| | | BIOGRAPHIE Papineau en exil à Paris. Dictionnaire: Koch, Mme – Jane Griffith (1772-1848) Depuis le 5 janvier 2026 |  page 1 / 2 |
 | Tiré de Georges Aubin, Papineau en exil à Paris Tome 1 Dictionnaire, Éditions Trois-Pistoles, 2007. |
Jane Griffith est née à Winchester (Grande-Bretagne), en janvier 1772 ; elle épouse en premières noces Jacob Gerard Koch (Philadelphie, 1er août 1801), marchand originaire d’Amsterdam (Hollande); et, en secondes noces, Edwin Henry Theobald, un militaire anglais (Paris, 25 juin 1845). Le nom de Mme Koch apparaît 142 fois dans le journal de Lactance Papineau. Cette dame est une des meilleures amies de la famille Papineau à Paris. Jane Griffith quitta l’Angleterre pour Philadelphie où elle s’établit comme servante auprès du marchand Koch. La présence en Amérique de J.G. Koch remonte au moins à 1786, alors qu’on lui octroie à Philadelphie un diplôme de francmaçon écrit en latin, en français et en anglais. Entre 1796 et 1816, Koch s’enrichit par le commerce d’importation de tissus venus de Hollande et d’Allemagne. Pendant la guerre de 1812, il souscrivit 5 000 $ pour la construction d’une frégate devant servir à assurer la défense des Américains. Le mariage du marchand Koch avec Jane Griffith survient dans des circonstances un peu loufoques. Il avait engagé Jane comme servante, et, quand se déclara une épidémie de fièvre jaune en 1798, elle promit de prendre bien soin de lui et, s’il recouvrait la santé, il devrait l’épouser en échange. Le mariage survient en 1801. En 1819, le couple laisse Philadelphie pour Paris, où il habite quelque temps rue du Paradis. Le 12 janvier 1820, à Paris, le marchand Koch se porte acquéreur par adjudication, du 40 rue de Provence, au prix de 135 000 fr. Koch y continue son commerce pendant dix ans. À la mort de son mari, survenue à l’âge de 70 ans le 2 juillet 1830, Mme Koch hérite de biens évalués à près d’un million de francs, plus exactement 917 475 fr. C’est, à l’époque, une fortune colossale. L’hôtel de Mme Koch, au 40 rue de Provence, dans le quartier de la Chaussée d’Antin, est sis entre cour et jardin. Il compte un rezdechaussée, deux étages et un grenier. On y arrive par une allée ouvrant par une porte cochère sur la rue de Provence. En avant de l’hôtel, apparaît un petit jardin donnant sur la rue, séparé par une grille en fer élevée sur un mur à hauteur d’appui. Dans un coin de ce jardin, du côté de l’allée, se trouve la loge du concierge. Derrière l’hôtel se trouvent une grande cour et un puits commun, qui alimente les bâtiments de la chapelle évangélique appartenant à MM. Wilks et Lutteroth. Au fond de la propriété, s’élève un bâtiment servant d’écurie, remise et dépendances. La propriété a, dans son ensemble, la forme d’un carré long. Au décès de J.G. Koch, la veuve hérite donc d’une grande fortune. Elle possède plusieurs chevaux et des voitures appelées « briska», une sorte de voiture légère et découverte, en osier, servant aux voyages et transformable en traîneau pendant l’hiver. Mme Koch, veuve de 70 ans, tiendra donc pendant une quinzaine d’années une sorte de salon huppé en son hôtel de la rue de Provence ; Hector Berlioz habite au 41 rue de Provence de 1844 à avril 1848, maison qui n’existe plus aujourd’hui; Franz Liszt habite au 61 rue de Provence avec sa mère, en 1832-1834. C’est par Mme Koch que Papineau connaît la jeune Mme Dowling, Mme Mills, les Burnley, George William Erving, M. et Mme Fauche et plusieurs autres. La riche veuve donne volontiers des cadeaux aux enfants Papineau: des montres à Lactance et à Gustave ; l’année suivante, aux deux filles Azélie et Ézilda. Elle organise des bals en son hôtel et accueille de nombreux invités. Elle emmène Julie faire un tour de voiture et lui achète un beau chapeau de soie blanche, une robe à Marguerite, la servante des Papineau. Julie, souffrante, parce qu’elle vient de se faire poser des dents chez le dentiste Lefoulon, est soignée par Mme Koch et sa sœur Marguerite Griffith. La riche veuve accompagne les Papineau au théâtre et à l’opéra. L’Opéra français est alors situé rue Le Peletier. Depuis l’assassinat du duc de Berry, l’opéra de la rue Richelieu était fermé; et l’opéra de la rue Le Peletier avait été emménagé sur l’emplacement de l’hôtel Choiseul depuis le 19 août 1821. Mme Koch y emmène Papineau et Julie voir La Favorite de Donizetti en 1841. Puis, c’est l’escapade vers la campagne au nord de Paris, chez les Lanneau, à Aigremont et à Saint-Germainen-Laye, pour la fête des loges ou pour un riche dîner à l’hôtel du Princede-Galles, où s’affaire le restaurateur Lanneau. Deux jours après Pâques de l’année 1842, elle donne un grand bal au 40, rue de Provence, et elle apparaît à ses invités avec une rivière de diamants, signe d’une somptueuse richesse. Lactance précise que la société est « très mélangée ». Visite avec elle des châteaux de Saint-Cloud, de Saint-Germain et de Neuilly. Mme Koch ira voir l’opéra Guillaume Tell avec Lactance : dans une loge de l’amphithéâtre à 5 fr. Brusquement, en septembre 1844, à la suite de colères exprimées en termes de « harengère » entre Mme Lanneau et Mme Koch, le tempérament de cette dernière change. Ce sera la rupture d’amitié entre elle et Papineau à la suite d’un malentendu au sujet de la jeune Irlandaise Mme Dowling. Celleci aurait parlé de divorce, mais Papineau lui aurait répondu qu’une telle démarche nécessitait de l’argent, trop d’argent pour ses moyens. Mme Koch aurait prétendu qu’on aurait voulu lui faire payer ce divorce. D’où le malentendu et le drame. À son retour d’Italie, Papineau apprend que la veuve Koch s’est remariée et c’est alors qu’il écrit à Julie, comme pour se venger d’elle, qu’elle vient de se choisir un jeune militaire anglais, Edwin Henry Theobald, d’une trentaine d’années, sans le sou, qui aurait consenti, pour éponger de vieilles dettes contractées envers d’anciennes filles de Paris, à « embrasser un cadavre ». Le cadavre étant la personne de Mme Koch, âgée de 75 ans. Le 21 janvier 1846, après une lune de miel en Angleterre et en Écosse avec son damoiseau – Papineau précise que la mariée dut alors connaître l’enfer de son vivant – Mme Koch rédige un testament olographe. Mais la vie continue et, le 1er avril 1846, le Galignani Messenger , journal de langue anglaise publié à Paris, aurait publié une petite annonce sarcastique à l’égard du récent mariage de Mme Kock, disant qu’elle aurait accouché de jumeaux, rue de Provence, et qu’on lui aurait envoyé une armée de 50 sagesfemmes pour s’en occuper… Le 23 novembre 1848 survient le décès de Mme Theobald, au 40 de la rue de Provence, âgée, dit le registre, de 76 ans, née à Winchester (Angleterre). Et le 5 décembre 1848, Me Ferdinand-Léon... | page 1 / 2 Consulté 511 fois depuis le MOD
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Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
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CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
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Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
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