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Les Patriotes de 1837@1838 - Knight, Ephraïm (1786- ?)
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Knight, Ephraïm (1786- ?)
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Né à Shrewsbury au Vermont le 27 février 1786, Ephraïm Knight s'installe dans les Cantons de l'Est avant la guerre de 1812. Il habite Saint-Armand vers 1810, puis Dunham, où il épouse Philinda Beeman à l'église anglicane du village le 23 décembre 1819 (Broadhurst, 1991 : 306). Il s'installe par la suite à Bedford et y pratique le commerce pendant un certain temps. Il possède également des intérêts dans un moulin et un hôtel à Pike River (rivière aux Brochets). Ephraïm Knight agit, pendant plusieurs années, à titre de bailli du district de Bedford et compte parmi les membres de la Masonic Select Surveyor's Lodge (plus tard appelée la Prevost Lodge) (Deschênes, 1993 : 400). Il est élu député du comté de Missisquoi en 1834 (Desjardins, 1902 : 149). En décembre 1837, un mandat d'arrestation est émis à son endroit pour haute trahison; il est emprisonné à Montréal du 5 au 11 janvier 1838 (Deschênes, 1993 : 400). En 1840, il crée avec son fils la Knight Homestead, une exploitation agricole installée entre Bedford et Stanbridge East. Il meurt le 3 février 1868 à Stanbridge (Deschênes, 1993 : 400).

Le parcours politique d'Ephraïm Knight a ceci de particulier qu'il a débuté du côté loyal avant de se tourner vers le mouvement patriote. En avril 1834, il est membre du comité formé à Frelighsburgh (Missisquoi) en vue d'obtenir des signatures pour l'adresse loyale des habitants de Montréal, présentée le 5 avril à l'assemblée des tories au Tattershall (Beaugrand-Champagne, 1990 : 47-48, 58). Il joint toutefois rapidement les rangs réformistes après l'élection de novembre 1834. Dès janvier 1835, il participe à un dîner public tenu à l'hôtel de John A. Brooks (Stanstead) qui rassemble plus de 500 personnes, dont Papineau, Viger, Perrault et O'Callaghan, les leaders réformistes des comtés avoisinants et des invités du Vermont et du New Hampshire (Beaugrand-Champagne, 1990 : 65-66). Organisé dans le but de réunir les réformistes de toutes origines, le souper marque le début de l'influence démocratique et républicaine des yeomen d'origine américaine au sein du mouvement réformiste (Beaugrand-Champagne, 1990 : 65-66).

Par la suite, Knight prend part à l'assemblée de Dunham Flat le 16 juillet 1835, où on vote une résolution destinée à le remercier l'assemblée pour sa conduite et le sérieux avec lequel il défend les principes de la réforme (Beaugrand-Champagne, 1990 : 74-76). Le discours que Knight prononce à cette occasion est largement décrié par James Moir Ferres, éditeur du Missiskoui Standard (journal tory radical), dans son édition du 25 août 1835, qui dit douter de la capacité du député à comprendre les enjeux politiques dont il traite. On vote à la même assemblée la formation de la Missiskoui Reform Association, selon les principes des associations de réforme de Montréal et de Québec (Beaugrand-Champagne, 1990 : 74-76).

À compter de l'automne 1835, Ephraïm Knight se trouve au centre d'un débat dont l'enjeu est l'emplacement du bureau de vote dans le comté de Missisquoi. En octobre, il entreprend de soumettre une pétition à la Chambre d'assemblée pour demander que le bureau de Frelighsburgh soit déplacé à Stanbridge East, malgré l'opposition du député tory du comté, William Baker (Frelighsburgh est le bastion tory du comté de Missisquoi). La question est étudiée au printemps 1836 par le Comité des privilèges et des élections. Ephraïm Knight change alors d'idée et propose plutôt d'installer le bureau à Bedford, proposition qui sera finalement acceptée. Le mouvement tory du comté s'empresse de dénoncer ce qu'il perçoit comme du favoritisme, Ephraïm Knight étant huissier de Bedford et propriétaire d'une taverne au village (Beaugrand-Champagne, 1990 : 81).

Le 22 février 1836, accompagné de Marcus Child, député de Stanstead, et de Jacob De Witt (Beauharnois), Knight présente une adresse au gouverneur rédigée à l'assemblée patriote de Stanbridge le 16 janvier précédent (Beaugrand-Champagne, 1990 : 86). En janvier 1837 cette fois, il est présent à Georgeville avec O'Callaghan et Perrault pour encourager les troupes réformistes et les candidats Marcus Child et Elias Lee, à l'occasion des élections partielles dans Stanstead. Les réformistes perdent tout de même un siège seuls Child et Knight défendent encore les couleurs du mouvement dans les Cantons de l'est (Beaugrand-Champagne, 1990 : 95-96). Enfin, le 4 juillet 1837, il assiste à l'assemblée anticoercitive organisée par les réformistes de Missisquoi à Stanbridge (Papineau, 1972 : 41). Lors de son intervention, il aborde la question de l'éducation et décrit la situation dans la colonie comme celle d'un conflit de classes qui perdurera tant que la constitution ne fera pas l'objet d'un changement radical (Beaugrand-Champagne, 1990 : 129-130, 148).

Le parcours d'Ephraïm Knight est donc assez singulier puisque d'abord d'allégeance tory, il change ensuite de camp, ce qui lui vaudra même d'être arrêté et emprisonné pour haute trahison. Son rôle dans la vie économique, sociale et politique du comté de Missisquoi ne fait pas de doute, comme en témoignent ses intérêts et ses activités. Il demeure en outre fidèle à la cause réformiste même après l'essoufflement et les revers du mouvement dans la région à compter de l'hiver 1836, alors que les changements de camp se font plutôt vers les rangs loyaux (Beaugrand-Champagne, 1990 : 107).

Nathalie Mailhot

 


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