américaine est, dès le départ, une
société de conquête. Il suffit de penser aux dramatiques destructions des
empires aztèques au Mexique et inca dans la cordillère des Andes en l’espace de
quelques années (DEL POZO, 2005, p.1). J’établirai ici un petit parallèle entre
les Amérindiens de l’hémisphère sud et les Canadiens conquis. Cela peut faire
sourciller, mais je m’en tiendrai à comparer leur mise au rancart, au caractère
parallèle de leur existence par rapport à l’effervescence de la société
colonisatrice.
Une fois que les droits de ces nouveaux sujets de
la Couronne espagnole furent reconnus par Charles Quint (XVIIe siècle), la
main-d’œuvre autochtone fut remplacée par une autre main-d’œuvre servile,
originaire d’Afrique cette fois. Émus par le sort qui leur était réservé, les
sentiments des rois d'Espagne n'étaient pas au diapason de ceux des Créoles.
S'ils ne pouvaient pas les exploiter ou les éliminer, il fallait alors les
mettre à l'écart du monde des Blancs. C'est une liberté doublé d'un statut
d'infériorité, qui se manifeste par un tribut (que les Blancs ne payent pas) et
de corvées diverses (dans les mines particulièrement), imposées par le
corregidor (DEL POZO, 2005, p.6-7), qui, à partir de la deuxième moitié du
XVIIIe siècle, se mis à exiger d'eux qu'ils achètent des produits manufacturés
dans la métropole (ce qui est très impopulaire), puisqu'il paye lui-même son
salaire sur les profits (DEMÉLAS, ST-GEOURS, 1987, p.29). Les Amérindiens
disposent cependant de territoires protégés (ce qui semble avoir été relatif, vu
l'empiètement des Criollos), conservent leurs chefs (caciques) et ont le
droit d'élire leur propres juges de paix (alcades) (DEL POZO, 2005, p.7).
Ce système est loin d'être hermétique et le métissage devient tellement
considérable qu'il faut établir clairement le statut légal de ces individus qui,
s'ils ne payent pas le tribut des Indiens, n'ont cependant pas le droit
d'hériter, de porter des armes ou encore d'avoir accès à la fonction publique
(DEL POZO, 2005, p.8). Le système des castes (castas) fut ainsi instauré
et poursuivi sa hiérarchisation sociale, essentiellement basée sur la couleur et
la naissance, mettant l'Indien au-dessus du Mulâtre, ce dernier au-dessus du
Zambos et l'esclave né en Amérique au-dessus de l'esclave venu
d'Afrique…(TARDIEUX, 1990, p.60)
Une société parallèle
Dans la province of Quebec et surtout dans
le Bas-Canada de 1791, deux sociétés évoluent dès lors presque
parallèlement, sans grandes interférences, si ce n'est de l’avènement du
parlementarisme (Acte Constitutionnel, 1791), qui met les professions libérales
en contacts plus fréquents avec l'autorité coloniale, qui ne transigeait
jusqu'alors qu'avec nobles et clercs (LAPORTE, 2006, p.7, cours 2). L’économie
francophone est alors essentiellement locale ; elle s’articule autour de la
production agricole et du commerce à petite échelle. Les Canadiens français ne
forment pas encore à cette époque le prolétariat de l’époque industrielle, du
début XIXe siècle. Ils ne sont donc pas en rapport de dépendance. Ce qui est
également vrai dans l’inverse. Outre les fonctionnaires venus d’Angleterre,
profitants des sinécures offertes aux cadets de la gentry et de
l’aristocratie, une élite commerciale s’active au commerce trans-atlantique en
direction de la mère patrie ou des autres colonies américaines de l’empire
(LAPORTE, 2006, p.2, cours 3). L’objet de leur richesse, le bois (surtout le pin
blanc) (LAPORTE, 2006, p.1, cours 3), ne dépendait pas à cette époque de la
masse française, mais plutôt des immigrants de fraîches date sans terres, de
Canadiens dépossédés ou bafoués par le sort.
Cohérence du peuple bas-canadien autour des
villages
Au Bas-Canada, la conquête anglaise, plutôt que
d’alourdir davantage les corvées et la pression venant du haut, eu plutôt
tendance à entraîner un renforcement de la cohésion vers le bas. Il faut noter
en premier lieu l’effritement de l’influence des seigneurs, dû à la marginalité
économique de la tenure seigneuriale d’avec l’économie coloniale, où les grands
marchands deviennent les membres les plus influents de la colonie et surtout à
cause du développement des villages. Le peuplement de l’ancienne
Nouvelle-France, étendu le long du Saint Laurent comme une rue interminable, se
concentrait de plus en plus autour des villages, laissant le seigneur et son
domaine de plus en plus à l’écart de ses paysans, qui se tournent dès lors vers
la classe des « professionnels », avocats, notaires, et médecins, qui, en
incluant les petits marchands ambulants forment la petite bourgeoisie
canadienne-française. Malgré l'appellation, il se trouve dans leurs rangs
quelques anglophones. Ils résident d’ordinaire dans le village. Leurs services
sont sollicités par la population, on les retrouves le dimanche à l’auberge,
lisant à voix haute ce que racontent les journaux. De plus, ils forment
l’essentiel des députés au Parlement de Montréal (LAPORTE, cours 2, p.5-6-7).
Les groupes sociaux
L’arrivée des Bourbons sur le trône d’Espagne en
1714 marque pour l’Amérique du sud une nouvelle ère, parfois perçue comme une «
deuxième conquête » (DEL POZO, 2005, p.5). Le changement s'accompagne d'abord
d’un resserrement administratif visant à augmenter les revenus pour l’État
espagnol, ce qui n’a pas plus aux Créoles, habitués à un système plus
bancale et permissif, dont l' « efficacité » pourrait se résumer par ce proverbe
: « se obedece, perro no se cumple ». Pour réussir cette réforme fiscale,
l'Espagne prévoyait deux moyens: permettre aux Américains de s'enrichir par le
libre commerce, afin qu'ils soient disposés à acheter les produits de la
métropole; deuxièmement, resserrer la perception des impôts en rétribuant la
plupart des hautes charges à des métropolitains, interdit de s'établir en
Amérique, évitant ainsi les tentations de favoritisme à l'égard des riches
Créoles (DEMELAS, ST-GEOURS, 1987, p.26,45). Ils avaient réussis durant la
première moitié du XVIIIe siècle à accéder
aux... | page 2 / 4 Consulté 6 374 fois depuis le MOD
| Denis Beaudin (18 octobre 2006) très bel article,très étoffé,regeorgant d`informations très intéressantes et faisant bien comprendre la situation du moment
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Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
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CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
|
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
|
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
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