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Les Patriotes de 1837@1838 - L'Association de la Délivrance
 ANALYSE 
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L'Association de la Délivrance
Article diffusé depuis le 11-jan-2003
 




L’Association de la Délivrance est mise sur pied afin d’amasser des deniers populaires dans le but de rapatrier les exilés en Australie. Le projet de fondation de l’Association de la Délivrance apparaît dès 1842 dans les pages du journal La Minerve (ROY, 1974 :157). Cependant la campagne de financement s’opère véritablement en décembre 1843. Par exemple, La Minerve lance des appels : « Au peuple ! […] Hélas ! nous le savons tous, la guerre a fait de la plupart des malheureux exilés, des mandians ! Oui, de riches cultivateurs qu’ils étaient vivant dans une aisance ils sont devenus les pauvres d’entre nous. Leurs veuves, leurs orphelins, mangent le pain de la charité ! Ils ont peine à se vêtir, […] Toutes leurs propriétés sont détruites, et leurs biens confisqués […] Citoyens ! c’est à vous de les tirer de l’abîme. [ …] C’est une dette que vous leur devez […] (La Minerve, Lundi 18 décembre 1843).

La Minerve et les procès verbaux qui y sont publiés, en disent plus long sur la structure organisationnelle de l’Association de la Délivrance (voir particulièrement La Minerve du 28 décembre 1843). Dans les paroisses, ont lieu des assemblées publiques sur le même modèle que les assemblées patriotes, où l’on y nomme un président et un secrétaire. Ces assemblées ont pour but de former des comités paroissiaux de l’Association de la Délivrance. Ces comités sont à leurs tours composés d’un secrétaire et d’un président, ce dernier a la responsabilité de réunir les fonds et de les remettre au trésorier de l’Association de Montréal. De plus, les comités locaux comprennent un nombre illimité de membres responsables de la collecte des souscriptions. Selon Jean Monnet, le comité de Montréal est doté d’une équipe de jeunes professionnels parcourant la province pour rapporter les deniers amassés en région à Montréal. Cette équipe est dirigée par Amédée Papineau (MONET, 198 ? : 101). A Québec, le secrétaire est Pierre-Olivier Chauveau. A Montréal, le trésorier et secrétaire général est Edouard-Raymond Fabre, celui-ci est responsable à la fois de gérer l’argent amassé et de correspondre avec Londres.


Les comptes d’Edouard-Raymond Fabre (ANQ, Fond Jean-Louis Roy, P666), trésorier de l’Association de la Délivrance, ouvrent le 22 décembre 1843. Ils comprennent une liste détaillée des donateurs. Y figurent : des individus essentiellement des marchands et des hommes politiques, des institutions comme la Banque du peuple et le Séminaire St-Sulpice et enfin, s’y retrouvent aussi les divers comités paroissiaux de la province. Dès juin 1844, la somme de £2000 est amassée (BOISSERY, 1995 : 268-269). Le 20 juillet 1848, les comptes de Fabre indiquent un total de £2379 16s 2, alors que £1500 était le besoin estimé pour rapatrier les exilés. Selon La Minerve du 26 décembre 1843, les surplus iraient directement aux exilés sinistrés lors de la répression militaire, ce que les comptes confirment (ANQ, Fond Jean-Louis Roy, P666).

Malgré la générosité des donateurs, Fabre se retrouvera devant un problème de transport des fonds. Comment allaient-ils parvenir jusqu’en Australie ? Fabre fait appel a John Arthur Roebuck, député réformiste radical en Chambre des Communes à Londres qui s’avère une personnalité de premier plan dans le rapatriement des exilés. D’abord, Roebuck plaide à Lord Stanley, secrétaire au colonial office, d’accorder le pardon aux Canadiens exilés en Australie et d’aider le retour de ceux-ci au Canada. Des lettres de Chauveau et de Fabre parvenues à John Arthur Roebuck à Londres indiquent qu’ils lui demandent une avance sur les fonds déjà amassés (ANC, Fond Roebuck). Il obtient une avance de £400 qui servit à payer le voyage de retour à partir de Londres (LEPAILLEUR, 1998 : 362 et LANCTOT, 2001 : 64-65).

Les exilés ont dû débourser eux-mêmes leur billet de retour Sydney-Londres pour la somme de £13 15s (en ce qui concerne les 37 premiers à quitter l’Australie seulement). Cela explique pourquoi quelques déportés en Australie ne reviennent qu’en 1848. Ils sont tous remboursés par l’Association de la Délivrance à leur retour. Quant aux deux canadiens décédés à Sydney, l’Association versa aux veuves une somme de £25 (ANQ, Fond Jean-Louis Roy, P666).

Les comptes de l’Association de la Délivrance ferment le 20 juillet 1848.

Stéphanie Beaupied



ANC, Fond Roebuck MG 24 A19, Roebuck à Fabre le 30 novembre 1844 ; ANQ, ANQ, Fond Jean-Louis Roy, P666 ;

La Minerve ;

BOISSERY, Beverly, A Deep Sense of Wrong, ed. ?

LANCTOT, Hypolite, Souvenir d’un patriote exilé en Australie, 2001 :

LEPAILLEUR, F-M, Journal d’un patriote exilé en Australie, prés. par George Aubin éd. Septentrion, 1998.

MONET, Jacques, La première révolution tranquille, Fides, 198 ? ; ROY, Jean-Louis, Edouard-Raymond Fabre, Libraire et patriote canadien (1799-1854), Hurtubise, Montréal, 1974.

 

Recherche parmi 16 491 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



Consulté 3254 fois depuis le 11-jan-2003
 b. chevarie  (1 novembre 2006)
ils n`étaient pas tous des cons,petit baume sur une immense plaie.

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