 | Tiré de Georges Aubin, Papineau en exil à Paris Tome 1 Dictionnaire, Éditions Trois-Pistoles, 2007. |
Né à Montréal le 15 septembre 1799, fils de Pierre Fabre et de Marie-Anne Lamontagne. Il est décédé au même endroit le 16 juillet 1854. Le 11 février 1843, il s’embarque à New York pour Le Havre, à bord du voilier La Duchesse d’Orléans, pour acheter des livres et divers objets de son commerce. Il est en compagnie de son fils Édouard-Charles, du jeune Louis-H. Toupin et de Charles Roy. Le patriote J.-J. Girouard, qui avait eu vent du départ de Fabre pour la France, lui recommande de lui acheter les dernières œuvres de Lamennais, « prophète de la nouvelle alliance » ; Girouard avait appris que Papineau avait rencontré le prêtre écrivain, persécuté « pour la grande cause de l’humanité» et qu’il avait pleuré avec lui. La présence de Fabre est signalée à Paris le 10 mars 1843. Le lendemain, Lactance se rend chez Bossange, rue de Varennes, pour le rencontrer ; Fabre était justement parti pour rendre visite à Papineau. Chez Hector Bossange, Fabre occupe la chambre de son beaufrère, où trônent deux portraits de Maurin: ceux de Bossange et de Papineau. Bientôt s’ajoutera, du même artiste, la figure de Fabre. Fabre a apporté quantité de lettres et de journaux à la famille Papineau. Aussitôt arrivé, Fabre assiste à la cérémonie de la légalisation du mariage (civil) de Bossange à la mairie du 10e arrondissement, en présence du maire revêtu d’un ceinturon tricolore, qui lit actes et procèsverbaux, et déclare mariés « au nom de la loi, Jean-Hector Bossange et Julie Fabre ». En avril, Fabre se rend à Tours avec son fils. Revenu à Paris, il rencontre Mme Koch, riche Américaine, jadis de Philadelphie, amie des Papineau. Et la tournée des visites commence en mai. Voyage à Vincennes, Saint-Denis et Fontainebleau. Promenades dans le parc Monceau, qui appartient au roi Louis-Philippe, où on ne peut entrer si on n’est pas muni d’un billet. Il va aux Vêpres, à l’église de Saint-Philippedu-Roule. Sermon, salut chanté par Mgr l’archevêque, un homme de la taille et ressemblant assez à M. Demers, curé de Saint-Denis. Fabre remarque dans l’assistance la reine Christine d’Espagne, extrêmement grasse, qui demeure rue Courcelles, à deux pas des Papineau. Voulant rencontrer Julie, il se rend de nouveau à l’église de Saint-Philippe du Roule ; Mme Papineau était allée au Mois de Marie. On prêchait. Fabre voit un gros et grand prêtre criant beaucoup et ne pouvant être compris. En mai 1843, Fabre visite en compagnie de son fils et de Papineau le Palais des Beaux-Arts, rue des Petits-Augustins. Il note que c’est là où l’on dépose les premiers essais des peintres qui obtiennent la médaille et aussi la permission d’aller passer cinq années en Italie aux frais du gouvernement. Ils se rendent ensuite voir la statue d’Henri IV sur le Pont-Neuf, celle du général Desaix, sur la place Dauphine ; puis au palais de justice et à l’église Notre-Dame, l’Hôtel de Ville, l’église Saint-Gervais. Fabre et son fils reconduisent Papineau jusqu’à la place Louis XV en lui donnant rendezvous le lendemain à 10 heures, au bureau, pour continuer les visites. Ils visitent alors le Louvre, dont la galerie espagnole, les boutiques du Palais-Royal, la Bibliothèque royale, rue Richelieu, la Bourse, le bazar, boulevard des Italiens, où il achète une statue de l’empereur Napoléon, payée 1,25 fr. Ils reviennent de leurs visites en prenant une voiture au coin de la rue Laffitte, et vont dîner chez Papineau. Le dîner est maigre, car c’est le jour des Rogations. Le jour suivant, l’aventure continue. Papineau et son jeune fils Gustave se rendent chez Bossange, rue de Varennes, et partent avec Fabre. Ils prennent un fiacre, rue de Sèvres, pour le Jardin des Plantes, mais visitent d’abord le dépôt de vin. Dans ces voûtes, note Fabre, il y a les vins et les eauxdevie pour la consommation de Paris. Au Jardin des Plantes, ils voient tous les animaux vivants, ensuite le jardin des plantes proprement dit et le Musée d’histoire naturelle. Fabre considère qu’après Versailles, c’est ce qu’il a vu de plus beau, propre et bien tenu. Ensuite, c’est la manufacture des Gobelins, où ils admirent des tableaux superbes, faits à l’aiguille, et des tapis. Puis une visite à l’église de Saint-Médard, très ancienne, à l’église du Val de Grâce, rue Saint-Jacques, bâtie par Louis XIII et Anne d’Autriche, sa femme, église dévastée par la Révolution en 1789, mais en réparation. Un ami de Fabre, Édouard Lelégard, lui envoie quatre billets pour la Chambre des pairs. Le duc Decazes lui a procuré ces laissezpasser par l’intermédiaire de Monsieur Laurent, patron de Lelégard. Decazes a manifesté le désir de rencontrer Papineau. Cette rencontre est rapportée dans le Journal de Fabre. Quelques jours plus tard, il se rend à la fête de Saint-Germainen-Laye qui se termine. On est le 30 mai 1843. Le voyage à Saint-Germain se fait par le tout nouveau chemin de fer. L’ancien château est maintenant occupé comme prison pénitentiaire par les militaires. Ils visitent l’église où reposent dans la sacristie les cendres de Jacques II, roi d’Angleterre, converti au catholicisme et contraint de fuir l’Angleterre par son gendre Guillaume d’Orange. Les visiteurs se régalent de pain et de fromage, dans le jardin du Café d’Henri IV. Ils reprennent ensuite le chemin de fer pour Paris. Fabre se rend avec Papineau chez Deloy [Denoix], rue de la Paix, 6, agent du Great Western , pour négocier les passages de Julie et des enfants Papineau qui s’apprêtent à retourner au Canada. Le lendemain, en compagnie de Bossange, il se rend avec Papineau boulevard Poissonnière chez l’agent des steamers. Une dernière visite avant de partir : à Versailles, en compagnie des Papineau, des abbés Kelly et Raymond. On commence par le jardin immense et superbe ; des orangers de plus de 400 ans ; salle de danse de Louis XIV, le jardin de Louis XVIII, le rocher artificiel, le petit et le grand Trianon. Déjeuner à l’hôtel de France chez M. Juneau. Visite des galeries dans l’aprèsmidi : la plus grande partie des tableaux, statues. La chapelle, jugée d’une grande beauté, la salle d’opéra ; les appartements meublés de Louis XV, la chambre où il est mort, son salon, sa bibliothèque, son confessionnal; le lit où mourut Louis XIV, la salle à dîner, la porte dérobée par où la reine Marie-Antoinette se sauva alors qu’elle était poursuivie par le peuple. En sortant, ils se rendent à la cathédrale. Toute cette tournée se fait en compagnie du vieux Martin Bossange, presque octogénaire. Sur... |
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Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
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CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
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Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
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Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
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