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Les Patriotes de 1837@1838 - COURS 11 – Durham
 UQAM 
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COURS 11 – Durham
Article diffusé depuis le 13 mars 2001
 




1. Les Patriotes et l'Angleterre

2. L'Angleterre et les Patriotes

3. Le Rapport Durham

4. LaFontaine: tratre ou hros?

5. Un mot sur les tats-Unis


1. Les Patriotes et l'Angleterre

1RE GNRATION

(1805-1822)

2me GNRATION

(1822-1834)

3me GNRATION

(1834-1837)

4me GNRATION

(1838-39)

5me GNRATION

(1840-1849)

Pierre Elzar Bdard; Franois Blanchet; Joseph Papineau



Droits dmocratiques

Libert de presse

Contrle de l'Assemble

Indpendance des lus.



John Neilson; Andrew Stuart; D-B. Viger; Louis-Joseph Papineau

Contrle du budget

Reprsentativit de l'excutif

Lutter contre les abus

Les 92 Rsolutions:
lectivit du Conseil lgislatif; dnoncer la corruption de l'tat; rclamer des droits pour l'assemble; dnoncer l'appropriation des terres.

A.N. Morin; Edouard Rodier; O'Callaghan; Wolfred Nelson

Enjeux nationalistes.

lectivit des ministres.

Sabotage de la politique coloniale.

Boycottage; dsobissance civile.



Rob. Nelson; Cyrille Ct; Robert Bouchette; DeLorimier

Lutte sociale et conomique.

Rpublique prsidentielle.

lection de l'excutif.

division des pouvoirs.

Louis-H. Lafontaine; tienne Parent; Joseph Cochon

Accepter l'Union de 1840 en change de la survie culturelle; Responsabilit ministrielle.

POLITIQUE TRANGRE

Foi envers la Constitution britanniques. Certains, comme Ryland ou Craig doivent cependant tre dnoncs en Grande-Bretagne.

Influencer les gouverneurs;

mission de qlq marchands canadiens (Sales Laterrire, (1818-1821)

La Grande-Bretagne demeure bienveillante, mais mal informe par une administration corrompue et sectaire.

Missions et dlgations

Papineau-Neilson (1822)

Papineau-Stuart (1828)

Mission DB Viger (1831-34)

Meilleur information sur le contexte mtropolitain;

Perte de confiance envers le gouvnmt whig de Melbourne; s'appuie sur des dputs radicaux.

Roebuck agent de l'Assemble; associer leur lutte celle des Radicaux anglais; viser l'opinion publique anglaise.

Instauration d'une rpublique prsidentielle; influence des ides Jacksoniennes.

Chercher l'appui diplomatique des tats-Unis; miser sur le sentiment anti-monarchiste; compter sur l'appui financiers d'individus

Rapprochement avec les Whigs progressistes (Ellice, Parkes); Crer une coalition avec les rformistes des autres colonies

Mission LaFontaine (1838); Gouvernement LaFontaine-Baldwin (1842)

 

2. L'Angleterre et les Patriotes

Tradition tory de William Pitt

Court Party

Tradition whig de Fox et Wilberforce

County Party

Tradition de l'conomie politique

Adam Smith

Tradition utilitariste de Jeremy Bentham et John Mill

Tradition mthodiste

John Wosley

Tradition jacobite

William Cobbett

glise anglicane

Ships Owner Sir Robert Peel; les nouveaux tories

David Ricardo

John Stuart Mill; James G. Wakefield; Charles Buller; Joseph Parkes

Francis Place; Pamphlets for the People

Trade Unions; mouv. philanthropes; Robert Owen; London Working Men Association

Timber trade

HBC

Canadian Club Edward Ellice Banque Baring

Anti-Corn Law League

R. Cobden

Universit de Londres; Westiminster

Review

Mouvement

chartiste

LOBBY

PRO-LOYAL

George Lamb ton,1st Earl of Durham

LOBBY

PRO-PATRIOTE

Nathaniel Gould et Henry Bliss  (agents du BC); R. Robinson (Worchester, agent du HC)

Joseph Hume (Middlesex, agent du HC); John Arthur; Roebuck (Bath, agent du BC); John T. Leader (Westminster, agent du BC), Lord Brougham (Lords); 

Rpartition des siges la dissolution de la Chambres des Communes en juillet 1837

88

TORIES

167

WHIGS

30

IRLANDAIS

32

RADICAUX

3. Le Rapport Durham



John George Lambton, 1er comte de Durham (1792-1840).  Fils de William Henry Lampton et de lady Anne B. Villiers, fille de George Villiers, 4e comte de Jersey.  poux de  Louisa E. Grey, fille du premier ministre Charles Grey (1830-1835), nice de Edward Ellice et tante de Charles Grey jr., gouverneur-gnral du Canada (1849-1854) et de Henry, vicomte de Howick, secrtaire aux colonies (1846-1850) et grand-mre de Albert, 4th Earl of Grey (coupe Grey)

Durham, nord de l'Angleterre. La famille fait fortune dans les mines de charbon qui emploient 2400 mineurs en 1833.  Lien avec la bourgeoisie industrielle.

Pur produit de la tradition Whig de la Haute-Noblesse et le meilleur espoir de ceux qui veulent dmocratiser l'Angleterre par ses lites.

Frquente trs tt les cercles jacobite favorable la rvolution en France. Puis considr comme "Le plus radical des whig et le plus modr des radicaux" (New)

1830 - Son beau-pre premier ministre lui confie la grande rforme lectorale

1832 - Sort triomphant de la Rforme; il drange

1835 - Melbourne nomme Durham ambassadeur en Russie

janvier 1838 - Accepte sa nomination comme gouverneur du Bas-Canada, dot de pouvoir extraordinaire.

Avril 1838 - Dpart du Hastings en compagnie de son quipe: Charles Buller, Edward G. Wakefield, Thomas Turton.

27 mai - Arriv Qubec.  Il suspend le Conseil spcial mis en place depuis la suspension de la Constitution le 10 fvrier.

26 juin - Durham fait librer 310 prisonniers en change de l'aveux de culpabilit de huit chefs dont W. Nelson qui sont dports aux Bermudes

19 septembre - Dnonc par ses adversaires politiques, la dcision de Durham est dsavoue et dmissionne.

1er novembre - Embarquement pour l'Angleterre

(4-8 novembre - Rbellion des Frres chasseurs)

7 dcembre - Durham arrive Londres

31 janvier - La rdaction du rapport est complte

11 fvrier 1839 - Dpt du rapport Durham

28 juillet 1840 - Il meurt de la tuberculose.

Historiographie du rapport Durham

Historiens whigs (Charles Lucas, Chester New, Arthur Doughty)

Monument de la philosophie politique.  Vritable programme en faveur de l'mancipation des colonies et de la mission civilisatrice de la Grande-Bretagne.  Son Colonial Self-Gouvernment est une oeuvre prophtique annonant les mouvements d'indpendance nationales mais dans l'orbite de la civilisation britannique. Pre du Commonwealth.

Gauche britannique et canadienne-anglaise (Gallagher et Robinson, Eric Hobsbawm, S.D. Clark, Stanley B. Ryerson)

Correspond la monte du capitalisme industriel et au triomphe de la middle class peu intresse par l'Empire mais soucieuse d'ouvrir le plus de marchs aux produits anglais.  Angliciser le Canada tout en lui accordant le gouvernement responsable va donc dans le sens de l'tablissement d'un no-colonialisme plus conomique que politique.

Nationalistes qubcois (Lionel Groulx, Michel Brunet, Maurice Sguin, Denis Vaugeois)

Le rapport Durham et l'Union de 1840 constituent une deuxime conqute visant radiquer le tissu social canadien-franais. Les mcanismes de la sujtion alors mis en place (minorisation, marginalisation, acculturation) se retrouvent ds lors poss jusqu' nos jours.

cole culturaliste canadienne-anglaise (Janet Azenstat, Philip Buckner, Joseph Hamberger, Hannah Arendt)

Durham est l'hritier de l'idal des philosophes des Lumires.  Le projet de Bentham, Smith et Stuart Mill, d'un monde libral et cosmopolite (lire dnu de particularisme culturels), uni par les seuls ressorts de la raison et de l'conomie politique est un temps l'idologie des jeunes capitalistes issus de la rvolution industrielle.  Il prends fin avec le no-colonialisme et la monte par la monte des nationalismes dans la deuxime partie du 19e sicle, responsables des deux guerres mondiales.

Durham l'historien

Les institutions de France durant la colonisation du Canada taient peut-tre plus que celles de n'importe quelle autre nation d'Europe propres touffer l'intelligence et la libert du peuple. Ces institutions traversrent l'Atlantique avec le colon canadien. Le mme despotisme centralisateur, incomptent, stationnaire et rpressif s'tendit sur lui. Non seulement on ne lui donna aucune voix dans le Gouvernement de la province ou dans le choix de ses dirigeants, mais il ne lui fut mme pas permis de s'associer avec ses voisins pour la rgie de ses affaires municipales que l'autorit centrale ngligeait sous prtexte de les administrer. Il obtenait sa terre dans une tenure singulirement avantageuse un bien-tre immdiat, mais dans une condition qui l'empcherait d'amliorer son sort ; il fut plac l'instant mme la fois dans une vie de travail constant et uniforme, dans une trs grande aisance et dans la dpendance seigneuriale. L'autorit ecclsiastique laquelle il s'tait habitu tablit ses institutions autour de lui, et le prtre continua d'exercer sur lui son influence. On ne prit aucune mesure en faveur de l'instruction parce que sa ncessit n'tait pas apprcie ; le colon ne fit aucun effort pour rparer cette ngligence du Gouvernement. Nous ne devons donc plus nous tonner. Voici une race d'hommes habitus aux travaux incessants d'une agriculture primitive et grossire, habituellement enclins aux rjouissances de la socit, unis en communauts rurales, matres des portions d'un sol tout entier disponible et suffisant pour pourvoir chaque famille de biens matriels bien au-del de leurs anciens moyens, tout le moins au-del de leurs dsirs. Placs dans de telles circonstances, ils ne firent aucun autre progrs que la largesse de la terre leur prodigua ; ils demeurrent sous les mmes institutions le mme peuple ignare, apathique et rtrograde. Le long des rives du Saint-Laurent et de ses tributaires, ils ont dfrich deux ou trois bandes de terre ; ils les ont cultives d'aprs les plus mauvaises mthodes de petite culture. Ils ont rig une suite ininterrompue de villages qui donne au pays des seigneurs l'apparence d'une rue sans fin. Outre les villes, qui taient les siges du Gouvernement, on n'en fonda pas d'autres. A la maison, la famille de l'habitant fabriquait, elle le fait encore, les toffes grossires du pays. Une partie minime de la population tirait sa subsistance de l'industrie peine visible de la province. Toute l'nergie fut employe au commerce des pelleteries et la chasse que ces gens et leurs descendants poussrent au-del des montagnes rocheuses et qu'ils monopolisent encore, en grande partie, dans toute la valle du Mississipi. (Hamel, 1948: 79)

Durham le politologue

La tranquillit de chacune des provinces de l'Amrique du nord, cause des conflits entre l'Excutif et les reprsentants du peuple, tait sujette aux discordes continuelles. Les Constitutions de ces colonies, le caractre officiel et la position des rivaux, l'objet avou de leurs querelles, les principes soutenus de part et d'autre, tout cela tait si semblable que je dus adopter l'opinion commune que la querelle gnralise tait la consquence de quelque dfaut identique de ces provinces. Je la regardai comme une de ces querelles auxquelles nous ont habitus l'histoire d l'Europe et la connaissance des hommes: une querelle entre une peuple qui demande un accroissement des privilges populaires d'un ct, de l'autre, un Excutif qui dfend les prrogatives qu'il estime ncessaires au maintien de l'ordre. (...) Par suite des circonstances spciales o je me trouvai, j'ai pu faire un examen assez juste pour me convaincre qu'il y avait eu dans la Constitution de la province, dans l'quilibre des pouvoirs politiques, dans l'esprit et dans la pratique administrative de chaque service du Gouvernement, des dfauts trs suffisants pour expliquer en grande partie la mauvaise administration et mcontentement.

Mais aussi j'ai t convaincu qu'il existait une cause beaucoup plus profonde et plus radicale des dissensions particulires et dsastreuses dans la province - une cause qui surgissait du fond des institutions politiques la surface de l'ordre social - une cause que ne pourraient corriger ni des rformes constitutionnelle ni des lois qui ne changeraient en rien les lments de la socit. Cette cause, il faut la faire disparatre avant d'attendre le succs de toute autre tentative capable de porter remde aux maux de la malheureuse province. Je m'attendais trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple; je trouvai deux nations en guerre au sein d'un mme tat; je trouvai en lutte, non des principes, mais des races. Je m'en aperus: il serait vain de vouloir amliorer les lois et les institutions avant que d'avoir russi exterminer la haine mortelle qui maintenant divise les habitants du Bas-Canada en deux groupes hostiles: Franais et Anglais. (Hamel, 1948: 67-68)

Durham le sociologue



Au Bas-Canada la classe ouvrire salarie, quoique comparativement considrable sur le continent d'Amrique, est, d'aprs nous, peu nombreuse. La concurrence entre les races de cette classe ne s'est manifeste que rcemment, et encore cela se borne-t-il aux villes. La majorit des ouvriers est d'origine franaise, mais elle est au service du capitaliste anglais. La classe la plus exprimente d'artisans se compose en gnral d'Anglais. Mais au sein d'occupations plus matrielles les Canadiens franais dfendent bien leur terrain contre la rivalit anglaise. L'migration rcente des dernires annes a introduit dans le pays une classe qui est entre en concurrence plus directe avec les Franais, quant certaines de leurs occupations dans les villes, mais peu en ont souffert. Je ne pense pas que la haine qui spare les ouvriers des deux races soit une consquence ncessaire de l'opposition des intrts ou de la jalousie qu'excitent les succs de la main-d'oeuvre britannique. Les prjugs nationaux exercent naturellement la plus forte influence sur les illettrs ; la disparit du langage est un obstacle plus difficilement surmont ; les diffrences dans les usages et dans les manires sont moins bien tolres. Les ouvriers que l'migration a introduits au pays comptaient parmi eux nombre d'ignorants, d'agitateurs et de dpravs. Leur conduite rvoltait les natifs de la mme classe, plus disciplins et plus courtois. Les ouvriers se rangrent naturellement du ct des riches et des hommes instruits parmi leurs compatriotes. Une fois engags dans le conflit, leurs passions taient moins retenues par l'instruction et par la prudence. Maintenant l'hostilit nationale se dchane avec une fureur inoue parmi ceux que l'intrt rel semblait devoir mettre le moins en conflit. (Hamel, 1948: 88)

Les Canadiens franais ont essay de cacher leur hostilit l'influence de l'migration anglaise et l'introduction des institutions britanniques sous l'apparence d'une guerre contre le Gouvernement et ses dfenseurs qu'ils reprsentaient comme une petite faction de protgs corrompus et insolents; majoritaires, ils ont invoqu les principes du contrle populaire et de la dmocratie et ont fait appel avec assez de succs aux sympathies des hommes politiques libraux de toutes les parties du monde.  Les Anglais voyant leurs adversaires en collision avec le Gouvernement ont cri la loyaut et l'attachement la connexion britannique et dnonc les desseins rpublicains des Franais qu'ils dsignent ou plutt qu'ils avaient coutume de dsigner sous l'appellation de radicaux.

La population franaise, qui avait pendant quelque temps exerc un pouvoir considrable et croissant par l'intermdiaire de la Chambre d'Assemble, trouva ses esprances inopinment rduites nant. Privs de toute participation relle au gouvernement de leur pays, ils mditent en silence sur la mmoire de leurs compatriotes morts, sur leurs villages brls, sur leurs proprits ruines, sur leur prpondrance abolie et sur leur nationalit humilie.

La gopolitique de Durham



Si les querelles des deux races sont irrconciliables, on peut rtorquer que la justice exige la soumission de la minorit la suprmatie des anciens et plus nombreux occupants de la province, et non que la minorit prtende forcer la majorit prendre ses institutions et ses coutumes. Mais avant de dcider laquelle des deux races doit garder la suprmatie, ce n'est que prudence de chercher laquelle des deux prdominera la fin ; car il n'est pas sage d'affermir aujourd'hui ce que demain, aprs une lutte dure, il faudra renverser. Les prtentions des Canadiens franais, qui veulent possder exclusivement le Bas-Canada, fermeraient aux Anglais, dj plus nombreux du Haut-Canada et des Cantons de l'Est, l'accs par le grand canal naturel au commerce qu'eux seuls ont cr et qu'ils continuent. La matrise du golfe Saint-Laurent regarde non seulement ceux qui se sont tablis le long de l'troite ligne qui le borde, mais encore tous ceux qui habitent et qui habiteront plus tard dans l'immense bassin du fleuve. Car il ne faut pas regarder que le prsent. La question qui se pose est celle-ci : quelle race devra vraisemblablement convertir par la suite en un pays habitable et florissant le dsert qui couvre aujourd'hui les riches et vastes rgions qui environnent les circonscriptions plutt troites o vivent les Canadiens franais ? (Hamel, 1948: 304)

Je n'entretiens aucun doute sur le caractre national qui doit tre donn au Bas-Canada ; ce doit tre celui de l'Empire britannique, celui de la majorit de la population de l'Amrique britannique, celui de la race suprieure qui doit une poque prochaine dominer sur tout le continent de l'Amrique du Nord. Sans oprer le changement ni trop vite ni trop rudement pour ne pas froisser les esprits et ne pas sacrifier le bien-tre de la gnration actuelle, la fin premire et ferme du Gouvernement britannique doit l'avenir consister tablir dans la province une population de lois et de langue anglaises, et de n'en confier le gouvernement qu' une Assemble dcidment anglaise. (Hamel, 1948: 203)

Et cette nationalit canadienne-franaise, devrions-nous la perptuer pour le seul avantage de ce peuple, mme si nous le pouvions ? Je ne connais pas de distinctions nationales qui marquent et continuent une infriorit plus irrmdiable. La langue, les lois et le caractre du continent nord-amricain sont anglais. Toute autre race que la race anglaise (j'applique cela tous ceux qui parlent anglais) y apparat dans un tat d'infriorit. C'est pour les tirer de cette infriorit que je veux donner aux Canadiens notre caractre anglais. Je le dsire pour l'avantage des classes instruites que la diffrence du langage et des usages spare du vaste Empire auquel elles appartiennent. Le sort le meilleur de l'immigrant instruit et qui dsire progresser n'offre pas aujourd'hui d'espoir de progrs ; mais le Canadien franais recule davantage cause d'une langue et des habitudes trangres celles du Gouvernement imprial. Un esprit d'exclusion a ferm les professions les plus leves aux classes instruites des Canadiens franais, plus peut-tre qu'il n'tait ncessaire ; mais il tait impossible qu'avec une plus grande libralit le Gouvernement britannique pt donner ceux qui parlent une langue trangre une position gale celle des autres au milieu de la concurrence gnrale de la population. Je dsire plus encore l'assimilation pour l'avantage des classes infrieures. Leur aisance commune se perd vite par suite du surpeuplement des rserves o elles sont renfermes. S'ils essaient d'amliorer leur condition, en rayonnant aux alentours, ces gens se trouveront ncessairement de plus en plus mls une population anglaise ; s'ils prfrent demeurer sur place, la plupart devront servir d'hommes de peine aux industriels anglais. Dans l'un et l'autre cas, il semblerait que les Canadiens franais sont destins, en quelque sorte, occuper une position infrieure et dpendre des Anglais pour se procurer un emploi. La jalousie et la rancune ne pourraient que dcupler leur pauvret et leur dpendance ; elles spareraient la classe ouvrire des riches employeurs.(Hamel, 1948: 207)

La rforme des institutions



Mais convaincu que des fins aussi dsirables seraient obtenues par l'Union lgislative des deux Provinces, je suis port aller plus loin et me demander si tous ces objectifs ne seraient pas atteints plus srement en tendant cette Union lgislative toutes les Provinces britanniques de l'Amrique du Nord; et si les avantages que je prvois pour deux d'entre elles ne pourraient pas et ne devraient pas en justice s'tendre toutes. Une telle union trancherait sur-le-champ et d'une manire dcisive la question des races; elle permettrait toutes les Provinces de cooprer tous les buts communs et, par-dessus tout, elle formerait un peuple grand et puissant, qui possderait les moyens de s'assurer un bon gouvernement "responsable" pour lui-mme et qui, nous la protection de l'Empire britannique, pourrait en une certaine mesure contrebalancer l'influence prpondrante et croissante des tats-Unis sur le continent amricain.(Hamel, 1948: 126)

J'admet que le rgime que je propose placerait de fait la politique intrieure de la colonie dans les mais des colons eux-mmes (...) La forme de gouvernement, la rglementation des relations extrieures et du commerce avec la mre patrie, les autres colonies britanniques et les nations trangres, la concession des terres publiques, voil les seuls points que la mre patrie a besoin de contrler.  (Hamel, 1948: 144)


1. Assimilation des Canadiens-Franais

2. Accession progressive au Colonial Self-Government par un systme de gouvernement responsable et un partage des comptences entre la colonie et la mtropole.

27 juillet sanction de l'Acte d'Union

4. LaFontaine:  tratre ou hros?



Boucherville 1807-Montral 1864

poux de Mathilde Fabre, 4 enfants; Esquire, avocat et dput de Terrebonne (1823-1851)
Le 19 novembre 1837, Louis-Hyppolyte LaFontaine avait crit au gouverneur Lord Gosford pour le convaincre de convoquer l'Assemble de toute urgence afin d'viter l'escalade militaire imminente.

Janvier 1838 - Arrive de LaFontaine Londres.  Papineau et O'Callaghan, en fuite travers les tats-Unis, mis hors jeu dans le ballet diplomatique. Les modrs du parti abandonnent la liaison avec les Radicaux et cherchent nouer des contacts plus constructifs avec les whigs au pouvoir.

De retour ds l't, LaFontaine est emprisonn pour une brve priode et entreprend une correspondance avec des rformistes haut-canadiens de tendance modre (John Rolph et surtout Robert Baldwin fils).

Positions face l'Acte d'Union.

Les dfaitistes (minoritaires) tienne Parent, Joseph Cochon, Cme-Sraphin Cherrier: La nation est dvaste. Abandonner la joute politique et entreprendre l'dification conomique, sociale et intellectuelle du peuple.

Les radicaux (John Neilson, DB Viger, Wolfred Nelson) Rejet total du projet.  Pratiquer une l'obstruction systmatique et le boycottage des institutions jusqu'au rappel de la loi inique.

LaFontaine dans  le Discours aux lecteurs du comt de Terrebonne (septembre 1839)

1. Oublier le rve d'un tat spar.

2. Collaborer avec les Rformistes du Haut-Canada dont l'appui est ncessaire en tout (42-42).

3. Lutter pour obtenir immdiatement la Responsabilit ministrielle.

4. Obtenir des garanties constitutionnelles quant la survie de la langue et de la culture canadienne-franaise.

Sens de l'lection de 1841

finit par rallier les radicaux, ressouder une alliance rformiste et dcerner des emplois des Patriotes qui piaffent depuis des dcennies.

Rle de l'quilibre entre les deux sous-rgions et, ventuellement, importance du principe de la double majorit.

Grandeur et dclin du rve de LaFontaine.

- Monte de la contestation dans le Canada-Ouest (Brown)

- Dsintressement de la Grande-Bretagne qui souhaite fdrer ses colonies

- Tension aux tats-Unis qui fait craindre une raction contre les colonies britanniques



5. Un mot sur les tats-Unis

Les tats-Unis en 1837

 

Recherche parmi 15772 individus impliqus dans les rbellions de 1837-1838.

 



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