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Les Patriotes de 1837@1838 - <i>L'Écho du Pays</i>: journal patriote de Saint-Charles
 ANALYSE 
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L'Écho du Pays: journal patriote de Saint-Charles
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Fondé en 1833 par Pierre-Dominique Debartzch, L'Écho du Pays s'avère un journal sympathique à la cause des patriotes (BEAULIEU, 1973 : 94). Son origine remonte à 1832, lorsque le seigneur Debartzch et Antoine-Charles Fortin (imprimeur) annoncent la parution d'un nouveau journal lors d'une assemblée qui se tient le 12 octobre 1832 à Saint-Charles. Selon les promesses de Fortin, le feuillet devait être publié à raison d'une fois par semaine pendant quatre années. Fortin, incapable de garantir ses engagements, dut abandonner ses droits sur le journal. Au cours de la même journée, Debartzch cède l'entreprise à bail à Jean-Philippe Boucher-Belleville pour un montant de 200 livres. Néanmoins, Debartzch en reste le principal créancier et possède d'ailleurs la maison où le journal est imprimé durant les deux premières années (BOUCHARD, 1994 : 25).

L'Écho du Pays aura comme premier rédacteur l'avocat Alfred-Xavier Rambau jusqu'à ce qu'il passe à la rédaction du journal loyaliste L'Ami du Peuple (MEUNIER, 1986 : 39). Suite au départ du français Rambau, le docteur Jean-Baptiste Meilleur prend la relève à partir de décembre 1833, mais doit subitement quitter à son tour en mars 1834 pour des raisons de santé. Enfin, c'est Jean-Philippe Boucher-Belleville qui rédige le journal jusqu'à la fermeture en juillet 1836 (BOUCHARD, 1994 : 34).

Le premier numéro paraît le 28 février 1833. Il s'agit d'un in-folio d'une seule feuille pliée en deux faisant en tout quatre pages, publié à tous les jeudis (BOUCHARD, 1994 : 39). " L'Écho du Pays " y est écrit en forme d'arceau en un caractère orné auquel s'ajoute la devise " Industrie, prospérité et union ". On retrouve sous le titre, le lieu d'édition : " St. Charles, Village Debartzch ". Le coût d'abonnement est de 10 shillings par année, pour 52 numéros. L'Écho du Pays réserve 20% de son espace à la publicité, se finance aussi par la production d'ouvrages littéraires, éducatifs et religieux de même que par divers calendriers et almanachs (BOUCHARD, 1994 : 29 ; 42).

Dans son prospectus du 1erjanvier 1833, les éditeurs expliquent que des buts de L'Écho : " [...] le plus nécessaire est l'éducation ; aussi nous occuperons nous spécialement de cet important objet ; nous nous efforcerons d'offrir au public les principes d'éducation les plus sûrs, et de lui suggérer les moyens les plus prompts. " (Prospectus de L'Écho du Pays, 01-01-1833). Une certaine importance est aussi accordée à l'économie rurale : on y discute de la forme des charrues, du labourage, de la sarclure, de l'assolement et des engrais (MEUNIER, 1986 : 43). En 1834, la chronique des décès occupent une place momentanée dans les colonnes de L'Écho suite à l'épidémie de choléra qui s'abat sur le village de Saint-Charles.

Reste que la vocation de L'Écho du Pays demeure avant tout politique, soit la défense des droits du peuple canadien-français. On y inscrit entre autres, les débats parlementaires des deux chambres, les discours intégraux de Debartzch au Conseil législatif en plus des nouvelles concernant la politique étrangère (MEUNIER, 1986 : 44 ; 49). L'Écho reproduit également chaque semaine des articles provenant d'autres journaux réformistes tels que La Minerve, Le Canadien. Il donne aussi la réplique au journal L'Ami du Peuple, son plus fervent adversaire, ainsi qu'à d'autres journaux loyaux (MEUNIER, 1986 : 49). L'Écho du Pays fait paraître un supplément le 27 mars 1834, un mois après le dépôt des 92 résolutions (BOUCHARD, 1994 : 40).

Après trois années et demie d'existence, L'Écho du Pays disparaît le 21 juillet 1836. Parmi les raisons invoquées, on note la grande distance entre Saint-Charles et les grands centres, l'accès à un trop petit bassin d'annonceurs et de clients, la baisse des revenus des souscripteurs suite à la crise agricole de même qu'un changement d'allégence chez Pierre-Dominique Debartzch (BOUCHARD, 1994 : 112-113). En effet, durant la session parlementaire 1835-1836, Debartzch commence à s'opposer à Papineau et aux réformistes. Debartzch aurait donc demandé à Boucher-Belleville d'abandonner les questions d'ordre politique. Fidèle à ses principes et ne voulant pas réorienter L'Écho, Boucher-Belleville suggère de purement et simplement fermer le journal et de le remplacer par le Glaneur, qui serait exempt de contenu politique (BOUCHARD, 1994 : 113). Le journal L'Écho du Pays, pourtant fidèle à la cause patriote, connut un destin étroitement lié aux attitudes réformistes de Debartzch. Lorsque celui-ci changea de camp pour aller rejoindre les loyaux en 1836, L'Écho avait perdu sa raison d'être.

Stéphane Hayes

 

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