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Les Patriotes de 1837@1838 - 15 février 1839 - Pendaison de cinq Patriotes
 EVENEMENT 
     
15 février 1839 - Pendaison de cinq Patriotes
Article diffusé depuis le 10 mars 2000
 




Le 15 février 1839, à 9h00 du matin, cinq Patriotes montent sur l'échafaud afin d'y être pendus. Il s'agit de Chevalier DeLorimer, notaire, Charles Hindenlang, militaire français, Pierre-Rémi Narbonne, huissier, Amable Daunais, cultivateur et finalement, de François Nicolas, instituteur.

Daunais et Nicolas sont tous deux condamnés à mort à la suite de leur procès se terminant le 6 février 1838. Ils avaient déjà été accusés de meurtre contre Joseph Chartrand, un espion pour le compte des loyalistes, mais avaient été déclarés innocents en vertu d'un jugement rendu par un jury canadiens-français. Les bureaucrates avaient donc peu d'estime pour eux et cette nouvelle de mise à mort est très bien reçue. Adam Thom écrit dans le Montreal Herald que "la providence favorise évidemment les Loyaux, puisqu'elle a livré à la justice un si grand coupable; personne ne convient mieux à l'échafaud que Nicolas." (Lacoursière, 1996: 412).

Narbonne exprimait une grande haine envers les autorités anglaises. Lors de sa première arrestation, suite au soulèvement de 1837, il demande d'entrer chez lui un instant afin de dire adieu à sa femme malade. Sa requête est refusée et à son arrivée à la prison de Montréal il apprend que la nouvelle de son arrestation avait tué sa femme. Amnistié par Durham, il reprend rapidement les armes au sein des Frères chasseurs, mais il est arrêté à nouveau après la bataille d'Odelltown alors qu'il essayait de traverser les lignes ennemis. Il subit son procès le 26 janvier 1839 avec plusieurs confrères. À l'attente de son exécution, il est dans un état de fureur continuelle et conserve cette haine inextinguible contre les bureaucrates. (Filteau, 1980: 436).

Hindenlang est également arrêté suite à la bataille d'Odelltown. Cherchant à fuir, il n'a plus la force de continuer et se livre aux autorités. Il subit son procès le 22 janvier 1839, seul, puisque natif de France, il n'était pas un sujet britannique et il ne pouvait donc pas être incriminé pour haute trahison. Il tente l'impossible pour se faire innocenter, prétextant que son nom fut mal prononcé et qu'un français ne pouvait être jugé par les lois anglaises. Le jury n'est pas impressionné et le condamne à être pendu le jour même.

DeLorimer tente de passer la frontière suite à la bataille d'Odelltown, mais cherchant à fuir un corps de garde, il est arrêté et amené à Montréal. Son procès se tient du 11 au 20 novembre en compagnie des chefs du soulèvement de Beauharnois. Après délibération du jury, tous les chefs sont condamnés à mort, mais seul DeLorimer se rendra jusqu'à l'échafaud. Son procès soulève beaucoup d'enthousiasme chez les Loyaux et à chacune des apparitions des prisonniers, une foule fanatique l'accueille avec des pierres et des insultes. Selon Filteau, DeLorimer présente une défense solide cherchant à discréditer les attaques du procureur qui le fait passer pour un être dangereux. Malgré ses efforts il est condamné à mort.

Le 12 février 1839, la rumeur circule à la prison du Pied-du-Courant que les autorités avaient fait la commande de sept cercueils, mais sans savoir à qui ils étaient destinés. Quoique conscients que la mort est imminente, les prisonniers dorment mal dans la nuit du 12 au 13. Cette nouvelle leur fait faire de mauvais rêves (David, 1884: 240). Au lendemain, le geôlier entre dans le corridor menant aux cellules des prisonniers et appelle Charles Hindenlang et Chevalier DeLorimer. À leur retour, ceux-ci apprennent à leur confrères qu'ils doivent être exécutés vendredi de cette semaine en compagnie de 3 hommes en provenance d'une autre section de la prison: Narbonne, Daunais et Nicolas. Vers 18h00 ce même jour, on demande aux prisonniers de regagner leur cellule, chacun deux par deux, Jean-Baptiste Henri Brien, compagnon de cellule de DeLorimer, demande à François-Xavier Prieur de changer de place avec lui. Il sait qu'il détient sa part de responsabilité dans cette exécution ayant divulgué des renseignements aux autorités en retour de l'adoucissement de sa peine. Il avait déclaré que DeLorimier était le chef du soulèvement dans la région de châteauguay.

À la veille de leur exécution, les confrères de cellules de Hindenlang et DeLorimier organise un dernier repas. DeLorimer refuse de prendre la place qui lui revient, préférant se balader dans le corridor en compagnie de sa femme. C'est donc Hindenlang qui préside le repas à l'avant d'une table où règne une triste gaieté. DeLorimer vient les rejoindre pour un dernier verre de vin et les deux condamnés entre dans leur cellule pour leur dernière nuit. Ils profiteront de la nuit pour écrire à leurs proches. Hindenlang se montre courageux devant les événements alors qu'il écrit ces quelques mots: "Baron, si jamais il te tombe sur la main un de ces habits rouges, fait lui prendre le même chemin, afin qu'il m'apporte de tes nouvelles; mais souviens-toi que je suis général et qu'il me faut quelque chose de bien, au moins un colonel, sans cela, je te le renvoie." (David,1884: 243). DeLorimer laisse paraître la même résignation dans ses écrits, mais avec plus d'humilité. Ne regrettant rien du passé, il entretient encore de l'espérance pour l'avenir. Il termine son testament en s'écriant "Vive la liberté, vive l'indépendance."

Le matin du 15 février, les 5 condamnés montent sur l'échafaud, malgré tous les efforts entrepris pour les sauver. Leurs avocats, Lewis Thomas Drummond et Adolphe Hart, avaient tenté de faire changer d'idée le gouverneur et le Conseil en suppliant leur clémence et en leur signalant la prohibition de la cour martiale, mais en vain. On menace également les autorités anglaises dans l'Aurore des Canadas que "le peuple appellera martyrs ceux qui meurent sur l'échafaud. [...] prenez garde à la première tête qui tombe, elle met le peuple en appétit." (Filteau, 1942: 209). La foule est généralement silencieuse à l'entrée en scène des condamnés; seuls quelques uns ricanent, ceux-ci ayant acceptés l'invitation du Montreal Herald les conviant à une nouvelle partie de pendaison, en espérant "que la pendaison de ces rebelles n'est que le préface à un gros volume." (David, 1884: 215).

Pendant les derniers préparatifs, Hindenlang persiste à crier "Vive la liberté" à la foule. Puis, les trappes s'ouvrent l'une après l'autre et Narbonne, mal ligoté vu son bras coupé, s'agrippe à la corde. Le bourreau doit s'y prendre par deux fois afin d'en finir avec lui.

Jean-François Pelletier

DAVID L.O., Les patriotes, Librairie Beauchemin ltée, Montréal, 1884, 297p.; FILTEAU Gérard, Histoire des Patriotes, Les éditions univers inc., Montréal, 1980, 488p.; FILTEAU Gérard, La prise d'armes et la victoire du nationalisme, Éditions modèles, Montréal, 1942, 286p.; LACOURSIÈRE Jacques, Histoire populaire du Québec Tome 2, Les éditions du Septentrion, Sillery, 1996, 446p.

 


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