Les Patriotes de 1837\@1838
 
 BIOGRAPHIE 
Papineau en exil à Paris. Dictionnaire: Lamennais, Félicité-Robert de (1782-1854)
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Tiré de Georges Aubin, Papineau en exil à Paris Tome 1 Dictionnaire, Éditions Trois-Pistoles, 2007.

Né rue Saint-Vincent, no 5, à Saint-Malo (Illeet-Vilaine), le 19 juin 1782, fils de Pierre-Louis Robert, armateur, et de Gratienne Lorin de La Brousse ; décédé à Paris le 27 février 1854. Son père, simple armateur, anobli par Louis XVI, avait ajouté « La Mennais » à son nom de famille, d’après la désignation d’une de ses terres.

Ce prêtre deux fois condamné par Rome et qui attendait d’être envoyé en

prison par la justice française, aurait servi à esquisser le portrait de l’abbé Bonnet dans Le Curé de village de Balzac.

C’est Philippe-Eugène Guillemot et, plus tard, Benoît-Champy qui mettent Papineau en contact avec Lamennais.

En 1823, Lamennais avait inséré dans le Drapeau blanc , journal d’extrêmedroite, une lettre à Mgr Frayssinous, ministre de l’Instruction publique, où il attaquait férocement l’Université. Ne voulant pas incarcérer Lamennais, le gouvernement se résolut à citer l’éditeur du journal devant le tribunal correctionnel, qui le condamna à 15 jours de prison et à 150 fr. d’amende.

Lamennais fonda ensuite le journal L’Avenir pour promouvoir la liberté de conscience et de religion. Mais Rome l’avait durement morigéné. Le pape Grégoire XVI condamnera ce journal par l’encyclique Mirari vos (15 août 1832) et ses Paroles d’un croyant par l’encyclique Singulari nos (15 juillet 1834). Pourtant le livre avait connu une diffusion mondiale et était devenu la lecture commune des prêtres et des laïques de France et du Québec. Ludger Duvernay, à Montréal, en sort une copie de ses presses ; Bruxelles fait de même. En très peu de temps, 100 000 exemplaires s’envolent et le livre est traduit dans les principales langues d’Europe. Le 7 août 1834, Lamennais écrit à Montalembert :

« J’ai reçu des lettres extrêmement intéressantes du Canada. Ils passent là par toutes les mêmes phases que nous avons parcourues. Ce sont des paroles de sympathie et de bénédiction qui contrastent étrangement

avec les paroles qui partent d’ailleurs. » De ce livre, qui résonne comme les paroles d’un prophète, où l’auteur attaque le despotisme des rois et parle de la liberté des peuples en s’identifiant à ses souffrances et à ses misères, la comtesse d’Agoult aura ce bon mot: « Ce sont les paroles d’un croyant telles que l’abbé les aurait écrites s’ il était véritablement croyant » ; et Lamartine, qui exagère à peine, ajoutera que le livre est

« l’évangile de l’Insurrection». La cause du peuple, née de la Révolution, trouve un nouveau chantre dans Lamennais qui prêche la nécessité de s’unir pour combattre les tyrans ; ce pauvre peuple, devenu esclave, est broyé par les lois de ceux qui le gouvernent. L’auteur va plus loin que le premier degré : les Paroles d’un croyant veulent affranchir non seulement l’homme, mais sa pensée, sa parole et sa conscience. Un tel écrit ne peut durer longtemps sans que la masse des puissants ne s’abatte sur lui : la condamnation par Rome annonce la rupture de Lamennais avec la hiérarchie.

C’est à cet homme libre, défenseur de l’opprimé, que pense Papineau en arrivant à Paris. Il écrit à son ami O’Callaghan, le 15 mars 1839 :

« J’aurai aussi la plume de M. de Lamennais pour prouver que les plus vertueux des hommes sont les bons catholiques qui, comme les Belges, Polonais, Prussiens, Canadiens, résistent quand l’on viole contre eux la foi jurée. » Cet écrit de Lamennais se fit attendre. Le rêve de Papineau de voir Lamennais prendre la défense des Bas-Canadiens persécutés a sans doute été insufflé par l’ami Guillemot, trop enthousiaste.

À peine Papineau est-il arrivé à Paris qu’il reçoit, le 14 mai 1839, ce billet d’Elvina-Jeanne Guillemot: « Voulezvous nous faire le plaisir de venir dîner chez nous aujourd’hui? M. Lamennais vous tiendra compagnie. »

Lamennais publie Le Pays et le Gouvernement , livret d’à peine une centaine de pages qui malmène le gouvernement monarchique de Louis-Philippe, tant dans sa politique intérieure qu’extérieure. Cet écrit conduit son auteur à Sainte-Pélagie, prison de Paris, rue de la Clé, à payer une amende de 2000 fr. et à défrayer les frais du procès. Les exemplaires saisis sont détruits.

Emprisonné dans sa cellule, au dernier étage, il reçoit quelques visiteurs choisis qui montrent un laissezpasser signé de sa main. On doit

gravir 105 marches pour le rejoindre. Chateaubriand a monté chaque mois cet escalier pour le visiter et le réconforter. « Comme lui, écrit Diesbach, un des biographes de Chateaubriand, Lamennais a dû vendre sa bibliothèque et, autre point commun, tous deux ont en commune horreur les saintsimoniens, fouriéristes et autres rêveurs. Ils ont tous deux aussi le même sens de l’avenir et du prophétisme, politique chez l’un, religieux chez l’autre. Appartenant à cette race inquiète et tourmentée des convertis qui, après s’être donnés à Dieu, veulent convertir Dieu à leurs idées, Lamennais […] est un peu la caricature de Chateaubriand. »

Lamennais fait luimême la description de sa cellule de prison :

« J’ai une chambre assez vaste, puisque je peux faire neuf pas par la diagonale. Elle est éclairée par des impostes de 10 pouces de hauteur, qui lui donnent, à cause de leur élévation et des barreaux de fer qui les ferment en dehors, une très agréable apparence de cave. Ils laissent cependant passer quelques rayons de soleil en cette saison où il est bas. J’ai deux expositions : l’une à l’est, l’autre au sud, et, comme je suis juché sous le toit, en grimpant sur une chaise, je découvre un horizon fort étendu. Debout sur le carrelage, je touche le plafond, non pas avec la main, mais avec le poignet. Un petit poêle que j’ai fait poser me donne assez de chaleur. Il y a une cour étroite où je pourrais aller avec les autres à certaines heures, mais je n’y vais point, et je n’y irai jamais. J’aime mieux rester dans mon donjon, et pour plus d’une cause. On accorde assez facilement la permission de venir m’y voir. Mon neveu, qui est pour moi du plus touchant et du plus aimable dévouement, y vient tous les jours. »

Papineau fait partie des privilégiés qui possèdent un laissezpasser.

Il se rend souvent le voir et ils jouent ensemble aux échecs.

La baronne Cottu alla aussi le voir plusieurs fois, une des rares femmes à parvenir jusqu’à lui ; peutêtre aussi George Sand ou la comtesse Marie d’Agoult, habillées en hommes. Cette dernière... 

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Abréviations



(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture

AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950)

ANC Archives nationales du Canada

ANQH Archives nationales du Québec à Hull

ANQM Archives nationales du Québec à Montréal

ANQQ Archives nationales du Québec à Québec

AO Archives d'Ontario

AQHP Association québécoise d'histoire politique

ASN Archives du Séminaire de Nicolet

ASQ Archives du Séminaire de Québec

ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe

ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières

BAC Bibliothèque et Archives du Canada

BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec

BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v

BHP Bulletin d'histoire politique

BMS Baptêmes, mariages, sépultures

BRH Bulletin des recherches historiques.

CAN Le Canadien (Québec)

CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal

CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922]

CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)



CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995

CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx

DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902

DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP

DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910

DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996

DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900

DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993

ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894

GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930]

ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

MD Lovell's Montreal Directory



ICMH Institut canadien de microreproductions historiques

JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada

JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998

JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6

L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal)

LIB Le Libéral (Québec)

MC Morning Courrier (Montréal)

MD Lovell's Montreal Directory

MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978]

MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal

MGZ Montreal Gazette

MIN La Minerve (Montréal)

MS Mississiquoi Standard (Frelighburg)

MTL HERALD Montreal Herald

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989

RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française

SHM Société historique de Montréal 

MQD Mackay's Quebec Directory

OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed,  20 v, Clarendon Press, 1989

QG Quebec Gazette

QM Quebec Mercury

RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa)

SJ Stanstead Journal (Stanstead)

VIND The Canadian Vindicator (Montréal)


Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ

L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)

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