Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
Le soulèvement bas-canadien et les révolutions d’Amérique du sud espagnoles : Les potentiels totalitaires
Depuis le 24 septembre 2006

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Simon Bolivar (1783-1830) : Libérateur de l'Amerique latine

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La société sud-américaine est, dès le départ, une société de conquête. Il suffit de penser aux dramatiques destructions des empires aztèques au Mexique et inca dans la cordillère des Andes en l’espace de quelques années (DEL POZO, 2005, p.1). J’établirai ici un petit parallèle entre les Amérindiens de l’hémisphère sud et les Canadiens conquis. Cela peut faire sourciller, mais je m’en tiendrai à comparer leur mise au rancart, au caractère parallèle de leur existence par rapport à l’effervescence de la société colonisatrice.

Une fois que les droits de ces nouveaux sujets de la Couronne espagnole furent reconnus par Charles Quint (XVIIe siècle), la main-d’œuvre autochtone fut remplacée par une autre main-d’œuvre servile, originaire d’Afrique cette fois. Émus par le sort qui leur était réservé, les sentiments des rois d'Espagne n'étaient pas au diapason de ceux des Créoles. S'ils ne pouvaient pas les exploiter ou les éliminer, il fallait alors les mettre à l'écart du monde des Blancs. C'est une liberté doublé d'un statut d'infériorité, qui se manifeste par un tribut (que les Blancs ne payent pas) et de corvées diverses (dans les mines particulièrement), imposées par le corregidor (DEL POZO, 2005, p.6-7), qui, à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, se mis à exiger d'eux qu'ils achètent des produits manufacturés dans la métropole (ce qui est très impopulaire), puisqu'il paye lui-même son salaire sur les profits (DEMÉLAS, ST-GEOURS, 1987, p.29). Les Amérindiens disposent cependant de territoires protégés (ce qui semble avoir été relatif, vu l'empiètement des Criollos), conservent leurs chefs (caciques) et ont le droit d'élire leur propres juges de paix (alcades) (DEL POZO, 2005, p.7). Ce système est loin d'être hermétique et le métissage devient tellement considérable qu'il faut établir clairement le statut légal de ces individus qui, s'ils ne payent pas le tribut des Indiens, n'ont cependant pas le droit d'hériter, de porter des armes ou encore d'avoir accès à la fonction publique (DEL POZO, 2005, p.8). Le système des castes (castas) fut ainsi instauré et poursuivi sa hiérarchisation sociale, essentiellement basée sur la couleur et la naissance, mettant l'Indien au-dessus du Mulâtre, ce dernier au-dessus du Zambos et l'esclave né en Amérique au-dessus de l'esclave venu d'Afrique…(TARDIEUX, 1990, p.60)

Une société parallèle

Dans la province of Quebec et surtout dans le Bas-Canada de 1791, deux sociétés évoluent dès lors presque parallèlement, sans grandes interférences, si ce n'est de l’avènement du parlementarisme (Acte Constitutionnel, 1791), qui met les professions libérales en contacts plus fréquents avec l'autorité coloniale, qui ne transigeait jusqu'alors qu'avec nobles et clercs (LAPORTE, 2006, p.7, cours 2). L’économie francophone est alors essentiellement locale ; elle s’articule autour de la production agricole et du commerce à petite échelle. Les Canadiens français ne forment pas encore à cette époque le prolétariat de l’époque industrielle, du début XIXe siècle. Ils ne sont donc pas en rapport de dépendance. Ce qui est également vrai dans l’inverse. Outre les fonctionnaires venus d’Angleterre, profitants des sinécures offertes aux cadets de la gentry et de l’aristocratie, une élite commerciale s’active au commerce trans-atlantique en direction de la mère patrie ou des autres colonies américaines de l’empire (LAPORTE, 2006, p.2, cours 3). L’objet de leur richesse, le bois (surtout le pin blanc) (LAPORTE, 2006, p.1, cours 3), ne dépendait pas à cette époque de la masse française, mais plutôt des immigrants de fraîches date sans terres, de Canadiens dépossédés ou bafoués par le sort.

Cohérence du peuple bas-canadien autour des villages

Au Bas-Canada, la conquête anglaise, plutôt que d’alourdir davantage les corvées et la pression venant du haut, eu plutôt tendance à entraîner un renforcement de la cohésion vers le bas. Il faut noter en premier lieu l’effritement de l’influence des seigneurs, dû à la marginalité économique de la tenure seigneuriale d’avec l’économie coloniale, où les grands marchands deviennent les membres les plus influents de la colonie et surtout à cause du développement des villages. Le peuplement de l’ancienne Nouvelle-France, étendu le long du Saint Laurent comme une rue interminable, se concentrait de plus en plus autour des villages, laissant le seigneur et son domaine de plus en plus à l’écart de ses paysans, qui se tournent dès lors vers la classe des « professionnels », avocats, notaires, et médecins, qui, en incluant les petits marchands ambulants forment la petite bourgeoisie canadienne-française. Malgré l'appellation, il se trouve dans leurs rangs quelques anglophones. Ils résident d’ordinaire dans le village. Leurs services sont sollicités par la population, on les retrouves le dimanche à l’auberge, lisant à voix haute ce que racontent les journaux. De plus, ils forment l’essentiel des députés au Parlement de Montréal (LAPORTE, cours 2, p.5-6-7).

Les groupes sociaux

L’arrivée des Bourbons sur le trône d’Espagne en 1714 marque pour l’Amérique du sud une nouvelle ère, parfois perçue comme une « deuxième conquête » (DEL POZO, 2005, p.5). Le changement s'accompagne d'abord d’un resserrement administratif visant à augmenter les revenus pour l’État espagnol, ce qui n’a pas plus aux Créoles, habitués à un système plus bancale et permissif, dont l' « efficacité » pourrait se résumer par ce proverbe : « se obedece, perro no se cumple ». Pour réussir cette réforme fiscale, l'Espagne prévoyait deux moyens: permettre aux Américains de s'enrichir par le libre commerce, afin qu'ils soient disposés à acheter les produits de la métropole; deuxièmement, resserrer la perception des impôts en rétribuant la plupart des hautes charges à des métropolitains, interdit de s'établir en Amérique, évitant ainsi les tentations de favoritisme à l'égard des riches Créoles (DEMELAS, ST-GEOURS, 1987, p.26,45). Ils avaient réussis durant la première moitié du XVIIIe siècle à accéder aux... 

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 Denis Beaudin  (18 octobre 2006)
très bel article,très étoffé,regeorgant d`informations très intéressantes et faisant bien comprendre la situation du moment

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
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