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Les Patriotes de 1837@1838 - La vie des exilés en Australie
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La vie des exilés en Australie
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Longbottom est une péninsule située à quelques milles de la ville de Sydney (FILTEAU, 1980: 474 et BERGEVIN, 1991:18). Le 11 mars 1840, les exilés sont amenés au pénitencier de l'endroit. Il consiste en une cour fermée cerclée d'une caserne, d'un magasin, de quatre remises et d'une cuisine. Les prisonniers doivent demeurer à l'intérieur des murs sous peine de 50 coups de fouet et porter des fers aux pieds. Grâce aux pressions du Mgr Polding, les Canadiens en sont cependant dispensés (BERGEVIN, 1991:180). Les 58 Canadiens se voient confiés à un superviseur qui parle le français, nommé Harry Clinton Baddely, Lepailleur le décrit comme un homme sévère, mais juste (LEPAILLEUR, 1996:61). D'autres lettres de prisonniers expriment le même sentiment (BERGEVIN, 1991:19). Cependant Léandre Ducharme le dit "tyran" et "abusant de son pouvoir" (DUCHARME, 1974:39). Atteint de syphillis, Baddely devient impatient et imprévisible (LANCTOT, 1999:49). Joseph Marceau servira de cuisinier et de servant au surintendant Baddely jusqu'à la mort de ce dernier (LEPAILLEUR, 1996:213). Le 12 mars 1840, les canadiens reçoivent leurs habits de prisonniers étampées des lettres LB, pour "Longbottom barrack" (BOISSERY, 1995:209). Pendant 20 mois, les déportés serviront à construire la route Paramatta (aujourd'hui Parramatta Road). Chacun se voit confiée une tâche. Les frères Dumouchelle, les deux Thibert, Louis Turcot, Guimond, Languedoc et Mott ne font que décharger de la pierre. D'autres cassent de la pierre ou conduisent les bœufs. Ducharme se compte très chanceux de conduire les bœufs (DUCHARME, 1974:59). Les surveillants choisis parlent l'anglais : Charles Huot, le vieux Morin, Bouc et Lepailleur. Le Dr Newcomb sert de médecin et François Guertin et François-Xavier Prévost servent comme cuisiniers aux 58 bas-canadiens durant le séjour à Longbottom (LANCTOT, 1999:51). Après 8 à 9 mois de vie misérable, ils bénéficient d'une heure en moins de travail au chantier par jour en raison de leur bon comportement. Le surintendant Baddely les fait bientôt travailler pour son bénéfice personnel :"Il a fallut nous porter au silence de cette fraude par de petits privilèges." (DUCHARME, 1974:40). Cette situation leur permet d'obtenir du temps libre pour aller sur la baie y cueillir des coquillages servant à faire de la chaux qu'ils vendent aux bateliers pour se procurer un peu d'argent. En ce domaine, les spécialistes sont les Thibert, les Longtin, Joseph Laberge, Joseph Dumouchelle, joseph Paré, Charles Bergevin et Jérémie Rochon (BERGEVIN, 1991:23). Le dimanche, ils ont droit à la messe de Parramatta. Ils doivent cependant marcher sept milles en rang sous le commandement de Louis Bourdon, surveillant nommé par Baddely (BERGEVIN, 1991:24). Lors de la détention à Longbottom, deux Canadiens sont morts dont Gabriel-Ignace Chèvrefils, cultivateur de Sainte-Martine, âgé de 43 ans. Selon le Dr Newcomb, il est mort tenté d'une inflammation des intestins consécutive à l'inanition et un manque de nourriture depuis le départ du Canada. À quelques semaines d'intervalles, Louis Dumouchelle, 42 ans, qui souffrait de maux d'estomac, meurt d'hydropisie (PRIEUR, 1974:186-187).

La fin d'août 1841 annonce des temps meilleurs. Les prisonniers obtiennent une semi-liberté : ils sont loués afin de travailler pour un bourgeois qui doivent les loger et les nourrir. Lepailleur affirme qu'ils peuvent obtenir un salaire de 20 £ par an. L'entreprise ne s'avère pas un succès. L'Australie est en pleine crise économique ce qui rend les emplois rares (LEPAILLEUR, 1996:210). Les prisonniers changent souvent de maître ou sont retournés à Longbottom. Dans son journal, Lepailleur rapporte les allés et venus de ses compagnons. Au mois de janvier 1842, ils sont au nombre de dix à être loués (LEPAILLEUR, 1996:237).

Un mois plus tard, les Canadiens deviennent des "affranchis surveillés" et peuvent maintenant travailler pour eux. Plusieurs se retrouvent dans une pauvreté extrême, surtout les plus âgés. Les emplois sont rares. Lepailleur ne cesse de recenser le nom de ses pauvres compagnons s'étant fait volés ou n'ayant pas un sou pour se nourrir et se loger. Face à la rareté des emplois, dix canadiens deviennent autonomes en mettant sur pied un chantier canadien, à neuf milles de Sydney, sur une terre appartenant à un militaire retraité. Les uns travaillent à faire des lattes de bois, les autres à faire du bois de charpente. Un jour que Lepailleur va leur rendre visite, il constate la présence de Jean Laberge, les Thibert, Touchette et Buisson qui exercent leur métier de forgeron. Prieur, Ducharme, Langlois et Michel Alarie font des lattes. Aux dire de Prieur, l'entreprise permet à peine aux Canadiens de manger (PRIEUR, 1974:209). Cependant, les exilés passent du bon temps au "chantier canadien" : "Jusqu'à onze heures, notre conversation, entremêlés de chansons canadiennes, roula sur notre cher pays, sur les parents et les amis absents. Chacun pensa et parla de sa famille et de sa paroisse [...]" (PRIEUR, 1974:204). Bourdon aussi y était, avant de se sauver illégalement aux États-Unis à bord du baleinier français d'un M. Priest. Le seul d'ailleurs à tenter une telle entreprise passible d'emprisonnement et de perdre le droit de revenir au Canada.

Le groupe décide bientôt de délaisser le chantier pour un autre projet, cette fois-ci dans le tout jeune village d'Irish town (PRIEUR, 1974:216). François-Xavier Touchette et Jean-Marie Thibert fournissent le capital pour construire les établissements. En six jours, l'établissement qui servira d'épicerie, de boulangerie et d'atelier pour forgeron est construit. On y ajoute un four à pain, fabriqué à la méthode canadienne. M. Thibert y confectionne un pain ménage qui attire les foules (PRIEUR, 1974:217). Encore là, les résultats sont décevants, le four à pain rapporte un peu (PRIEUR, 1974:217).

Au printemps de 1844, tous les exilés obtiennent, progressivement, leur pardon et le droit de retourner au Canada (FILTEAU, 1980:275). Grâce à l'Association de la Délivrance, les exilés bénéficient de dons pour diminuer les coûts de transport. Cependant, ils doivent payer le billet jusqu'à Londres, car c'est John Arthur Roebuck qui possède l'argent provenant du Canada. Édouard-Raymond Fabre fait parvenir les dons à Roebuck en correspondant avec Hippolyte Lanctôt. Lepailleur affirme que le coût à défrayer pour Londres est de 13,15 £ (LEPAILLEUR, 1996:337). Au mois de juillet 1844, ils sont au nombre de 38 à prendre le bateau Achille en direction de Londres (LEPAILLEUR, 1996:338). Ceux-ci font une escale le 25 novembre 1844 à Londres, pour ensuite prendre le Switzerland vers New York. Le 18 janvier 1845, ils arrivent à Saint-Jean (BERGEVIN, 1991:29). Lepailleur nomme ses 15 compagnons qui doivent rester en Australie car il ne peuvent payer leur billet : Guimond, Trudel, Dr Newcomb, les deux Morin, Réné Pinsonneault, Languedoc, Marceau, Langlois, Bourbonnais, Bouc, Jérémie Rochon, Joseph Goyette, Gagnon et Prieur. Ceux-ci reviennent tous au Canada sauf Joseph Marceau qui se marie à Sydney (LEPAILLEUR, 1996:386-387). Les 5 derniers exilés qui arrivent au Canada en juin 1848 sont : Guimond, Trudel, Languedoc, Bourbonnais et Bouc (LEPAILLEUR, 1996:377-382-383-394).

Stéphanie Beaupied

 


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Consulté 5151 fois depuis le 19-mai-01
 Claude Fleury  (20 juin 2005)
J`ai des doutes sur cette phrase "Bourdon aussi y était, avant de se sauver illégalement aux États-Unis à bord du baleinier français d`un M. Priest". Il ne s`agit pas plutot de Brest et non de Priest. F-X Prieur parle de trois officiers français venant d`un balenier de Brest (port français, en Bretagne)
 Claude Fleury  (20 juin 2005)
J`ai des doutes sur cette phrase "Bourdon aussi y était, avant de se sauver illégalement aux États-Unis à bord du baleinier français d`un M. Priest". Il ne s`agit pas plutot de Brest et non de Priest. F-X Prieur parle de trois officiers français venant d`un balenier de Brest (port français, en Bretagne)

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