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Les Patriotes de 1837@1838 - Mill, John Stuart
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Mill, John Stuart
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Philosophe et économiste anglais, John Stuart Mill fut incontestablement l'intellectuel anglais le plus marquant de son époque. Très influencé par les théories utilitaristes de Bentham et de son père James Mill, il fait également la synthèse des théories empiristes, associationnistes et socialistes. Libéral avant-gardiste, il fut un partisan convaincu du libre-échange, de la démocratie parlementaire et d'un suffrage élargi (PIOTTE, 1999: 415-441). Comme nombre de ses contemporains, Mill s'intéresse de plus en plus à la politique coloniale à partir du début des années 1830. Il croit que l'Angleterre devrait accorder davantage d'autonomie à ses colonies, qui coûtent cher et qui rapportent peu. Mill est alors un intellectuel influent et respecté en Angleterre et a déjà publié quelques articles remarqués dans le Westminster Review. Il est également considéré comme le leader des Philosophics Radicals, un groupe d'intellectuels anglais influencés par les idées utilitaristes et libérales. Ils dénoncent le poids politique de l'aristocratie et réclament une démocratisation de la vie politique, ainsi que plusieurs réformes sociales (HAMBURGER, 1965 : 64-68).

La réforme électorale de 1832 permet l'émergence d'un groupe d'une trentaine de députés radicaux à la Chambre des Communes. Les Radicaux considèrent que le parti whig, dépourvu de base idéologique et philosophique repose sur un compromis politique ambigu entre les principes aristocratiques et populaires (OUELLET, 1980 : 291-294). Bien qu'ils appuient timidement les Whigs pour s'opposer aux Tories, les Radicaux les critiquent régulièrement puisqu'ils croient que le parti whig doit éventuellement disparaître au profit d'un nouveau parti politique radical-libéral défendant les intérêts du peuple. Mill rêvait de mettre sur pied un tel parti et croyait qu'il était le seul à bénéficer de l'influence nécessaire pour le faire (HAMBURGER, 1965 : 214-222). Durant les années 1830, Mill s'engage pleinement dans la création d'une faction parlementaire radicale pour y promouvoir ses idées notamment par le biais de la London and Westminster Review qu'il acquit en 1837.

Suite au dépôt des 92 Résolutions en 1834, plusieurs députés radicaux s'intéressent de plus en plus à la question canadienne, qu'ils analysent à travers le prisme de leur lutte, en évacuant toute dimension nationale ou ethnique. Pour eux, en Angleterre comme au Canada, le peuple et ses représentants s'opposent à l'aristocratie et aux marchands. Le fait que les députés radicaux s'opposent constamment au gouvernement whig de Melbourne sur la question canadienne contribue à leur aliéner l'appui des whigs progressistes et des libéraux (HAMBURGER, 1965 : 214-222). Divisés entre extrémistes et modérés, les Radicaux perdent des sièges au Parlement aux élections de juillet 1837. Graduellement, la plupart d'entre eux perdent espoir de voir la naissance d'un parti radical fort et organisé, mais pas Mill qui demeurait optimiste. Pour tenter de rallier tous les progressistes au sein d'un éventuel parti radical réorganisé, Mill prévoit publier en janvier 1838 un article dans le London and Westminster Review. Ayant appris la nouvelle de l'insurrection bas-canadienne en décembre 1837, Mill décide alors de remplacer son article par un autre portant sur la question canadienne, Radical Party and Canada. Il y souligne que la constitution du Bas-Canada a ouvertement été violée par un décret arbitraire dicté par un gouvernement irresponsable et inattentif. Mill défend la légitimité de la révolte des Patriotes et la respectabilité du leadership de Papineau (HAMBURGER, 1965 : 222-227). La question canadienne aggrava la scission du mouvement radical. Les parlementaires radicaux extrémistes se marginalisent en critiquant systématiquement les politiques du gouvernement à l'égard de la colonie, alors que l'ensemble des Réformistes et des Radicaux modérés les appuient. Mill tente de s'interposer entre les deux factions, puis, désespéré, réalise que son projet est voué à l'échec. Il demeure morose et profondément déprimé jusqu'en novembre 1838.

Le fait que Durham, le gouverneur du Bas-Canada, ait décidé d'exiler huit chefs patriotes aux Bermudes entraîna une sévère critique de l'ensemble des parlementaires britanniques, ceux-ci arguant qu'il avait outrepassé son autorité. La décision de Durham est désavouée et ce dernier démissionne le 25 septembre 1838. Comme Durham était un partisan radical modéré et qu'il était accompagné de deux amis radicaux, Wakefield et Buller, Mill imaginait que Durham, furieux contre le parti Whig, pourrait rallier, grâce à son prestige, tous les radicaux en devenant chef du nouveau parti politique (HAMBURGER, 1965 : 227-234). Extrêmement enthousiaste, Mill est convaincu que Durham acceptera sa proposition. Il publie donc en décembre un article intitulé Lord's Durham Return, etqui lui attira beaucoup de critiques de la part de certains radicaux extrémistes tels que Roebuck.

Durham revint en Angleterre le 7 décembre 1838 et Mill et plusieurs radicaux tentent alors de le sonder. Durham, prudent et peu pressé, garde ses distances. Les Radicaux étaient profondément divisés sur l'interprétation de la rébellion canadienne et sur les solutions à apporter. De plus, la plupart d'entre eux s'opposaient à l'idée de créer un nouveau parti. Souhaitant conserver son indépendance politique, Durham affirme son refus de coopérer avec les Radicaux. Désillusionné, Mill prend un certain temps avant de se résigner (HAMBURGER, 1965 : 234-241). Ne voyant plus d'avenir pour les Radicaux, Mill se désintéresse de la politique et se défait du London and Westminster Review. Après presqu'une décennie d'activité politique, le mouvement radical se divise progressivement puis s'éteint presque subitement, en particulier à cause des rébellions canadiennes (BURROUGHS, 1973: 90-91). Dès lors, Mill se consacre avec brio à la rédaction d'essais politiques tels The Principles of Political Economy, On Liberty et Utilitarianism.

Vincent Fontaine

 


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