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Les Patriotes de 1837@1838 - Sabrevois de Bleury, Clément (1798-1862)
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Sabrevois de Bleury, Clément (1798-1862)
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Sabrevois de Bleury est né à William Henry (aujourd'hui Sorel) au Québec. Il est le fils cadet de Clément Sabrevois de Bleury, militaire, et d'Amélia Bowers, fille d'un officier (DCB, IX : 768). Il est élevé dans un milieu conservateur et anglican où les valeurs véhiculées sont les intérêts de l'empire britannique et l'asservissement au roi. De 1809 à 1815 il fait ses études au collège de Montréal, étudie ensuite le droit puis est admis au barreau en novembre 1819 (DCB, IX : 769). Il charme rapidement la haute société, par son élégance et le raffinement de ses manières. Avocat brillant, il a hérité de ses antécédents familiaux l'habileté des armes : durant plus de vingt ans il gravit les échelons, étant tour à tour nommé lieutenant du troisième bataillon de la milice de Montréal (29 janvier 1825), promu capitaine dans les Chasseurs canadiens (24 novembre 1830), devient major (22 avril 1838), puis endosse le titre de lieutenant-colonel commandant des Montreal Riffles, le 7 juillet 1848 (DCB, IX : 769).

À Montréal, éloigné de sa famille et débutant sa carrière d'avocat, Bleury est entouré de gens aux idéologies libérales. Il s'identifie peu à peu à la cause des patriotes et pose sa candidature en juillet 1832 dans la circonscription de Richelieu, à la suite de la démission de François-Roch de Saint-Ours (DCB, IX :769). Sa jeunesse, sa brillante réputation et le soutien que lui accorde le Parti patriote ne sont pas à négliger : le 8 août de la même année, Sabrevois de Bleury est élu sans adversaire. Sabrevois de Bleury se range du côté de Papineau, l'appuyant lors de l'expulsion de Dominique Mondelet en 1832 et lors de la déposition des Quatre-vingt-douze Résolutions en 1834 (DCB, IX :769). Cependant, il ne tarde pas à lui tourner le dos : comme plusieurs autres députés, Sabrevois de Bleury croyait que la stratégie politique allait vaincre des réticences de l'Angleterre. La perspective d'une résistance armée apparaît dès 1835, alors qu'au sein même du parti les divisions se font de plus en plus fréquentes. Lorsqu'en réponse au discours du trône on réaffirme les positions radicales du parti (DCB, IX : 769), la crise éclate. D'importants leaders de la seconde génération des patriotes quittent définitivement Papineau, dont Sabrevois de Bleury qui suit les chemins qu'ont déjà empruntés John Neilson, Andrew Stuart et Dominique Debartzch. Plusieurs d'entre eux vont se rallier aux propos plus modérés d'Elzéar Bédard, qui a pourtant contribué aux Quatre-vingt-douze Résolutions. Les transfuges qui ont abandonné la cause du parti Patriote ont été les cibles des assemblées (12erésolution de l'Assemblée de Saint-Ours (La Minerve, 11 mai 1837)et manifestations patriotiques , telle celle de 1837 à Saint-Denis, où les patriotes ont pendu en effigie le gouverneur Gosford et les

" célèbres girouettes " (Greer, 1997 :258)Dominique Debartzch, Charles Roch de Saint-Ours et Clément-Charles Sabrevois de Bleury. Ce dernier est aussi constamment harcelé et tourné en dérision par la presse patriote radicale, telle La Minerve. Toutefois, ses réponses sont dignes de sa réputation d'homme " raffiné " : en 1836, il convoque en duel deux dirigeants radicaux (Greer, 1997 : 258), Ludger Duvernay et Charles-Ovide Perreault (DBC, IX :769). Alors que les rébellions se font éminentes, il fonde en collaboration avec Léon Gosselin Le Populaire, journal anti-révolutionnaire qui préconise la modération . La rupture est totale lorsque Sabrevois de Bleury accepte la vice-présidence d'une assemblée loyaliste, le 6 juillet 1837 (DCB, IX :769). Il devient membre du Conseil législatif le 22 août 1837 et le reste jusqu'à sa dissolution en 1838.

Par la suite, Sabrevois de Bleury s'identifie davantage au camp des tories britanniques montréalais qu'à l'élite révolutionnaire ou libérale. Seigneur d'une partie de Boucherville, il s'y fait construire un manoir où il étale une vie rangé, de haute société, fréquentant la noblesse et la bourgeoisie anglophone (DCB, IX :769). Il n'abandonne pas la vie politique, mais ses apparitions se font plus rares et moins éclatantes. Il est pourtant l'auteur d'un pamphlet qui a eu un important retentissement à l'époque. Papineau tente en 1839 d'expliquer et de justifier ses actes dans son "Histoire de l'insurrection du Canada ", paru dans un hebdomadaire français alors qu'il est toujours déporté (DCB, IX :769). Sabrevois de Bleury lui répond dans sa Réfutation de l'écrit de Papineau qu'il est en fait l'unique responsable des mises à mort et humiliation du peuple canadien-français, qu'il n'a qu'un choix à faire : " ou dire /.../[qu'il fût] le plus infirme de tous les conspirateurs, ou avouer /.../[qu'il avait] " prévu la résistance armée " ". Sa réponse vindicative réfute d'un trait enflammé la déresponsabilisation que Papineau défendait : c'est davantage un combat personnel qui est mis à jour. Par la suite, il occupera divers postes politiques, dont celui de député du comté de Montréal, jusqu'en 1854, où il essuie le plus grand échec de l'histoire politique canadienne, alors qu'il ne récolte pas même une voix aux élections de la circonscription de Laval (DCB, IX :770).

Claudine Nolin

 


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