| | | BIOGRAPHIE Louis-Michel Viger (1785–1855) Depuis le 26 décembre 2025 |   page 3 / 6 |
 | Tiré de Louis-Michel Viger, Correspondance, 1809 - 1849. Sous la direction de Georges Aubin |
à la prison de Montréal. » Pendant que tout cela se passait, « on répandait, relativement à la Banque du peuple, les bruits les plus propres à ruiner son crédit… » Par-dessus tout, on prétendait que cette banque avait prêté de fortes sommes « pour subvenir aux dépenses de l'armement de ceux qu'on voyait s'agiter dans le district. C'était, disait-on, le motif de l'arrestation de M. Viger. » Si bien que, peu après l'arrestation de Viger, « les porteurs de billets de cette banque couraient en foule et remplissaient le bureau, demandant des espèces… »
D'autres journaux vont exonérer la Banque du peuple de tout blâme et diront que Viger a été arrêté parce qu'il avait pris la parole à l'assemblée de Saint-Charles-sur-Richelieu.
En décembre 1837, on change Viger de prison : il aura droit à la vieille prison dont les cellules ont des planchers en terre battue, sans chauffage. On évoque que les accusés de haute trahison sont groupés maintenant dans cette vieille prison, ordre de Colborne. Hermine, femme de Viger, fait une démarche pour le faire sortir de là, invoquant l'habeas corpus. Peine perdue. Il retournera tout de même plus tard à la prison neuve.
Pour Viger, la vie en prison est parsemée d'incertitudes face à son avenir. Il est en droit de demander qu'on lui fasse un procès. Mais le droit est maintenu en laisse par un nouveau personnage politique et militaire apparu en 1838 : John Colborne a suspendu l'habeas
corpus, établi la loi martiale et il se promet de faire payer chèrement aux Patriotes leur désir de liberté. Que va faire Viger pendant ses mois de réclusion ?
Un journal, certainement antipatriote et peu au fait de la vérité, Le Populaire, raconte que « conformément au principe adopté par le gouvernement du Bas-Canada, M. Viger doit rester en prison jusqu'à ce qu'il consente à condescendre aux conditions, tout à fait faciles en elles-mêmes et auxquelles des hommes de sentiments et d'honneur aussi élevés que M. Viger n'ont pas pensé dérogatoire de se soumettre. Mais le gouvernement agirait certainement avec bassesse et cruauté s'il cherchait à le réduire à soumission en aggravant la rigueur de son emprisonnement. En cela, nous nions qu'il y ait vérité ou apparence de vérité. Pour tous ceux qui ont vu M. Viger en prison, il y a quelque chose de positivement ridicule dans l'assertion que sa détention soit étroite et rigoureuse. Il occupe une chambre large et aérée et bien construite, avec toutes choses pour sa commodité autour de lui. Il n'y a littéralement rien dans l'apparence de son appartement qui puisse rappeler à personne l'idée que ce soit une prison. Il existe une chambre adjoignante, nous pensons, une salle à manger dont M. Viger a le libre usage. Il a toute facilité pour écrire, une bibliothèque et une excellente petite cuve à vin. On dit que personne de sa famille n'a la permission de le voir ? Il serait plus exact de dire qu'il ne veut permettre à personne de sa famille de le voir… »
Il y aura pourtant un grand dîner organisé par Joseph Papineau et sa fille Rosalie Papineau-Dessaulles. Ce dîner pour cinq personnes, auquel Viger participe, avec Jean-Joseph Girouard, se tiendra en compagnie d'André-Augustin Papineau, notaire, emprisonné. On va y déguster un potage, du pain, de bon vin et un rôti.
Il faudra bien sortir de là un jour. Un haut personnage, venu de Londres, lord Durham, fin finaud de la première espèce, arrive à Québec pour vider les prisons et faire un rapport sur ce nouveau Canada. Grâce à ses avocats William Walker et John Boston, futur shérif de Montréal, Viger sera libéré, moyennant une caution de 2 000 £, selon la liste officielle. On avait d'abord parlé d'une caution de 10 000 £. Mais cette caution monte en réalité à 4 000 £, selon La Gazette de Québec du 28 août 1838.
Un fois libéré, Viger laisse se répandre la rumeur qu'il pourrait poursuivre le gouvernement. C'est ce qu'écrit Joseph Papineau à son fils Louis-Joseph, maintenant rendu à Saratoga, N.Y. : « Louis[-Michel] Viger est bien portant. Je ne sais s'il se propose de poursuivre pour faux emprisonnement ou autrement. » Un journal rapporte aussi que Viger est rendu à Québec ; et « on assure qu'il y est venu pour obtenir de lord Durham d'avoir son procès. On ajoute que s'il n'obtient ce qu'il demande, son intention est de se rendre en Angleterre, car il veut démontrer qu'il a été la victime d'animosité particulière et que l'accusation dont il avait été l'objet n'avait été faite que pour nuire à la Banque du peuple, dont il fait partie et pour détruire la confiance en cette institution florissante. »
Viger n'aura pas de procès et n'ira pas en Angleterre. La main de Colborne est faite d'acier : Viger est même arrêté une seconde fois. Au cours de la 2e insurrection, L.M. Viger est en effet emprisonné le 4 novembre 1838 à Montréal, avec les patriotes. Selon la liste officielle, il sera libéré, encore sans procès, le 13 décembre suivant par P.É. Leclère, chef de la police de Montréal.
Venu le printemps 1839, les bruits courent qu'Hermine Turgeon, Mme Viger, est atteinte d'un rhume pernicieux, qui pourrait l'emporter « comme le reste de sa famille », précise Julie Papineau, toujours à l'affût de la moindre nouvelle. Les malheurs se précipitent. En mai, elle reçoit les derniers sacrements ; en juin, elle fait son testament devant le notaire Joseph Belle, disant vouloir « être inhumée dans le cimetière… à l'endroit ou près de l'endroit où reposent [ses] enfants. » Elle donne à la trésorière de l'école des petites filles de Saint-Jacques, à Montréal, 12 £ et 10 chelins « du cours actuel ». Elle donne aussi à la veuve de Jean-Baptiste Gamelin [Émilie Tavernier-Gamelin] 12 £ et 10 chelins, cours actuel, « pour l'aider à soutenir les personnes âgées dont elle prend soin. » Elle donne à Mgr Pierre-Flavien Turgeon, son oncle, une tabatière d'une valeur de 25 £ ; à Mgr Ignace Bourget 100 £ « pour aider et promouvoir l'établissement de Saint-Jacques. » Elle fait un don de 50 £ à Alphonsine Boudreau [née à Berthierville en 1813], nièce de son époux, « et qui demeure avec [elle], en reconnaissance des égards qu'elle a eus pour [elle] et de ses soins affectueux pendant [sa] maladie. » À sa cousine Giles Raby, épouse d'Augustin Amiot, elle lègue sa montre en or avec sa chaîne ; et 25 £ à Basilis Durand, sa servante ; 1000 £ à Louis-Pierre-Hubert Turgeon, son neveu, qu'elle a élevé, somme « à être payée seulement après le... | page 3 / 6 Consulté 1 428 fois depuis le MOD
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Abréviations
(B) (M) (S) (dans les notes) Baptême, Mariage, Sépulture AF Aegidius Fauteux, Les Patriotes de 1837-1838 (1950) ANC Archives nationales du Canada ANQH Archives nationales du Québec à Hull ANQM Archives nationales du Québec à Montréal ANQQ Archives nationales du Québec à Québec AO Archives d'Ontario AQHP Association québécoise d'histoire politique ASN Archives du Séminaire de Nicolet ASQ Archives du Séminaire de Québec ASSH Archives du Séminaire de Saint-Hyacinthe ASTR Archives du Séminaire de Trois-Rivières BAC Bibliothèque et Archives du Canada BAnQ Bibliothèque et archives nationale du Québec BH Beaulieu, André et Jean Hamelin, dir, La presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1973-1990, 10v BHP Bulletin d'histoire politique BMS Baptêmes, mariages, sépultures BRH Bulletin des recherches historiques. CAN Le Canadien (Québec) CANJ Canadian Antiquarian and Numismatic Journal CB Catalogue of Books being the complete Library of late Hon L-J Papineau vendus lors d'un encan public en mars 1922, par les frères Fraser, [Montréal, 1922] CHRISTIE William Christie, History of the Late Province of Lower Canada (Québec, 1841)
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CP Chronologie parlementaire, tome 1 1791-1867 (doc inédit), Service de recherche, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, décembre 1995 CRLG Centre de recherche Lionel-Groulx DAF Dictionnaire de l'ancienne langue françoise et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle, par Frédéric Godefroy, 10 v, Paris, 1881-1902 DBC Dictionnaire biographique du Canada, 14 v, Québec, PUL; Toronto, UTP DC Dictionnaire biographique du clergé canadien-français, par J-B-A Allaire; Les anciens; Montréal, Imprimerie de l'École Catholique des Sourds-Muets, 1910 DD Dictionnaire de droit québécois et canadien, avec lexique anglais-français, par Hubert Reid, 2e tirage, revu et corrigé, Montréal, Wilson & Lafleur ltée, 1996 DNB Dictionary of National Biography, London, Smith, Elder, & Co, 1885-1900 DPQ Dictionnaire des parlementaires du Québec, 1792-1992, PUL, 1993 ED Encyclopaedic Dictionary, edited by Robert Hunter, 4 v, Philadelphia, Syndicate Publishing Company, 1894 GPF Glossaire du parler français au Canada, Québec, PUL, 1968 [1930] ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-CanadaJFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 MD Lovell's Montreal Directory |
ICMH Institut canadien de microreproductions historiques JCABC Journal de la Chambre d'Assemblée du Bas-Canada JFL Journal d'un Fils de la Liberté, 1838-1855, par Amédée Papineau, Sillery, Septentrion, 1998 JLP Journal (inédit) de Lactance Papineau ANQQ, P 417/6 L'AMI L'ami du peuple, de l'ordre et des lois (Montréal) LIB Le Libéral (Québec) MC Morning Courrier (Montréal) MD Lovell's Montreal Directory MD The Macmillan Dictionary of Canadian Biography, Toronto, Macmillan of Canada, 1985 [1978] MG 24 B125 Comité de correspondance de Montréal MGZ Montreal Gazette MIN La Minerve (Montréal) MS Mississiquoi Standard (Frelighburg) MTL HERALD Montreal Herald MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, prepared by JA Simpson and ESC Weiner, 20 v, Clarendon Press, Oxford, 1989 RHAF Revue d'histoire de l'Amérique française SHM Société historique de Montréal MQD Mackay's Quebec Directory OED The Oxford English Dictionary, 2nd ed, 20 v, Clarendon Press, 1989 QG Quebec Gazette QM Quebec Mercury RG. Register Group. Archives publiques du Canada (Ottawa) SJ Stanstead Journal (Stanstead) VIND The Canadian Vindicator (Montréal) |
Consultez les journaux d'époque conservés à la BAnQ
L'Ami du peuple, de l'ordre et des lois, 1832-1840 (Montréal)
Le Canadien, 1806-1909 (Québec)
Le Courier de Québec, 1807-1808
L'Écho du pays, 1832-1836 (Saint-Charles-sur Richelieu)
Le Fantasque, 1837-1849 (Québec)
|
La Gazette des Trois-Rivières, 1817-1822
Le Glaneur, 1836-1837 (Saint-Charles-sur-Richelieu)
Le Libéral / The Liberal, 1837 (Québec)
La Minerve, 1826-1899 (Montréal)
Le Pays, 1852-1869 (Montréal)
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Le Populaire, 1837-1838 (Montréal)
Quebec Mercury, 1805-1903
La Quotidienne, 1837-1838 (Montréal)
Le Spectateur canadien 1813-1829 (Montréal)
The Vindicator, 1828-1837 (Montréal)
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