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Les Patriotes de 1837@1838 - Débat en Chambre à propos des 92 Résolutions (1834)
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Débat en Chambre à propos des 92 Résolutions (1834)

                Article diffusé depuis le 20 mai 2000

 



Aussitôt déposées... la Chambre, les résolutions déclenchent un "ouragan" qui secouera pendant cinq jours les passions des députés réunis d'abord en comité plénier. D'un côté, les radicaux du Parti patriote épris d'une soif de liberté et de contestation qu'alimente Papineau, vedette incontestable du débat, qui les éblouit pendant sa virulente harangue, longue de trois heures. De l'autre, les bureaucrates et des patriotes modérés qui, tel John Neilson, se séparent des radicaux car ils craignent les implications d'un texte parfois extravagant et contradictoire.

Papineau l'emporte par 56 voix contre 24. Du coup, les résolutions deviennent le programme des patriotes, un véritable "évangile national", source du grand triomphe électoral de 1834. Mais elles appellent la réponse du gouvernement britannique: ce seront les résolutions Russell de 1837 qui les rejetteront. L'élan patriotique se transforme alors en drame révolutionnaire.

Étude des résolutions en comité plénier

18 février 1834

M. LOUIS-JOSEPH PAPINEAU (Montréal-Ouest): [...] Chacun de nous doit être aujourd'hui accusateur, si l'amour du pays nous anime: chacun de nous doit être prêt... soutenir les accusations portées par l'hon. moteur, ou prêt... dire que l'exécutif a sa confiance, et que le conseil législatif lui parait bien constitué. C'est sur cette question que nous devons être prêts... décider,... tout blâmer ou... tout approuver,... dire que tout est bien ou que tout est malé sans nous occuper ni voir ce que pensent, ce que méditent, ce que se proposent d'autres autorités. C'est sur notre honneur et notre conscience seuls que nous avons... répondre de notre détermination [...] Nous devons sentir, tout le monde doit sentir que la forme de notre gouvernement est vicieuse, et nos administrations fautives [...]

Si cette chambre n'est pas la force du pays, elle la représente, elle l'exprime. La vérité pénÈtrera enfin. L'Exécutif est convaincu que nos accusations seront appuyées par le peuple. Il doit savoir aussi qu'une faction et une fraction sont la même chose, et que la cabale commerciale, qui prétend tout régir ici, n'est pas la force de ce pays. La force des évÈnemens dans cette province a porté la conviction, que les voeux de la masse de la population doivent être suivis; et je ne crois pas... ceux qui ont dit d'avance qu'on oserait nous dissoudre. Nous avons... examiner, si aujourd'hui nous ne sommes pas rendus... cette époque qu'il faut que la premisre magistrature de l'état recouvre le respect qu'elle a perdu et que l'honneur, la fortune, la liberté et l'existence du peuple soient mises en s-reté, ou se résoudre... voir tomber l'un au dernier dégré d'avilissement, et l'autre s'emporter... des excÈs. Oui, je le crois, nous en sommes venus... ce jour.

Il y a de la honte, de l'infamie... ceux qui commettent des commissions sous un gouvernement, qui les met en opposition avec lois, et en lutte avec le peuple et ses représentans. Quelques-uns semblent entrer dans cette mesure avec trop d'alarme et s'imaginer qu'il faut des nerfs de fer pour se soutenir dans cette époque importante: Ce n'est pas un état nouveau pour la Province que cet abus de pouvoir; c'est une habitude... la quelle on est presque formé. Depuis la cession du pays jusqu'en 1792, des gouverneurs Militaires, tel que le Général Murray, ont pu maintenir contre les Canadiens l'orgeuil et les jalousies de la partie de la petite population anglaise, de gens qui se disaient les conquérans du Pays, et qui ni étaient que les vivandiers de l'armée [...]

[...] A cette époque, c'était des hommes qui réclamaient leurs droits comme hommes, et comme sujets britanniques. On reconnut qu'il y avait des principes conformes au droit des gens, qu'on ne pouvait violer; qu'il y avait dans le Canada une population, qui avait des lois, une religion, une langue, des moeurs et des institutions qui devaient lui être consacrées; on fit des représentations en Angleterre, appuyées par le peuple, et dans un temps, o- les canadiens n'étaient guÈre instruits du droit public et politique, au milieu du mouvement et de l'agitation de la population des Etats-Unis pour résister... l'oppression de la métropole, on ne craignit pas de demander des réformes, et on les obtint. La suite de ces démarches fut l'acte de Québec, tout vicieux, tout imparfait qu'il était, et qui a été le sujet de tant de plaintes qui fut donné alors parce qu'il parut conforme au voeu général [...]

[...] La source des mêmes abus se trouve encore dans la circonstance, qu'un gouverneur, appuyé par une branche de la Législature, peut toujours faire le bien de ses favoris, d'hommes qui eux-mêmes peuvent faire la fortune des gouverneurs. Il me semble qu'il n'y a rien de plus bas que la noblesse anglaise, qui nous vient dans ce pays, tant elle aime les places, tant elle aime l'argent. Quand je pense qu'un duc de Richmond, qui avait commandé l'ILande en qualité de vice-roi, o- un sentiment d'orgueil national l'environnait tous les jours, au milieu de Dublin, de la pompe et de l'éclat de la Royauté, et que cet homme, aprÈs avoir abandonné, ce théâtre brillant, s'en vint ici pour réparer les débris de sa fortune; et qu'il eut pour successeur par un autre noble, qui venait aussi gagner de quoi réparer son vieux château délabré: je commence... douter de ce grand désintéressement de la noblesse anglaise. Des hommes de cette trempe, qui ne sont ici que pour s'enrichir, et qui trouvent des conseillers, qui sont aussi receveurs généraux, et prêts... prendre l'argent, tous se passant les uns les autres des actes frauduleux pour se soustraire... leurs créanciers, de tels hommes veulent des hommes de leur trempe et de leur pâte, qui diront que tout est bien, que tout est bon, puisqu'ils en profitent. C'est un ordre de choses qui a régné et qui rÈgne encore plus que jamais.

Il n'y a jamais eu d'administration plus ignorante et plus méprisée que celle d'aujourd'hui. Et, je le demande, quel est le plus faible des gouvernemens, celui qui s'est attiré la baisse, ou plutôt celui qui est tombé dans le mépris. Des chansons peuvent autant contre lui que des boulets et des épées [...] Il est certain qu'avant un temps bien éloigné, toute l'Amérique doit être républicaine. Dans l'intervalle, un changement dans notre constitution, s'il en faut, doit-il être en vue de cette considération? et est-il criminel de le demander? Les membres de cette chambre en sont redevables... leurs constituants comme d'un devoir sacré, et, quand bien même le soldat devrait les égorger, ils ne doivent pas hésiter... le faire, s'ils y voient le bien de leur pays [...]

C'est passé en principe que le conseil veut tout ce que l'exécutif veut. Cet abus exige absolument une réforme. Quel est le moyen de la faire? Est-ce de donner encore au gouverneur le pouvoir de choisir les conseillers, aprÈs un outrage aussi sanglant fait... ce pays, en y appelant ces étrangers, comme s'il ne s'était trouvé personne dans ce pays pour remplir cette place. Mais il a trouvé dans le coeur de ces gens, bien indignes du rang qu'ils occupent, des sentimens conformes aux siens. Que ceux qui n'ont rien de Canadiens, qui ne savent pas ce qui est juste et équitable; que cette vile faction s'attache... ses doctrines; qu'elle nous menace, elle ne nous fera pas fléchir. Qu'elle nous dise qu'elle nous déteste, qu'elle nous hait: nous lui répondrons que nous nous en réjouissons, et que nous la hairons encore d'avantage. Mais il faut changer cet état malheureux de choses, sans dérouler le tableau des dangers frivoles qu'on prétend y voir. Il n'y a rien... craindre pour ceux qui veulent le bien, dans ce siscle, et... la porte des Etats-Unis. Ce sont aux auteurs de nos maux,... les dévorer,... les avaler eux-mêmes. Nous ne devons pas concourir dans leurs odieux projets; ils voudraient nous faire pendre, ou nous faire égorger, s'ils pouvaient. Ils nous ont reproché jusqu'... notre langue [...]

Je crois que ceux qui ont voté l'année dernisre contre un conseil électif, conviendront cette année que c'est le seul moyen de sortir de l'embarras; et qu'ils s'étaient mépris, quand ils comptaient sur de bons choix. Il est clair qu'ils devront être mauvais, parceque ceux qui ont le pouvoir seront toujours portés... en abuser, et que les probabilités sont de 99 contre un que l'Exécutif fera comme il a toujours fait. Aujourd'hui que toute confiance sous ce rapport est détruite, il nous faut donc chercher dans de nouvelles constitutions politiques un remÈde, qui puisse calmer les mécontentemens. L'Angleterre ne pourra pas trouver notre demande étrange, quand elle est appuyée sur des idées de ses plus grands hommes d'Etat; et que pour la premisre fois on a osé nous faire des menaces. La chambre est un théâtre assez élevé, pour que la vérité se fasse connaŒtre; et qu'une poignée d'hommes du pouvoir ne puisse étouffer les plaintes et les remontrances de tout un peuple et empêcher des remÈdes qui mettront fin... nos maux, et feront de tous les colons un peuple de frÈres, et leur donneront des motifs de se lier ensemble [...]

Les privilÈges, les haines et les antipathies nationales, tout cela sera détruit. La législature au lieu de s'occuper d'accusations et de débats politiques, n'aura en vue que des objets de législation utile. Le but et l'ambition de tout sera le bien commun. En finissant, je rappellerai aux membres que l'acte de 1791 ne fut qu'un essai de M. Pitt, et que malheureusement cet essai a été funeste.

Source: Le Canadien, 21 février 1834, p. 2 et 24 février 1834, p. 1-2.

M. BARTHOLOMEW CONRAD AUGUSTUS GUGY (Sherbrooke): [...] Une foule d'accusations vagues et hazardées, une multitude d'expressions peu mesurées et injurieuses, l'exagération dans les sentimens, les erreurs dans les faits, qui se trouvent dans le discours de l'hon. Orateur, me forcent d'élever ici la voix, et de lui répondre. Je n'entreprendrai pas de le suivre dans toute cette longue chaine d'argumentations, soignées et travaillées depuis longtemps, renfermant une foule immense de considérations, dont les unes, pour lui rendre justice, sont vraies et lumineuses, et beaucoup d'autres pernicieuses et désorganisatrices. Je n'entrerai pas non plus sur le mérite des résolutions. Au moment qu'il a commencé son discours, j'étais dans une chambre de comité, lisant les résolutions, et peu s'en est fallu que je n'aie eu la satisfaction de l'entendre. Au moment même o- je vous adresse, M. le Président, je ne les ai pas encore toutes lues, ces résolutions, en sorte que je ne puis pas même dire positivement si je voterai pour ou contre. Mais il y en a une ou deux que je dois signaler, et qui ne rencontreront jamais mon appui. Elles contiennent des doctrines nouvelles pour ce pays, et qui lui deviendront fatales. D'aprÈs ce que j'avais lu de menaces et de déclamations, dans les papiers publics, je me doutais que les résolutions seraient violentes, emportées, énergiques, mais je ne croyais pas qu'elles le seraient jusqu'... la démence et l'exaspération. Dans la 49me et 50me résolutions il est clairement expliqué que, si l'on ne veut pas faire comme on le demande, on veut la guerre, et l'on en appelle aux Etats-Unis. Il est vrai, il y a des guerres de toutes sortes: il y a des guerres de boulets et des guerres de paroles. Si l'on ne veut paLer que de ces dernisres, on aurait d- nous l'expliquer [...]

Il est un fait que tout le monde connait, un fait qui nous a tous affligés, et dont l'hon. Orateur a su tirer un si grand parti pour émouvoir les passions, je veux paLer du 21 Mai. Je demande... ceux qui viennent d'entendre cette philippique enflammatoire, que si M. Papineau est aussi violent... Montréal, qu'il l'est... Québec, est-il bien difficile de s'expliquer le 21 Mai? Je dirai que les passions d'un homme qui croit que tout est fait pour lui, que le soleil et la lune ne fussent que pour lui, sont dangereuses et funestes. On nous paLe de la confusion mise dans nos lois, et pour cela on veut tout bouleverser. On crie contre les menaces et le ton du Secrétaire Colonialé M. Stanley, et qu'est cela auprÈs des discours de M. Papineau, et de résolutions qui comportent la menace de se joindre aux Etats-Unis?

On me dira peut-être, vous ne comprenez pas encore ces résolutions. Il est vrai, je n'ai malheureusement pas les moyens de l'hon. Orateur, et de ses amis qui les travaillent depuis bien longtemps. Elles ne m'ont pas couté tant de veilles qu'... eux. Néanmoins j'ai mes affections dans ce pays. Par mon travail j'ai gagné une honnête fortune, je me suis rendu indépendant, et plus indépendant que ces patriotes mendians, qui font métier de politique et vivent de patriotisme. Mes services toutefois sont moins grands que les leurs, mais aussi ils sont moins bien payés. Cependant ces résolutions, qu'ils nous présentent comme le fruit de tant de recherches, sont un chef d'oeuvre de démence. Les Canadiens j'en conviens, sont vertueux, loyaux: mais que deviendra leur vertu, si de telles mesures, proposées par des têtes chaudes, précipitent le pays dans une lutte avec l'Angleterre [...]

Les Canadiens d'origine française ne sont pas les seuls toute fois. Je conviens qu'ils sont vertueux, je leur donne ce qui leur appartient, je suis prêt... prendre leur défense dans les occasions; mais je ne crois pas que je doive être en butte... la persécution, si j'ose croire que tous ceux, qui ne pensent pas comme l'hon. Orateur, ont des droits comme habitans de ce pays. Je le répÈte, les Canadiens ne sont pas les seuls dans cette colonie, et moi-même je ne suis pas Canadien, si l'on restreint ce nom... ceux qui sont d'origine française. Mais c'est une idée de distinction qui n'entre pas même dans la tête des habitans de nos [...] paisibles campagnes. C'est une idée de trouble et de dissension qui n'est née que dans cette Chambre [...]

Quant... la constitution, je conviens aussi qu'il faut une réforme, mais sans précipitation, sans l'étourderie de la jeunesse, avec réflexion et prudence. Mais la suite de ces résolutions incendiaires, sera qu'on n'en aura point du tout. Le systÈme proposé tournera peut-être... l'avantage de son auteur, et voil... tout. Peut-être même le systÈme électif pourrait être bon, vu que la corruption est rare dans nos élections. Mais n'est-il pas contradictoire avec les institutions de la MÈre Patrie? Nous avons aujourd'hui entre les mains une dépêche, que j'ai prédite, au sujet des résolutions de l'année dernisre, contre lesquelles a voté l'hon. membre pour le comté de Montmorency, qui vient lui-même aujourd'hui avec des propositions dans le même sens.

Cette dépêche, dit-on, contient de dures menaces. Qu'avons nous fait de notre côté nous qui avons refusé ce que nous offrait le Roi par la dépêche du Lord Goderich? Toutefois je suis persuadé que le Conseil Electif aurait ses inconvéniens. Dans un pays o- l'on voit l'Orateur d'une des branches de la Législature en appeller si souvent aux passions, et o- se trouve une majorité des habitans d'origine française, si le Conseil était électif, qu'est-ce qui représenterait nos co-sujets qui viennent d'Angleterre, qui ont les mêmes droits que nous et sont Canadiens comme nous? On aurait un Conseil et une chambre, qui seraient mus par les mêmes sentimens, par des sentimens comme ceux déj... énoncés quand on... fait un crime a un fonctionnaire public trÈs respectable d'avoir un nom Anglais, et pour cette raison le destituer.

Quelle confiance pourrait avoir une partie de la population dans deux corps ainsi constitués? [...] Peut-être les Anglais, peu nombreux, seraient-ils abattus? Peut-être aussi, excités par les expressions que l'on emploierait contre eux, les verrait-on se roidir et [...] la majorité de les écraser [...] Je ne vois pas dans le Conseil un corps qui soit un opprobre, mais qui a servi et servira bien des fois d'échec... l'effervescence des passions qui rÈgne quelquefois dans cette chambre. Si les Rois ont leurs flatteurs, les peuples ont aussi les leurs. N'est-ce pas une flatterie, faite au peuple, que de chercher... lui donner des institutions plus démocratiques que les nôtres? Ces flatteurs du peuple veulent lui faire croire qu'il est malheureux quand il est heureux. Ce sont des flatteurs de mauvaise foi, qui le perdent; ce sont des gens qui font métier de politique pour leur propre intérêt, et qui n'ont en vue que leur agrandissement personnel [...]

Source: Le Canadien, 26 février 1834, p. 1.

M. ELZAR BDARD (Montmorency): [...] Nous ne disions rien autre chose... l'Angleterre, que nous voulons une réforme, et que si elle doute que ce soit les voeux du peuple, qu'elle en appelle... lui. On rejette une ou deux résolutions comme contenant des idées de républicanisme; on nous accuse de vouloir faire des distinctions nationales, et inonder le pays de sang pour soutenir nos propositions; et en preuve de ces allégués, on cite la 49e et la 50e résolutions. Or je le demande, n'expriment-elles pas ce qui est senti par tout le pays. La dépêche de M. Stanley menace de porter atteinte... nos droits. Faut-il nous soumettre aveuglément, ou bien prendre une position ferme et libre, et lui dire qu'il ne trouvera pas parmi nous des hommes prêts... porter son joug; ni... être ses jouets et ses instrumens? Il vaut mieux que ce soit M. Stanley, qui nous ôte notre liberté, plutôt que de consentir nous... la lui abandonner [...]

Nous devons rappeller... l'Angleterre qu'il est un temps o- les colonies deviennent majeures, et doivent se gouverner elles-mêmes: c'est même un principe qu'on y a reconnu. Toutefois on peut éloigner pour nous cette époque, en nous donnant un bon gouvernement. C'est pour cette fin que nous demandons une réforme; et quand il faudra nous séparer de la mÈre patrie, pour devenir ses alliés, nous pourrons le faire sans efforts et sans boulets [...]

Source: Le Canadien, 26 février 1834, p. 1.

tude des résolutions en comité plénier

18 février 1834

M. LOUIS-JOSEPH PAPINEAU (Montréal-Ouest): [...] Chacun de nous doit être aujourd'hui accusateur, si l'amour du pays nous anime: chacun de nous doit être prêt... soutenir les accusations portées par l'hon. moteur, ou prêt... dire que l'exécutif a sa confiance, et que le conseil législatif lui parait bien constitué. C'est sur cette question que nous devons être prêts... décider,... tout blâmer ou... tout approuver,... dire que tout est bien ou que tout est malé sans nous occuper ni voir ce que pensent, ce que méditent, ce que se proposent d'autres autorités. C'est sur notre honneur et notre conscience seuls que nous avons... répondre de notre détermination [...] Nous devons sentir, tout le monde doit sentir que la forme de notre gouvernement est vicieuse, et nos administrations fautives [...]

Si cette chambre n'est pas la force du pays, elle la représente, elle l'exprime. La vérité pénÈtrera enfin. L'Exécutif est convaincu que nos accusations seront appuyées par le peuple. Il doit savoir aussi qu'une faction et une fraction sont la même chose, et que la cabale commerciale, qui prétend tout régir ici, n'est pas la force de ce pays. La force des évÈnemens dans cette province a porté la conviction, que les voeux de la masse de la population doivent être suivis; et je ne crois pas... ceux qui ont dit d'avance qu'on oserait nous dissoudre. Nous avons... examiner, si aujourd'hui nous ne sommes pas rendus... cette époque qu'il faut que la premisre magistrature de l'état recouvre le respect qu'elle a perdu et que l'honneur, la fortune, la liberté et l'existence du peuple soient mises en s-reté, ou se résoudre... voir tomber l'un au dernier dégré d'avilissement, et l'autre s'emporter... des excÈs. Oui, je le crois, nous en sommes venus... ce jour.

Il y a de la honte, de l'infamie... ceux qui commettent des commissions sous un gouvernement, qui les met en opposition avec lois, et en lutte avec le peuple et ses représentans. Quelques-uns semblent entrer dans cette mesure avec trop d'alarme et s'imaginer qu'il faut des nerfs de fer pour se soutenir dans cette époque importante: Ce n'est pas un état nouveau pour la Province que cet abus de pouvoir; c'est une habitude... la quelle on est presque formé. Depuis la cession du pays jusqu'en 1792, des gouverneurs Militaires, tel que le Général Murray, ont pu maintenir contre les Canadiens l'orgeuil et les jalousies de la partie de la petite population anglaise, de gens qui se disaient les conquérans du Pays, et qui ni étaient que les vivandiers de l'armée [...]

[...] A cette époque, c'était des hommes qui réclamaient leurs droits comme hommes, et comme sujets britanniques. On reconnut qu'il y avait des principes conformes au droit des gens, qu'on ne pouvait violer; qu'il y avait dans le Canada une population, qui avait des lois, une religion, une langue, des moeurs et des institutions qui devaient lui être consacrées; on fit des représentations en Angleterre, appuyées par le peuple, et dans un temps, o- les canadiens n'étaient guÈre instruits du droit public et politique, au milieu du mouvement et de l'agitation de la population des Etats-Unis pour résister... l'oppression de la métropole, on ne craignit pas de demander des réformes, et on les obtint. La suite de ces démarches fut l'acte de Québec, tout vicieux, tout imparfait qu'il était, et qui a été le sujet de tant de plaintes qui fut donné alors parce qu'il parut conforme au voeu général [...]

[...] La source des mêmes abus se trouve encore dans la circonstance, qu'un gouverneur, appuyé par une branche de la Législature, peut toujours faire le bien de ses favoris, d'hommes qui eux-mêmes peuvent faire la fortune des gouverneurs. Il me semble qu'il n'y a rien de plus bas que la noblesse anglaise, qui nous vient dans ce pays, tant elle aime les places, tant elle aime l'argent. Quand je pense qu'un duc de Richmond, qui avait commandé l'ILande en qualité de vice-roi, o- un sentiment d'orgueil national l'environnait tous les jours, au milieu de Dublin, de la pompe et de l'éclat de la Royauté, et que cet homme, aprÈs avoir abandonné, ce théâtre brillant, s'en vint ici pour réparer les débris de sa fortune; et qu'il eut pour successeur par un autre noble, qui venait aussi gagner de quoi réparer son vieux château délabré: je commence... douter de ce grand désintéressement de la noblesse anglaise. Des hommes de cette trempe, qui ne sont ici que pour s'enrichir, et qui trouvent des conseillers, qui sont aussi receveurs généraux, et prêts... prendre l'argent, tous se passant les uns les autres des actes frauduleux pour se soustraire... leurs créanciers, de tels hommes veulent des hommes de leur trempe et de leur pâte, qui diront que tout est bien, que tout est bon, puisqu'ils en profitent. C'est un ordre de choses qui a régné et qui rÈgne encore plus que jamais. Il n'y a jamais eu d'administration plus ignorante et plus méprisée que celle d'aujourd'hui. Et, je le demande, quel est le plus faible des gouvernemens, celui qui s'est attiré la baisse, ou plutôt celui qui est tombé dans le mépris. Des chansons peuvent autant contre lui que des boulets et des épées [...] Il est certain qu'avant un temps bien éloigné, toute l'Amérique doit être républicaine. Dans l'intervalle, un changement dans notre constitution, s'il en faut, doit-il être en vue de cette considération? et est-il criminel de le demander? Les membres de cette chambre en sont redevables... leurs constituants comme d'un devoir sacré, et, quand bien même le soldat devrait les égorger, ils ne doivent pas hésiter... le faire, s'ils y voient le bien de leur pays [...]

C'est passé en principe que le conseil veut tout ce que l'exécutif veut. Cet abus exige absolument une réforme. Quel est le moyen de la faire? Est-ce de donner encore au gouverneur le pouvoir de choisir les conseillers, aprÈs un outrage aussi sanglant fait... ce pays, en y appelant ces étrangers, comme s'il ne s'était trouvé personne dans ce pays pour remplir cette place. Mais il a trouvé dans le coeur de ces gens, bien indignes du rang qu'ils occupent, des sentimens conformes aux siens. Que ceux qui n'ont rien de Canadiens, qui ne savent pas ce qui est juste et équitable; que cette vile faction s'attache... ses doctrines; qu'elle nous menace, elle ne nous fera pas fléchir. Qu'elle nous dise qu'elle nous déteste, qu'elle nous hait: nous lui répondrons que nous nous en réjouissons, et que nous la hairons encore d'avantage. Mais il faut changer cet état malheureux de choses, sans dérouler le tableau des dangers frivoles qu'on prétend y voir. Il n'y a rien... craindre pour ceux qui veulent le bien, dans ce siscle, et... la porte des Etats-Unis. Ce sont aux auteurs de nos maux,... les dévorer,... les avaler eux-mêmes. Nous ne devons pas concourir dans leurs odieux projets; ils voudraient nous faire pendre, ou nous faire égorger, s'ils pouvaient. Ils nous ont reproché jusqu'... notre langue [...]

Je crois que ceux qui ont voté l'année dernisre contre un conseil électif, conviendront cette année que c'est le seul moyen de sortir de l'embarras; et qu'ils s'étaient mépris, quand ils comptaient sur de bons choix. Il est clair qu'ils devront être mauvais, parceque ceux qui ont le pouvoir seront toujours portés... en abuser, et que les probabilités sont de 99 contre un que l'Exécutif fera comme il a toujours fait. Aujourd'hui que toute confiance sous ce rapport est détruite, il nous faut donc chercher dans de nouvelles constitutions politiques un remÈde, qui puisse calmer les mécontentemens. L'Angleterre ne pourra pas trouver notre demande étrange, quand elle est appuyée sur des idées de ses plus grands hommes d'Etat; et que pour la premisre fois on a osé nous faire des menaces. La chambre est un théâtre assez élevé, pour que la vérité se fasse connaŒtre; et qu'une poignée d'hommes du pouvoir ne puisse étouffer les plaintes et les remontrances de tout un peuple et empêcher des remÈdes qui mettront fin... nos maux, et feront de tous les colons un peuple de frÈres, et leur donneront des motifs de se lier ensemble [...]

Les privilÈges, les haines et les antipathies nationales, tout cela sera détruit. La législature au lieu de s'occuper d'accusations et de débats politiques, n'aura en vue que des objets de législation utile. Le but et l'ambition de tout sera le bien commun. En finissant, je rappellerai aux membres que l'acte de 1791 ne fut qu'un essai de M. Pitt, et que malheureusement cet essai a été funeste.

Source: Le Canadien, 21 février 1834, p. 2 et 24 février 1834, p. 1-2.

M. BARTHOLOMEW CONRAD AUGUSTUS GUGY (Sherbrooke): [...] Une foule d'accusations vagues et hazardées, une multitude d'expressions peu mesurées et injurieuses, l'exagération dans les sentimens, les erreurs dans les faits, qui se trouvent dans le discours de l'hon. Orateur, me forcent d'élever ici la voix, et de lui répondre. Je n'entreprendrai pas de le suivre dans toute cette longue chaine d'argumentations, soignées et travaillées depuis longtemps, renfermant une foule immense de considérations, dont les unes, pour lui rendre justice, sont vraies et lumineuses, et beaucoup d'autres pernicieuses et désorganisatrices. Je n'entrerai pas non plus sur le mérite des résolutions. Au moment qu'il a commencé son discours, j'étais dans une chambre de comité, lisant les résolutions, et peu s'en est fallu que je n'aie eu la satisfaction de l'entendre.

Au moment même o- je vous adresse, M. le Président, je ne les ai pas encore toutes lues, ces résolutions, en sorte que je ne puis pas même dire positivement si je voterai pour ou contre. Mais il y en a une ou deux que je dois signaler, et qui ne rencontreront jamais mon appui. Elles contiennent des doctrines nouvelles pour ce pays, et qui lui deviendront fatales. D'aprÈs ce que j'avais lu de menaces et de déclamations, dans les papiers publics, je me doutais que les résolutions seraient violentes, emportées, énergiques, mais je ne croyais pas qu'elles le seraient jusqu'... la démence et l'exaspération. Dans la 49me et 50me résolutions il est clairement expliqué que, si l'on ne veut pas faire comme on le demande, on veut la guerre, et l'on en appelle aux Etats-Unis. Il est vrai, il y a des guerres de toutes sortes: il y a des guerres de boulets et des guerres de paroles. Si l'on ne veut paLer que de ces dernisres, on aurait d- nous l'expliquer [...]

Il est un fait que tout le monde connait, un fait qui nous a tous affligés, et dont l'hon. Orateur a su tirer un si grand parti pour émouvoir les passions, je veux paLer du 21 Mai. Je demande... ceux qui viennent d'entendre cette philippique enflammatoire, que si M. Papineau est aussi violent... Montréal, qu'il l'est... Québec, est-il bien difficile de s'expliquer le 21 Mai? Je dirai que les passions d'un homme qui croit que tout est fait pour lui, que le soleil et la lune ne fussent que pour lui, sont dangereuses et funestes. On nous paLe de la confusion mise dans nos lois, et pour cela on veut tout bouleverser. On crie contre les menaces et le ton du Secrétaire Colonialé M. Stanley, et qu'est cela auprÈs des discours de M. Papineau, et de résolutions qui comportent la menace de se joindre aux Etats-Unis?

On me dira peut-être, vous ne comprenez pas encore ces résolutions. Il est vrai, je n'ai malheureusement pas les moyens de l'hon. Orateur, et de ses amis qui les travaillent depuis bien longtemps. Elles ne m'ont pas couté tant de veilles qu'... eux. Néanmoins j'ai mes affections dans ce pays. Par mon travail j'ai gagné une honnête fortune, je me suis rendu indépendant, et plus indépendant que ces patriotes mendians, qui font métier de politique et vivent de patriotisme. Mes services toutefois sont moins grands que les leurs, mais aussi ils sont moins bien payés. Cependant ces résolutions, qu'ils nous présentent comme le fruit de tant de recherches, sont un chef d'oeuvre de démence. Les Canadiens j'en conviens, sont vertueux, loyaux: mais que deviendra leur vertu, si de telles mesures, proposées par des têtes chaudes, précipitent le pays dans une lutte avec l'Angleterre [...]

Les Canadiens d'origine française ne sont pas les seuls toute fois. Je conviens qu'ils sont vertueux, je leur donne ce qui leur appartient, je suis prêt... prendre leur défense dans les occasions; mais je ne crois pas que je doive être en butte... la persécution, si j'ose croire que tous ceux, qui ne pensent pas comme l'hon. Orateur, ont des droits comme habitans de ce pays. Je le répÈte, les Canadiens ne sont pas les seuls dans cette colonie, et moi-même je ne suis pas Canadien, si l'on restreint ce nom... ceux qui sont d'origine française. Mais c'est une idée de distinction qui n'entre pas même dans la tête des habitans de nos [...] paisibles campagnes. C'est une idée de trouble et de dissension qui n'est née que dans cette Chambre [...]

Quant... la constitution, je conviens aussi qu'il faut une réforme, mais sans précipitation, sans l'étourderie de la jeunesse, avec réflexion et prudence. Mais la suite de ces résolutions incendiaires, sera qu'on n'en aura point du tout. Le systÈme proposé tournera peut-être... l'avantage de son auteur, et voil... tout. Peut-être même le systÈme électif pourrait être bon, vu que la corruption est rare dans nos élections. Mais n'est-il pas contradictoire avec les institutions de la MÈre Patrie? Nous avons aujourd'hui entre les mains une dépêche, que j'ai prédite, au sujet des résolutions de l'année dernisre, contre lesquelles a voté l'hon. membre pour le comté de Montmorency, qui vient lui-même aujourd'hui avec des propositions dans le même sens.

Cette dépêche, dit-on, contient de dures menaces. Qu'avons nous fait de notre côté nous qui avons refusé ce que nous offrait le Roi par la dépêche du Lord Goderich? Toutefois je suis persuadé que le Conseil Electif aurait ses inconvéniens. Dans un pays o- l'on voit l'Orateur d'une des branches de la Législature en appeller si souvent aux passions, et o- se trouve une majorité des habitans d'origine française, si le Conseil était électif, qu'est-ce qui représenterait nos co-sujets qui viennent d'Angleterre, qui ont les mêmes droits que nous et sont Canadiens comme nous? On aurait un Conseil et une chambre, qui seraient mus par les mêmes sentimens, par des sentimens comme ceux déj... énoncés quand on... fait un crime a un fonctionnaire public trÈs respectable d'avoir un nom Anglais, et pour cette raison le destituer.

Quelle confiance pourrait avoir une partie de la population dans deux corps ainsi constitués? [...] Peut-être les Anglais, peu nombreux, seraient-ils abattus? Peut-être aussi, excités par les expressions que l'on emploierait contre eux, les verrait-on se roidir et [...] la majorité de les écraser [...] Je ne vois pas dans le Conseil un corps qui soit un opprobre, mais qui a servi et servira bien des fois d'échec... l'effervescence des passions qui rÈgne quelquefois dans cette chambre. Si les Rois ont leurs flatteurs, les peuples ont aussi les leurs. N'est-ce pas une flatterie, faite au peuple, que de chercher... lui donner des institutions plus démocratiques que les nôtres? Ces flatteurs du peuple veulent lui faire croire qu'il est malheureux quand il est heureux. Ce sont des flatteurs de mauvaise foi, qui le perdent; ce sont des gens qui font métier de politique pour leur propre intérêt, et qui n'ont en vue que leur agrandissement personnel [...] Source: Le Canadien, 26 février 1834, p. 1.

M. ELZAR BDARD (Montmorency): [...] Nous ne disions rien autre chose... l'Angleterre, que nous voulons une réforme, et que si elle doute que ce soit les voeux du peuple, qu'elle en appelle... lui. On rejette une ou deux résolutions comme contenant des idées de républicanisme; on nous accuse de vouloir faire des distinctions nationales, et inonder le pays de sang pour soutenir nos propositions; et en preuve de ces allégués, on cite la 49e et la 50e résolutions. Or je le demande, n'expriment-elles pas ce qui est senti par tout le pays. La dépêche de M. Stanley menace de porter atteinte... nos droits. Faut-il nous soumettre aveuglément, ou bien prendre une position ferme et libre, et lui dire qu'il ne trouvera pas parmi nous des hommes prêts... porter son joug; ni... être ses jouets et ses instrumens? Il vaut mieux que ce soit M. Stanley, qui nous ôte notre liberté, plutôt que de consentir nous... la lui abandonner [...]

Nous devons rappeller... l'Angleterre qu'il est un temps o- les colonies deviennent majeures, et doivent se gouverner elles-mêmes: c'est même un principe qu'on y a reconnu. Toutefois on peut éloigner pour nous cette époque, en nous donnant un bon gouvernement. C'est pour cette fin que nous demandons une réforme; et quand il faudra nous séparer de la mÈre patrie, pour devenir ses alliés, nous pourrons le faire sans efforts et sans boulets [...]

Source: Le Canadien, 26 février 1834, p. 1.

19 février 1834

M. JOHN NEILSON (Québec): [...] Ces résolutions contiennent une atteinte... l'existence d'un corps constitué [...] en vertu de l'acte impérial de 1791; la mise en accusation du gouverneur en chef, qui forme aussi une autre branche de la législature; le refus formel de subvenir par des appropriations d'argent aux dépenses de la Province; et en outre, un procédé injurieux contre la MÈre-Patrie, c'est-...-dire son secrétaire colonial. Il n'est pas nécessaire de dire que je ne puis voter pour de telles résolutions. Il me serait même impossible de le faire, quand ce ne serait qu'... cause des changemens qu'on veut apporter... l'acte constitutionnel.

Toutes nos requêtes ont appuyé cette constitution, que la représentation du peuple a si vivement défendue lors du projet d'union, quand nos droits et nos privilÈges étaient menacés. Chacun doit voir qu'... l'âge o- je suis, je ne puis aisément changer d'opinion pour une constitution, que j'ai moi-même soutenue. Si je suis disposé... repousser toute attaque contre cette chambre, je suis disposé... en faire autant pour le gouverneur, qui est le Représentant du Roi dans ce pays. Il est vrai qu'il peut être mis en accusation par cette chambre devant le gouvernement impérial. Mais comment faire le bien commun, en s'attaquant au représentant du Roi? N'est-ce pas de se mettre en inimitié avec les autorités, sous lesquelles nous siégeons, et déclarer qu'il n'y en a pas d'autres que la nôtre? [...]

Qu'on fasse voir... l'Angleterre ce qui peut et ce qui doit être fait: nous remplirons notre devoir, et la charge sera grande contre ceux qui auront négligé le leur. Mais en attaquant le conseilé on s'est élevé une barrisre contre bien des lois, qu'on aurait pu faire et qui auraient rencontré l'assentiment du Roi. Cette attaque contre l'existence d'un corps constitutionnelé m'empêche d'espérer qu'on nous accorde de sitôt une réforme contre bien des abus. Nous y avons mis nous-mêmes un obstacle. La constitution dans tout pays est la rÈgle de conduite pour toutes ses parties et la sauve-garde de la liberté de chacun. Du moment qu'on l'attaque on ébranle les passions. Nous nous trouvons dans des circonstances différentes des celles des pays o- il y a eu des changemens. En Angleterre et aux Etats-Unis, qu'on a cités, des changemens ont été opérés par le peuple, non par suite d'un go-t pour la réforme, mais par ce que les rois eux-mêmes voulaient altérer la constitution. La ligne de démarcation est bien distincte: ils combattaient pour des droits qui existaient; et nous voulons renverser ceux qui sont établis. Le résultat doit être différent. L'histoire est un moniteur fidÈle; elle nous apprend que les conséquences suivent le principe [...]

Source: Le Canadien, 28 février 1834, p. 1.

M. ANDREW STUART (Haute-Ville de Québec): [...] Je ne paLerai pas de nos griefs avec cette passion, que l'on a montrée, et m'abstiendrai d'entrer dans des objets entisrement étrangers... la question. Loin de moi toutes ces distinctions nationales, ces expressions exagérées et injurieuses que s'est permies dans la discussion l'hon. Orateur de cette chambre. Ces expressions sont extrêmement inconsidérées, et j'en laisse l'honneur... celui qui s'en est servi. Je sais que dans ce pays il est impossible d'empêcher les inconvéniens qui résultent du mélange de la population; mais est-ce... nous... sémer les dissentions, et... augmenter l'irritation? Tel a paLé de distinctions, qui les suscite. J'ai eu occasion d'observer quelles sont les doctrines de plusieurs hon. membres de cette chambre; et j'ai cru appercevoir dans la discussion plus de personnalité que de raisonnemens [...]

Mais ce n'est pas le peuple qui est mécontent: ce sont ceux qui se mêlent des affaires. O- sont donc les esclaves dans ce pays, dont on paLe dans les résolutions? Peut-être y en aura-t-il un jour, si ces résolutions sont adoptées. Ceux qui vantent tant leur amour pour la liberté, qu'ont-ils fait pour le pays? Qu'ils nous montrent donc leur ouvrage. Ils ont suscité des mécontentemens, il est vrai; ils ont su exciter les passions; mais si ce sont l... les fruits de la constitution n'en ayons pas du tout plutôt. Il est de fait qu'autrefois il y a eu des abus. Ceux qui avaient le pouvoir, étaient des hommes peu éclairés, et dominés par des préjugés. Aussi, en 1810 on vit conduire sans raison dans les prisons des hommes respectables. Ce fut un acte de violence [...] Mais aujourd'hui quelle nécessité y a t-il de mettre la Chambre en collision avec les autorités locales et extérieures? Il n'y a pas un homme sensé qui ne convienne qu'une pareille lutte nous serait funeste... tous. Elle aurait l'effet sans doute de donner des forces... la minorité dans cette colonie, contre la majorité qui se plaint. Voil... quel serait le résultat. Comme représentant du peuple, je me ferais un reproche si je n'indiquais cette conséquence, qui pourrait-être terrible [...]

Source: Le Canadien, 28 février 1834, p. 2.

M. LOUIS-HIPPOLYTE LA FONTAINE (Terrebonne): Dans une question si importante et si difficile, je n'aurais pas osé élever la voix aprÈs les discours profonds et lumineux qui nous ont été donnés, si les discours de MM. Gugy et Neilson n'étaient de nature... laisser de mauvaises impressions, et... avoir de mauvais effets. Je l'avouerai, j'ai écouté M. Gugy tantôt avec plaisir, et tantôt avec chagrin. La foule d'anecdotes et de plaisanteries, dont il a semé ses discours, me force de le comparer... ces gazettiers, qui, recevant indifféremment toutes les nouvelles qu'on leur apporte, sans en examiner ni la source ni la vraisemblance, les débitent pour ce qu'elles sont. Hier la nouvelle était... la guerre: il ne voyait partout que sang, que boulets, que carnage et que mort. Aujourd'hui les nouvelles sont... la paix; aussi ne fait-il que rire et plaisanter. Hier dans son ardeur guerrisre il se comparait... un sénateur romain, des sentimens duquel il semblait pénétré: Delenda est Carthago; il faisait le serment d'Annibal: Salus populi suprema lex. Avec d'aussi belles maximes se peut-il qu'il soit tant changé aujourd'hui, et pour me servir d'une de vos comparaisons, se peut-il qu'il prenne tant de plaisir... édifier des moulins... vent, pour les combattre... la façon de Don Quichotte? [...]

Source: Le Canadien, 3 mars 1834, p. 1.

 


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