Les Patriotes de 1837\@1838
 
 ANALYSE 
371023_23 et 24 octobre 1837 - L'Assemblée des Six-Comtés à Saint-Charles
Depuis le 10 mars 2000

L'assemblée qui se déroule à Saint-Charles le 23 octobre 1837 est sans conteste la plus célèbre tenue par les Patriotes. Les Six-Comtés dont il est question sont ceux de Richelieu, de Saint-Hyacinthe, de Rouville, de Chambly, de Verchères et de l'Acadie. Près de cinq milles personnes y assistent, parmi lesquelles on remarque treize membres de la Chambre d'assemblée. Le docteur Wolfred Nelson, de Saint-Denis est choisi président, MM. J-T Drolet et Duvert comme vice-président, MM. Girod et Boucher-Belleville, comme secrétaire et Papineau comme tribun populaire. (CHAPAIS, 1972: 168) Le monde affluent de partout pour venir voir ces grands hommes prononcer leurs discours. Des gens de toutes les classes sociales arrivent déjà la veille de l'assemblée, des habitants, des ouvriers, des aubergistes, des manœuvres, notaires, médecins, députés et autres. L'assemblée se déroule près de la demeure du " renégat " Debartzch où l'on fit construire un " husting " sur lequel monta Papineau et ses acolytes. On peut lire des banderoles tendues entre des branches d'arbres où il est marqué " Vive Papineau et le système électif ", " Honneur aux braves Canadiens de 1813! Le pays attend encore leur secours ", " Indépendance ", " Les Canadiens savent mourir, mais non se rendre ", " Gosford, quand partira-t-il ce voleur de la bourse publique? ", etc. (FILTEAU, 1980: 275). Cette assemblée a un immense retentissement dans tout le pays et fouette les Patriotes radicaux. C'est aussi cette assemblée qui incitera l'Église à intervenir et ainsi provoquer l'explosion anticléricale que l'on connaît, en plus de donner l'opportunité au gouvernement d'émettre des mandats d'arrestation trois semaines plus tard. (FILTEAU, 1980: 279).

L'assemblée se déroule dans l'ordre suivant : le docteur Nelson ouvre l'assemblée en exposant le but et fait un discours d'une telle violence, dénonçant les Résolutions Russell et proclamant qu'on ne peut que répondre à la proclamation du 15 juin (celle qui interdit dès lors les assemblées) que par la violence. Il demande ensuite à Papineau de venir tenir son discours à son tour. Celui-ci s'exécute mais avec beaucoup plus de modération, devant une foule qui l'adule et qui est en délire après le discours de Nelson, Papineau leur dit que selon lui le meilleur moyen de faire mal à l'Angleterre, c'est de ne rien acheter d'elle, mais il est contre le recours aux armes. Ce discours déçut plusieurs personnes, mais leur déception fut de courte durée car Nelson revient à la charge en affirmant de nouveau qu'il faut battre le feu par le feu et le docteur Côté fit de même en disant : " Le temps des discours est passé, c'est du plomb qu'il faut envoyer maintenant à nos ennemis. " (FILTEAU, 1980: 277) Ces belles paroles ne sont que de l'intimidation face aux autorités, car aucun des deux, ni Nelson ni Côté, n'est près à diriger une troupe contre les Loyaux. Après les discours de Brown et de Girod, on élabore les treize résolutions préparées par les délégués des divers comtés. Chaque lecture est accompagnée par des acclamations de la foule et par des tirs de mousquets des miliciens.(FILTEAU, 1980: 277)

La première des résolutions consiste à proclamer les Droits de l'Homme pour changer un gouvernement qui est antagonique à ce qu'il doit être, soit protéger et sécurisé le peuple. Dans la deuxième résolution on déclare que l'Angleterre ne doit pas se baser sur la force, mais bien sur la bonne volonté pour maintenir son autorité. On adopte aussi des recommandations du comité du comté des Deux-Montagnes, relativement aux exercices militaires, à la juridiction et au mode de procéder des " pacificateurs et amiables compositeurs. " On juge que les réformistes des Six Comtés doivent obéir aux fonctionnaires et officiers choisis par eux (le comité des Six-Comtés.) On refuse de reconnaître le nouveau Conseil exécutif, l'introduction de nombreux corps de troupes dans la province en temps de paix, on déclare qu'on ne mettra pas d'entrave aux soldats qui veulent déserter vers les États-Unis et on approuve l'organisation des Fils de la Liberté. Ces deux dernières résolutions sont en sorte une erreur, car elles permettent au gouvernement à procéder à des arrestations. (FILTEAU, 1980: 278) Quand on regarde ces résolutions attentivement, on peut constater qu'à aucun endroit il n'y est fait mention d'un appel aux armes et cela malgré les discours enflammés de Nelson, Brown, Girod et Côté.

L'assemblée ce déroula sur deux journées. La première, ont écoute les discours des grandes personnalités et on passe au vote sur les 13 résolutions. La deuxième journée sert à monter un comité qui rédigera une adresse au peuple du Bas-Canada, de la par de leur concitoyens des six comtés représentés.

Après cette assemblée, Mgr Lartigue veut calmer les esprits des Canadiens-Français en leur adressant un mandement dans lequel il les prie de ne pas recourir aux armes et de ne pas se rebeller contre le gouvernement (CHAPAIS, 1972: 171-172). Ce mandement est très mal accueilli et envenime le conflit larvé entre l'Église et l'Assemblée.

Christian Desjardins

BERNARD, Jean-Paul ; Assemblées publiques, résolutions et déclarations de 1837-1838; Édition VLB Éditeur, 1988

CHAPAIS, Thomas ; Cours d'histoire du Canada, Tome 4 (1833-1841); Édition Boréal, 1972

FILTEAU, Gérard ; Histoire des Patriotes; Édition L'Aurore/Univers, 1980.... 

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Commentaire
 Gagné  (13 avril 2013)
C‘est un article très pertinent par rapport à l‘Assemblée des Six-Comtés. Je voulais cependant souligner qu‘il y a une faute d‘orthographe au début du quatrième paragraphe. Il y est écrit; «L‘assemblée CE déroula sur deux journées.» Néanmoins, cela devrait être; L‘assemblée SE déroula sur deux journées. Merci !
 Danielle Drolet  (19 mai 2011)
Si je regarde mon honneur et celui que mon Père a montré en premiere ligne des champs de batailles 39-45 pour la liberté) et que je remonte l‘hiistoire de ma famille vers les patriote ,nul doute que la liberté et l‘indépendance coule toujours dans nos veines.
 Anie  (15 novembre 2009)
Vos sources sont excellentes. Votre article est très bien construit et vos informations sont pertinentes. Il faudrait par contre signé votre article.

 

Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


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L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
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