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Les Patriotes de 1837@1838 - L'exil de Louis-Joseph Papineau (1837-1845)
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L'exil de Louis-Joseph Papineau (1837-1845)
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 


Le 10, rue de Courcelles, près du faubourg Saint-Honoré, à Paris. Après un bref séjour à l'hôtel Glasgow, c'est là que Louis Joseph Papineau passe le plus clair de son exil parisien, de 1839 à 1845.
PHOTO : Émile Grenier-Robillard


Vers la fin de 1837, les événements se bousculent au Bas-Canada. Le 16 novembre 1837, Gosford émet 26 mandats d'arrestation contre des chefs patriotes, dont Louis-Joseph Papineau (RUMILLY, 1977 : P.147). Neuf d'entre eux sont arrêtés dans les jours qui suivent. Papineau sait qu'il sera l'un des premiers à être pourchassé par la police (LACOURSIÈRE, 1996 : 347). Le 22 novembre, Wolfred Nelson aurait incité Papineau à se réfugier à Saint-Hyacinthe pour ne pas qu'il s'expose inutilement aux batailles ou qu'il ne se fasse arrêter. C'est finalement en apprenant la défaite de Saint-Charles que Papineau cède (LAMONDE, 2000 : 256) . L'exil de Papineau se divise en deux grandes périodes : de décembre 1837 à février 1839, aux Etats-Unis, et de mars 1839 à août 1845, à Paris (WHITE, 1983 : 1).

Louis-Joseph Papineau quitte le Bas-Canada avec Poulin, Ducharme et Fortin qui l'aident à faire le trajet et à passer la frontière afin d'entrer aux Etats-Unis par la Baie de Missisquoi en compagnie de E.B O'Callaghan (PAPINEAU, 1994 : 32). Ils arrivent aux Etats-Unis le 1er décembre 1837 où il se réfugie à Albany chez un ami James Porter, greffier à la chancellerie de l'État de New York (WHITE, 1983 : 19). Les débuts d'exil sont difficiles pour Papineau. Il reçoit des nouvelles souvent dépassées et de façon irrégulière (PAPINEAU, 1994 : 33). Presque tous les journaux l'accusent, car la presse patriote est alors supprimée. Le 1er janvier, son fils Amédée le retrouve à Middlebury et ils quittent aussitôt pour Saratoga sous les noms d'emprunts de Jean-Baptiste Fournier, père et fils (PAPINEAU, 1994 : 34). Ils poursuivent leur route jusqu'à Albany chez les Porter.

Papineau fait ensuite quelques voyages à New York et à Philadelphie sous le nom de M. Louis, que les Américains prononcent Lewis. En mars, il fait partir son fils Amédée pour Saratoga afin qu'il y poursuive ses études de droit. Louis-Joseph Papineau prend contact avec des gens influents sur qui il compte grandement dans son projet d'élaboration d'une république canadienne. Il se rend à Philadelphie chez le docteur Joseph-G. Nancrède, un ami d'enfance, puis à Washington pour sonder les américains. C'est alors qu'il apprend la décevante position de neutralité du gouvernement américain (RUMILLY, 1977 : 173).

Le 1er juin 1838, Amédée Papineau a la surprise de voir arriver sa mère, sa sœur Azélie, sa tante et le cousin Dessaules. Le 6 juin, Papineau retrouve sa femme et sa sœur à Saratoga et reprend alors son vrai nom (RUMILLY, 1977 : 174). Peu après, son père alors âgé de 86 ans vient le retrouver. Ce sera leur dernière rencontre puisque ce dernier s'éteint le 8 juillet 1841 (PAPINEAU, 1994 :37).

Revenu à Albany avec sa femme, sa fille Azélie et son fils Lactance, Louis-Joseph Papineau songe à partir pour la France afin d'obtenir de l'aide (RUMILLY, 1977 : 182). Papineau gagne New York accompagné du jeune Charles-Auguste Chaussegros de Léry, un ancien confrère de son fils Amédée et fils du patriote Louis-René (WHITE, 1983 : 29). Ils s'embarquent à New York le 8 février 1839 à bord du Sylvie-de-Grasse à destination du Havre puis de Paris. Louis-Joseph Papineau parvient au Havre le 5 mars où il doit demeurer quelques jours puisqu'il ne possède pas de réel passeport (WHITE, 1983 :41).

Papineau débarque finalement à Paris le 9 mars 1839. Il attire d'abord beaucoup la curiosité. Laffitte, ancien ministre, chef des libéraux et mécène, l'accueille chaleureusement (PAPINEAU, 1994 : 37). Il se lie bientôt d'amitié avec Lamennais, Guillemot et Béranger. Il séjourne d'abord à l'hôtel Glasgow, puis il s'installe au 10 de Courcelles près du faubourg Saint-Honoré. N'ayant pas de revenu depuis trois ans, il fait vendre les terrains qu'il possède à Montréal. Papineau assiste à des séances de la Chambre des députés et passe de longues heures à la Bibliothèque nationale. Le 1er mai, il fait paraître un article dans la Revue du Progrès intitulé Histoire de la Résistance du Canada au gouvernement anglais (WHITE, 1983 : 51). La suite de cet article paraît le 15 mai dans la Revue du Progrès. Sa brochure est un échec et se vend mal. Papineau est découragé (WHITE, 1983 : P.52).

Louis-Joseph Papineau suit de près la politique canadienne où de grands changements s'opèrent. Sanctionné en 1840 par le Parlement de Londres, c'est en février 1841, que l'Acte d'Union entre en vigueur au Canada (PAPINEAU, 1994 :38).

Louis-Joseph fait venir son fils Lactance à Paris afin qu'il étudie la médecine. Sa femme Julie et ses enfants Gustave, Ézilda et Azélie viennent le rejoindre en janvier 1843. Amédée demeure en Amérique pour poursuivre ses études en droit. La famille Papineau déménage, par raison d'économie, au 23 rue Monceau (PAPINEAU, 1994 : 38). La famille demeure réunie jusqu'en juin 1843, mais bientôt, Mme Papineau, nostalgique du pays et consciente de divers signes qui laissent espérer la fin prochaine de l'exil, décide de rentrer au Canada avec ses enfants (RUMILLY, 1977 : 206).

Grâce à LaFontaine et à ses efforts auprès de Sir Charles Metcalfe, l'amnistie est finalement accordée à Papineau (WHITE, 1983 : 75). Mais, ce dernier refuse de rentrer sans la garantie des traitements qu'on lui doit en arrérages. Aussi, il ne veut pas revenir sans les proscrits de 1838 qui ne sont toujours pas amnistiés. En janvier 1845, 38 exilés d'Australie rentrent au pays. En avril, la municipalité de Montréal restitue à la place de la Reine son ancien nom de place Papineau. Ces faits rassurent Papineau (RUMILLY, 1977 :211).

Au début de septembre 1845, après un court voyage en Italie, il s'embarque à Liverpool sur le Britannia et le 18 semptembre, il est à Boston (PAPINEAU, 1994 :39). Il rencontre son fils à Saratoga et arrive quelques jours après en terre canadienne en passant par Saint-Jean, où sa famille et ses amis le retrouvent. Il passe par Verchères, Saint-Hyacinthe, puis Montréal. Ces détours lui permettent d'éviter la réception triomphale qu'on lui réserve à Montréal. Comme sa maison est occupée par des locataires, il s'installe à l'hôtel avec sa famille. Beaucoup de gens lui rendent visite. À soixante ans, Louis-Joseph Papineau revient enfin au Canada.

Nathalie Dubois

 


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