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Les Patriotes de 1837@1838 - La bourgeoisie marchande
 ANALYSE 
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La bourgeoisie marchande
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




La bourgeoisie marchande constitue alors l'élite du milieu urbain. Elle est formée de Britanniques arrivés dès après la Conquête et enrichis par le commerce des fourrures puis du bois. L'histoire a retenu le nom de ces Écossais entreprenants et aventureux: Simon McTavish, Alexander McKenzie, John Molson (illustration ci-contre), James McGill qui rêvent de construire un empire commercial autour du fleuve Saint-Laurent mais qui n'ont aucun scrupule à traiter les Canadiens en peuple conquis. Les liens familiaux et amicaux voire ethniques occupent une place importante pour ces capitalistes audacieux, mais encore ni nombreux, ni fortunés avant 1800.

Dès la seconde génération toutefois, les fils de ces marchands sont bien établis et diversifient leurs activités dans le grand comme dans le petit commerce, le transport fluvial comme ferroviaire ainsi que dans le domaine bancaire. Ils pratiquent aussi une lucrative spéculation foncière, s'accaparant les terres découpées en Cantons en Estrie et les revendant à forts prix aux immigrants britanniques ou aux colons francophones. Ils sont enfin impliqués dans la politique coloniale où ils défendent farouchement le maintien du protectionnisme anglais et le lien colonial, source de leur richesse. Après 1850, ils sont les promoteurs de la Confédération et d'un développement économique basé sur l'industrie et le chemin de fer.

Essentiellement écossaise et anglaise, la bourgeoisie britannique vit à l'aise à Québec jusqu'en 1840 alors que les anglophones y forment environ 40% de la population. Après cette date, elle favorisera Montréal qui se développe plus vite et qui devient majoritairement anglophone de 1830 à 1865. Là, ils font construire de somptueuses demeures aux pieds du Mont-Royal.

Il est alors aisé à Montréal et Québec de constater la supériorité britannique dans à peu près tous les aspects de la vie sociale et économique. La minorité anglophone contrôle l'ensemble du commerce extérieur et la plus grande partie du secteur des banques, des transports et de l'industrie. Le contrôle des grandes entreprises leur permet ainsi de faire rayonner la culture anglaise partout dans la ville. La moitié des journaux et la plupart des théâtres sont en Anglais alors que l'Université McGill est fondée dès 1821. Alexis De Tocqueville écrit de Montréal en 1835 que la population n'est que française, et cependant lorsqu'on rencontre une auberge, ou un marchand, son enseigne est en anglais. La supériorité des Britanniques, évidente à Montréal et à Québec, s'affirme aussi à la campagne où ils achètent des seigneuries. On les y retrouve aussi comme marchand général, entrepreneur forestier, arpenteur et médecin.

Au poids économique et social s'ajoute le poids démographique. En 1840, la population anglophone du Bas-Canada atteint 150 000 âmes, soit le quart de la population totale, un sommet historique. La même année, la province anglaise du Haut-Canada est fusionnée avec le Bas-Canada, sur qui flotte depuis le spectre de l'assimilation. La bourgeoisie britannique peut alors croire, comme Lord Durham l'écrit dans son rapport, que le Québec doit avant longtemps se remplir d'une population anglaise, qui augmentera rapidement chaque année sa supériorité numérique sur les Français.

 

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