• Plan du site
  • Nouveautés
  • Plus populaires
  • FAQ

Rubriques


 

 

Les Patriotes de 1837@1838 - CHÉNIER, Jean-Olivier (1806-1837)
 BIOGRAPHIE 
MOD
CHÉNIER, Jean-Olivier (1806-1837)
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Jean-Olivier Chénier est le fils de Cécile Morel et de Victor Chénier, cultivateur de Lachine. Son grand-père, François Chénier est marié à Suzanne Amable-Blondeau, issue d'une famille de riches marchands montréalais (Bernard, 1988 :352). À l'âge de douze ans, Jean-Olivier est présenté au docteur René-Joseph Kimber de Montréal. C'est ce dernier qui s'occupera de former Chénier aux études en médecine. À compter de février 1828, il est autorisé à pratiquer la médecine au Québec. Il est alors âgé de 21 ans.

Après la réception de sa licence médicale, il s'établit à Saint-Benoît. Ses qualités professionnelles de dévouement et la qualité de ses soins sont rapidement reconnues. Il se liera d'amitié avec le notaire Jean-Joseph Girouard de Saint-Benoît ainsi qu'avec le docteur Jacques Labrie. Ces deux derniers l'initieront d'ailleurs aux problèmes locaux ainsi qu'à la politique. Le 26 septembre 1831, il épouse Marie-Louise-Zéphirine Labrie, fille du docteur Jacques Labrie, qui était aussi le député du comté de Deux-Montagnes (Grignon, 1995 :11) et qui décéda quelques mois plus tard. C'est en 1834 que la famille Chénier quitte Saint-Benoît pour s'établir à Saint-Eustache.

Dès son arrivée à Saint-Benoît en 1828, Chénier s'intéresse particulièrement aux activités politiques de la circonscription de York, dont Saint-Benoît fait partie. En 1827, il règne un contexte d'affrontement entre la Chambre d'assemblée et le gouverneur sur la question des subsides. La circonscription de York prend une part active dans le conflit puisque le village de Saint-Benoît décide de résister aux autorités en omettant de procéder aux rassemblements des miliciens généralement effectués à l'été de chaque année.

En 1828, Chénier fait partie d'un groupe de sept personnes, incluant Jacques Labrie et J.J. Girouard, qui sont accusés d'obstruction par l'officier commandant de la milice, le lieutenant-colonel Lambert-Dumont. C'était la première action politique de Chénier (Bernard, 1988 :1987). De 1829 à 1831, Chénier participe à des élections visant à faire élire le docteur Labrie et William-Henry Scott pour représenter le Parti patriote. En 1832, il fait partie d'un groupe de notables qui invitent le francs-tenanciers du comté de Deux-Montagnes à se réunir à Saint-Benoît. À cette assemblée, il est élu membre d'un comité de trente personnes chargées de veiller aux intérêts des Canadiens.

Le 11 avril 1836, Chénier agit à titre de secrétaire lors de l'assemblée de Saint-Benoît en compagnie du docteur Luc-Hyacinthe Masson. Le 1er juin 1837, à Sainte-Scholastique, Chénier est élu avec d'autres personnes au sein d'un comité permanent chargé de résister à l'oppression et de donner suite aux travaux de cette assemblée (La Minerve, 5 juin 1837). C'est là qu'il prononça les paroles suivantes : "Ce que je dis, je le pense et je le ferai; suivez-moi, et je vous permets de me tuer si jamais vous me voyez fuir" (David, 1884 :148). Le 1er octobre 1837, Chénier est élu à titre de juge de paix en compagnie de quatre autres personnes suite à la destitution des juges de paix et des officiers de milice en place.

Le 23 octobre 1837, il participe avec Girouard et Scott à la grande assemblée des Six-Comtés qui a lieu à Saint-Charles. C'est d'ailleurs à cette assemblée qu'il a été vu portant le drapeau du comté de Deux-Montagnes sur lequel on peut voir un castor avec un chêne et un érable (Fauteux, 1950 :174). À partir de ce moment, Chénier prend part à toutes les manifestations de sa région. Scott apparaît alors comme le principal chef patriote à Saint-Eustache et Chénier comme le second.

Le 16 novembre, on afficha dans le comté des Deux-Montagnes une proclamation de Lord Gosford, offrant 2000$ de récompense pour l'arrestation de Chénier. Au lieu de se laisser tenter, les Patriotes accoururent de toutes parts autour de Chénier pour s'opposer à son arrestation (David, 1884 :46). Le 18 novembre 1837, Chénier réunit les plus militants des partisans afin de décider ce qu'ils doivent faire si l'on décide de délivrer des mandats d'arrestation contre eux. Chénier est alors nommé major. Le 23 novembre 1837, Chénier est nommé lieutenant-colonel pour remplacer William-Henry Scott, qui a quitté Saint-Eustache pour aller s'établir à Sainte-Thérèse, et Amury Girod est nommé commandant en chef. Le 24 novembre 1837, Chénier, Girouard, Chartier et Barsalou décident de rester sur la défensive sans quitter leur territoire plutôt que d'attaquer Montréal comme le demandait le docteur Robert Nelson. Au début de décembre 1837, le seul lieu qui pouvait servir de camp armé à Saint-Eustache était le quadrilatère formé par l'église, le couvent nouvellement construit, le presbytère et le manoir du seigneur Dumont. Les chefs militaires réquisitionnèrent les lieux et Chénier s'occupa d'établir le camp.

Le 14 décembre 1837, matin du combat, Amury Girod s'enfuit à Saint-Benoît sous le prétexte d'aller chercher des renforts. C'est donc Chénier qui devra assumer le commandement des troupes patriotes. Il se réfugie dans l'église avec de 50 à 60 hommes dont la plupart armés. À ceux qui ne l'étaient pas, Chénier répliqua "Soyez tranquilles; il y en aura de tués et vous prendrez leurs fusils" (Kyte Senior, 1997 :185). Lorsque l'église fût attaquée et incendiée, Chénier et ses hommes tentèrent de s'enfuir par les fenêtres. En essayant de fuir vers la rivière, Chénier est frappé par une balle dans les côtes de son flanc gauche. Il continua cependant à courir sur une courte distance vers l'arrière du couvent, mais il est touché une seconde fois et meurt le 14 décembre 1837 à l'âge de 31 ans.(Kyte Senior, 1997 :192).

La mort de Chénier demeure controversée. On ne sait pas exactement où il a été touché, ni combien de fois exactement il l'a été. Une première balle l'atteint au flanc gauche, mais on ne sait rien sur la deuxième, mortelle (Grignon; 1995 : 23). Par ailleurs, Paul Rochon affirme que Chénier a grimpé sur le mur du cimetière, entourant l'église, après s'en être échappé d'où il a fait feu trois fois avant d'être finalement blessé mortellement et de tomber du côté britannique où il fut tué à coups de crosse (Rochon; 1987 : 241).

Le corps de Chénier a été retrouvé près de l'église vers 18h00 le 14 décembre 1837. Les médecins britanniques ont effectué une autopsie dans l'auberge Addison, qui sert d'hôpital, afin de découvrir la cause de sa mort. Cette pratique est surtout pour s'assurer de l'identité des chefs et de connaître la provenance du projectile selon Kyte Senior (1997 :194). On retrouve principalement deux récits sur le sort qu'on a réservé à la dépouille de Chénier par rapport à son "autopsie". Certains prétendent que le cœur de Chénier a été arraché puis exposé à côté de son corps durant quelques jours alors que l'autre version prétend que le cœur de Chénier a été empalé au bout des baïonnettes des soldats scandant que le cœur du chef était pourri (Dubois, 1937 :172).

Il existe aussi un autre débat entourant la mort de Chénier, soit sa sépulture. Selon Dubois (1937 :172), le corps de Chénier est jeté en terre le 17 décembre 1837, après trois journées d'exposition à l'auberge, enveloppé dans un drap et sans cercueil. Bien que l'on ne connaisse pas l'endroit exact de sa sépulture, on peut supposer qu'il est situé dans le cimetière des enfants morts sans baptême car suivant l'ordre de Mgr Lartigue, l'absolution est refusée aux patriotes qui meurent les armes à la main en plus de ne pouvoir être enterré dans un lieu saint. En mars de l'année suivante, sa veuve fait exhumer le cadavre de Chénier pour le jeter en terre de façon décente par les membres de sa famille (Grignon; 1995 : 24-25).

Marie-France Rochon

BERNARD, Jean-Pierre, Les Rébellions de 1837-1838 dans le Bas-Canada, Ottawa, Société historique du Canada, no 55, 1996, 41 p.; DAVID, Louis-David, Les Patriotes de 1837-1838, Montréal, Eusèbe Sénécal, 1884.; DUBOIS, Abbé Émile, Le feu de la Rivière-du-Chêne, Étude historique sur le mouvement insurrectionnel de 1837 au nord de Montréal, Saint-Jérôme, 1937.; FAUTEUX, Aegidius, Les Patriotes de 1837-1838, Les Éditions des dix, Montréal, 1950.; GRIGNON, Claude-Henri, Jean-Olivier Chénier, La Revue des Deux-Montagnes, numéro 2, Octobre 1995.; KYTE SENIOR, Elinor, Habits rouges et Patriotes, Éditions VLB, 1998, 311 pages.; ROCHON, Paul, 1837 (La Petite histoire des Patriotes), Montréal, Éd. Du Taureau, 1987: 241.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



Consulté 15550 fois depuis le 20 mai 2000
 Sophie  (18 janvier 2020)
Sur certains autres sites, je n'ai rien trouvé sur Jean-Olivier Chénier. Quand j'ai demandé l'aide de mon professeur, elle a découvert ce site et, donc je dis merci d'avoir reçu les informations dont j'avais besoin.
 Sophie  (18 janvier 2020)
Sur certains autres sites, je n'ai rien trouvé sur Jean-Olivier Chénier. Quand j'ai demandé l'aide de mon professeur, elle a découvert ce site et, donc je dis merci d'avoir reçu les informations dont j'avais besoin.

   Réagir ou compléter l'information

   

Le matériel sur ce site est soit original, soit libre de droit. Vous êtes invités à l'utiliser 
à condition d'en déclarer la provenance. © glaporte@cvm.qc.ca