| | | BIOGRAPHIE Louis-Michel Viger (1785–1855) Depuis le 26 décembre 2025 |   page 4 / 6 |
 | Tiré de Louis-Michel Viger, Correspondance, 1809 - 1849. Sous la direction de Georges Aubin |
décès de Louis-Michel Viger », ce dernier étant son légataire universel de tous ses autres biens, l'instituant son exécuteur testamentaire.
Viger est atterré, écrasé par la mort de sa femme. La seigneuresse de Saint-Hyacinthe écrit à Julie Papineau en exil à Paris avec son époux : « Le pauvre Louis[-Michel Viger] était parti pour les eaux de la Calédonie, essayer s'il en retirera quelque soulagement : l'enflure de ses jambes est considérablement augmentée. Je crois qu'il a aussi le corps enflé, il croit [que c'est] l'hydropisie. Il a éprouvé des pertes dans sa fortune au montant d'environ 2 000 £, à ce qu'il m'a dit. Néanmoins, comme il espère devenir mieux, il m'a dit qu'il se chargerait avec plaisir du soin de remplacer [Louis] Delagrave dans le soin de vos affaires. J'en serai d'autant plus aise que ça fera diversion à sa douleur, la perte de son épouse l'ayant vraiment affecté beaucoup. » Rosalie Papineau-Dessaulles reprend la plume l'année suivante, avec des variations sur le même thème ; cette fois, la lettre est adressée à son frère Louis-Joseph à Paris : « Louis Viger ayant pris la conduite de tes affaires, malgré la peine où l'a laissé la perte de sa femme, dont il n'ouvre la bouche que les larmes aux yeux, et malgré ses enflures et douleurs de jambes, qui ont beaucoup augmenté par son [séjour] dans la prison… »
Viger a du mal à vivre dans sa maison de la rue Bonsecours. Il la quitte, la louera peut-être plus tard, et va vivre chez Ulric Boudreau, son neveu, et aussi chez son associé Côme-Séraphin Cherrier. Il a aussi acheté une maison rue Saint-Vincent, près de l'audience, qui lui permettait jadis de préparer des plaidoyers, passant de longues nuits au travail, dans la solitude absolue. Les temps ont changé. Le gouvernement du Canada-Uni commence à s'installer. En avril 1841, Viger, comme bien d'autres, est un candidat opposé à l'Union, il est pourtant défait dans son ancien comté de Chambly qui élit John Yule. Cette élection est ponctuée de violence. La seigneuresse de Saint-Hyacinthe aiguise sa plume avant d'écrire à son frère à Paris : « Louis Viger a couru de grands risques à Saint-Jean, où il se présentait comme candidat [pour le comté de Chambly], ce qui ne l'a pas empêché d'adresser une verte semonce à l'officier-rapporteur et tous les magistrats présents, en se retirant seul au milieu d'une troupe de forcenés, animée par les soutiens de l'administration qui criaient à leurs satellites : « Kill him, kill him ! », pendant que, seul, il s'ouvrait passage au milieu de ces forcenés. « Non, ont-ils répondu unanimement, il est trop beau et trop brave. » Il avait, aux yeux de ses antagonistes, le double défaut d'être un citoyen dévoué et incorruptible, et l'âme de la Banque du peuple. »
Et elle ajoute, pour le bénéfice de son frère Louis-Joseph, qui tente parfois de sanctionner son cousin Viger, trop lent à ses yeux pour lui fournir des fonds : « Tu dois l'aimer comme un bon cousin pour les peines qu'il se donne pour tes affaires et tâcher d'y rétablir l'ordre. » Denis-Émery Papineau encourage son oncle en exil, déclarant que Viger est allé dernièrement à la Petite-Nation, où se trouve la seigneurie de Papineau, et aurait découvert que « les censitaires devaient 96 000 francs (ou 16 000 piastres) au seigneur. »
Viger mène à bien son rôle de procureur de Papineau. Il vend pour lui de petits lots de terrain, il loue pour cinq ans la maison Papineau à Montréal, aussi rue Bonsecours, à Alexander Courtenay, marchand, qui transfère son bail, après un an, aux frères Thomas et William Molson. Il veille ainsi à envoyer de l'argent à Papineau pour qu'il survive pendant son long exil à Paris. Il a cessé de fréquenter la cour, abandonnant sa profession d'avocat. Il est assez riche pour s'acheter une autre maison, rue Saint-Paul. Il loue sa maison de la rue Bonsecours à Henry Driscoll, Conseil de la Reine. Il a réintégré un rôle de député, en se faisant élire en 1842 dans Nicolet à une élection partielle.
Peu à peu il s'éloigne de Montréal. Son départ définitif surviendra en 1843, quand il épouse en secondes noces la seigneuresse de L'Assomption. Le 10 septembre 1843, vers 5 h p.m., un traité (contrat) de mariage est signé, devant le notaire Joseph Brunelle, entre l'honorable Louis-Michel Viger, veuf d'Angélique-Hermine Turgeon, et dame Marie-Aurélie Faribault, veuve de Charles Deschaillons de St-Ours. Mariage en communauté de biens, « selon les dispositions de la Coutume de Paris suivie en ce pays. » Le mariage a lieu le lendemain (L'Assomption, 11 septembre 1843) : L.M. Viger, député, veuf (sans enfants) d'Angélique-Hermine Turgeon, avec Marie-Aurélie Faribault (1798-1880), seigneuresse de L'Assomption et du fief Bayeul, veuve (sans enfants) de Charles Deschaillons de St-Ours et fille de Joseph-Édouard Faribault, notaire, et de Marie-Anne-Élisabeth Poudret, sa première épouse. Présence de D.B. Viger, député, cousin ; Pierre-Michel Turgeon, seigneur de Beaumont, neveu ; Côme-Séraphin Cherrier, Conseil de la Reine ; Joseph-Édouard Faribault, père, notaire, juge de paix ; Timothée Franchère, beau-frère de l'épouse ; Barthélemy Joliette, conseiller législatif, cousin de l'épouse, B.H. LeMoine, commis à la Banque du peuple, Reine de Tonnancour, cousine de l'épouse, Cordélia Franchère. Officiant, François Labelle, curé à L'Assomption.
Les nouveaux mariés partent aussitôt pour les États-Unis avec le jeune Turgeon, leur neveu, qu'ils laisseront au collège de Georgetown, près de Washington, D.C.
Revenue de l'exil parisien, Julie s'empresse d'annoncer la nouvelle à Louis-Joseph : « Tu vois que j'ai bien raison quand je dis que les vieux sont pires que les jeunes : il n'était pas pressé de se marier jeune, mais il a eu bien de la peine à demeurer veuf maintenant qu'il approche la soixantaine. Il est vrai qu'il aura de bonnes raisons à débiter qu'il fallait qu'il eût une femme pour le soigner de ses douleurs, de sa goutte, etc. »
De retour de voyage, Viger, député de Nicolet, se rend à Kingston où siège le gouvernement du Canada.
Aux élections de 1844, Viger ne se représente pas à la députation. Le nouveau gouverneur est alors Metcalfe, et le Parlement a été déménagé de Kingston à Montréal au cours de l'hiver.
Certains disent que Viger n'est plus intéressé par la politique. Il est vrai qu'il mène belle vie à L'Assomption dans son manoir. Pourtant,... | page 4 / 6 Consulté 1 430 fois depuis le MOD
| | |
Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
|
CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
|
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
|
Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
|
Nos partenaires

|
|
|
Le matériel sur ce site est soit original, soit libre de droit. Vous êtes
invités à l'utiliser
à condition d'en déclarer la
provenance. © 1996-2026 Les Patriotes de 1837@1838
glaporte@1837.qc.ca
|
|
|
| |