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Les Patriotes de 1837@1838 - 30 novembre 1837 - Raid sur Oka, village iroquois, l'emplacement du magasin de la Cie de la Baie d'Hudson
 EVENEMENT 
     
30 novembre 1837 - Raid sur Oka, village iroquois, l'emplacement du magasin de la Cie de la Baie d'Hudson
Article diffus depuis le 10 mars 2000
 




Le Patriote Amury Girod et le Dr. Ch閚ier, accompagn de pr鑣 de 200 hommes, anticipant la venue des troupes anglaises, firent un raid sur Oka dans le but de s'emparer desarmes des indiens et de celles de la Cie de la Baie d'Hudson. Ch閚ier ordonna aussi qu'on saisit un vieux canon gard閍u S閙inaire d'Oka. la compagnie on prit huit fusils, deux livres de poudres et douze cent livres de plomb. Un long palabre de Gord avec le chef indien concernant l'achat de deux canons ne donna aucun r閟ultat. Le canon du monast鑢e fut transport Saint-Beno顃 o il ne servit jamais.


Le 14 novembre, apr鑣 avoir quitt Papineau, O'Callaghan, Boucher-Belleville, Duchesnois, Desrivi鑢es et Gauvin Varennes, Amury Girod se met en route pour le Grand-Brul o il doit organiser les troupes rebelles. Il est parti, selon son journal, les oreilles bourdonnant de la voix d閏id閑 de sa femme qui lui avait fait cette recommandation formelle : "Allez votre devoir et ne pensez pas moi. Je pr閒閞erais vous voir mort sur le champ de bataille que de vous voir abandonner la cause du pays" (Girod, 1923 : vol. 1-14). D鑣 son arriv閑 dans le comt de Deux-Montagnes le 15 novembre, Girod prend en main l'organisation des forces militaires dans cette r間ion et 閘it domicile Saint-Beno顃, qu'il trouve plus "hospitalier" que le village en grande partie loyaliste de Saint-Eustache. Il rencontre les chefs patriotes locaux de Saint-Eustache (Jean-Olivier Ch閚ier et William Henry Scott) et de Saint-Beno顃 (Joseph Girouard).

Le 23 novembre, lors d'une assembl閑 dans le village de Saint-Beno顃, Chevalier de Lorimier propose d'閘ire Girod g閚閞al de l'arm閑 du Nord ainsi que Ch閚ier lieutenant-colonel, en remplacement de Scott, parti s'installer temporairement Sainte-Th閞鑣e-de-Blainville. Girod entreprend donc la mobilisation des troupes par l'entra頽ement diverses activit閟 militaires. Il cr閑 d'ailleurs un Comit des affaires militaires. Toutefois, Girod s'aper鏾it tr鑣 vite que les villages de Saint-Eustache et de Saint-Beno顃 閜rouvent de graves difficult閟 d'approvisionnement en armes et en munitions. Il faut donc trouver des solutions pour r閟oudre ce probl鑝e qui semble 関ident aux yeux de Girod. Selon Kyte Senior, la fin de novembre Girod et son conseil de guerre se rendent compte que les soldats de Colborne marcheront probablement sur Saint-Eustache et Saint-Beno顃 par le nord-ouest comme ils l'avaient fait Saint-Denis et Saint-Charles. On d閏ide donc d'閠ablir le principal camp arm Saint-Eustache et on d閟igne Ch閚ier pour s'en occuper. Pendant ce temps, Girod tente de r閟oudre le probl鑝e du manque d'armes. Il organise quelques saisies d'armes et de munitions dans les r間ions avoisinantes comme dans certains magasins loyalistes, tel celui de Hubert Globensky, la Rivi鑢e du Ch阯e.

Parmi les nombreuses actions men閑s pour obtenir des munitions et neutraliser des ennemis potentiels, la plus vaste est l'exp閐ition du 30 novembre contre le comptoir de la Compagnie de la baie d'Hudson et la colonie indienne d'Oka. D鑣 le 28, Scott avait affirm Girod qu'il y trouverait quatre canons, environ 150 fusils et 60 barils de poudre. Toutefois Girod a peu confiance en Scott; maintenant 閠abli Sainte-Th閞鑣e-de-Blainville, Scott d間age de plus en plus une attitude n間ative face au soul鑦ement patriote. Malgr cela, Girod lui fait confiance et tr鑣 t魌 le matin du 30 novembre, il se met en route vers Oka avec environ 200 hommes arm閟. Les Patriotes s'attendent en outre d閏ouvrir d'autres munitions et quelques butins dans le magasin de la Compagnie de la baie d'Hudson d'Oka. Girod compte sur Scott pour les guider dans ce raid mais il ne s'est jamais montr. Girod demandera donc Paul Brazeau, un aubergiste de Saint-Beno顃, de lui servir de guide. Il demandera 間alement un habitant de la c魌e Saint-Joseph, Fran鏾is Bertrand, de servir d'interpr鑤e aupr鑣 des Indiens. (ANQ, 1837-1838 : nos 665, 715 et 736).

Girod donne l'ordre ses hommes de traverser la for阾 dans le silence le plus complet, mais il a t魌 fait de constater qu'"il est plus facile de faire comprendre une oie qu'il ne faut pas cacarder qu' un Canadien qu'il faut tenir sa langue". "Alors que la troupe de Girod s'approche bruyamment du village indien, Ch閚ier fait son arriv閑 avec une centaine d'autres hommes de Saint-Eustache" (Kyte Senior, 1997 : 170). Les troupes de Girod et de Ch閚ier se dirigent donc vers le comptoir de la Compagnie de la baie d'Hudson. Ils comptent y trouver les munitions, armes et canons mentionn閟 par Scott le 28 novembre. Arriv閟 sur les lieux, ils forcent la porte du magasin et r関eillent l'agent J.G. McTavish. La "montagne de chair", comme le surnomme Girod, leur donne ensuite les clefs du magasin et de la poudri鑢e. Les Patriotes confisquent alors huit fusils, deux livres de poudre et, ce qui importe le plus leurs yeux, 1200 livres de plomb. Ils font 間alement acte de pillage sur les effets personnels de McTavish. Girod tient la propri閠 priv閑 mais il est incapable d'emp阠her ses hommes, surtout ceux de Ch閚ier, de commettre des exactions. Selon Kyte Senior, ce qui surprend le plus les Patriotes c'est de ne pas trouver de canon au comptoir de la Compagnie de la baie d'Hudson. L'employ du magasin leur fait d'ailleurs remarquer que, s'ils voulaient le canon, ils auraient d mieux garder le secret de leur exp閐ition car, entre temps, il aurait 閠 transport ailleurs.

Ch閚ier et Girod se mettent donc la recherche des canons tant convoit閟. Tout d'abord, ils interrogent le cur Nicolas Dufresne ce sujet. Dufresne leur admet qu'il y en a un au s閙inaire d'Oka mais, puisqu'il appartient celui-ci, il refuse de leur c閐er. Encore sous les instances de Ch閚ier, les rebelles s'emparent du canon du s閙inaire sans avoir l'accord du pr阾re. Girod, lui, toujours enclin prot間er la propri閠 priv閑, aurait 閠 plut魌 du genre ne pas contrarier le cur. Avant la fin de leur entretien, l'abb Dufresne indique 間alement aux deux chefs patriotes que d'autres canons se trouvent dans le village am閞indien de Kanesatake. Les rebelles se dirigent donc vers le village indien o Girod obtient la permission de parler au chef Iroquois afin de lui demander leurs armes et munitions. Durant la discussion, le chef indien indique Girod qu'il souhaite maintenir leur position de neutralit dans le conflit arm et refuse de pr阾er ou de vendre ses armes aux Patriotes. Le chef indien aurait conclu la conversation en disant : "Fr鑢e, je ne veux pas intervenir dans la dispute entre vous et votre p鑢e, d閒endez vos droits et quand j'entendrai le tonnerre de vos canons, je vais consid閞er si j'interviendrai ou non dans la conflit en votre faveur" (Girod, 1923 : 377-378). Selon Allan Greer dans Habitants et Patriotes, peu d閟ireux d'en venir un conflit ouvert avec les Indiens, Girod et ses hommes quittent le village, n'emportant que le butin d閏evant qu'ils ont trouv au comptoir de la Compagnie de la baie d'Hudson. Le g閚閞al se f閘icite de s'阾re ainsi assur "de la bonne volont des ces Fils de la Nature". Toutefois, Girod apprend par la suite que le lendemain de sa conversation dans le village indien, les chefs d'Oka envoient leurs canons aux volontaires loyalistes de St. Andrews. Le canon du s閙inaire de Oka sera transport jusqu' Saint-Beno顃 avec le maigre butin ramass au magasin de la Compagnie de la baie d'Hudson.

Sophie Geoffrion

ARCHIVES NATIONALES DU QU葿EC, "DOCUMENTS relatifs aux 関閚ements de 1837-1838", nos 665, 715 et 736, Jean-Baptiste Deau, 11 d閏. 1837, Richard Hubert, 27 janv. 1838, Fran鏾is Bertrand, 31 janv. 1838.; GIROD, Amury, "Journal" dans RAPC, 1923 : Volumes 1-14. ; GREER, Allan, Habitants et Patriotes : La R閎ellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada, Montr閍l, 蒬itions du Bor閍l, 1997 : 284-285.; KYTE SENIOR, Elinor, Les habits rouges et les Patriotes, Montr閍l, VLB 蒬iteur, 1997 :165-171.; LACOURSI萊E, Jacques, Histoire populaire du Qu閎ec : De 1791 1841, Qu閎ec, Les 閐itions du Septentrion, 1996 : 365-366.


Parmi les incidents du second soul鑦ement des Patriotes, on compte la bataille du dimanche 4 novembre 1838, Kahnawake et qui oppose des Am閞indiens aux Patriotes. Cet 関閚ement permettra au gouvernement colonial de mettre la main sur 64 Patriotes, captur閟 apr鑣 leur d閒aite. L'interpr閠ation traditionnelle de cet incident sugg鑢e une solidarit entre les Iroquois et les autorit閟 britanniques, mais il faut tout de m阭e nuancer avant de les identifier trop 閠roitement au camp des Loyaux, puisque les Mohawks cherchaient surtout prot間er leurs propres int閞阾s (Sossoyan, 1999).

Le lieu des affrontements est la r閟erve iroquoise de Kahnawake, localis閑 proximit de Ch鈚eauguay, appel閑 l'閜oque Seigneurie du Sault-Saint-Louis (Sossoyan, 1999). Le contexte historique est important, puisque l'attaque est lanc閑 au lendemain du d閏lenchement du deuxi鑝e soul鑦ement au Bas-Canada, celui des Fr鑢es chasseurs. Les deux protagonistes, mentionn閟 pr閏閐emment, 閠aient les Mohawks, de Kahnawake, et les Patriotes, de Ch鈚eauguay. Dans le camp patriote on comptait trois meneurs: Joseph Duquet, Joseph-Narcisse Cardinal et Fran鏾is-Maurice Lepailleur (Burpee, 1926). Ils avaient comme effectifs environ 200 hommes, dont 60 dot閟 de fusils; les autres 閠aient arm閟 d'閜閑s, de fourches, d'outils et b鈚ons (Sossoyan, 1999). A Kahnawake, les leaders sont le chef de guerre Ignace Delisle, le missionnaire Mgr. Marcoux et Georges de Lorimier, un ami de Lepailleur. On consid鑢e qu'environ une quarantaine de Mohawks avaient pris les armes (Sossoyan, 1999). L'exp閐ition patriote Kahnawake devait avoir plusieurs objectifs. Le premier 閠ait de s'emparer des armes que poss閐aient les Mohawks, dans le but d'obtenir l'armement n閏essaire prendre d'assaut un camp militaire britannique Laprairie. En obtenant ces armes, on voulait aussi d閟armer les Mohawks, puisqu'on craignait qu'ils se rallient au gouvernement colonial. Le troisi鑝e objectif visait conclure une alliance (ou du moins obtenir la neutralit), des Mohawks, ce qui explique l'importance de pourparlers qui auront lieu au d閎ut des hostilit閟. Un autre but vis 閠ait la r閜ercussion politique qu'aurait provoqu l'occupation de Kahnawake, une r閟erve am閞indienne, puisqu'elle aurait donn aux Patriotes le statut de bellig閞ants. Ceci 関itait que les insurg閟 puissent 阾re trait閟 comme des simples criminels et subissent la pendaison. On pr関oyait aussi la saisie de vivres, mais il s'agit ici d'un moyen de se servir de l'app鈚 du gain pour motiver les certains Patriotes ayant. De l'autre c魌, la mobilisation des Mohawks repose sur des motifs surtout d閒ensifs. Le fusil 閠ait un outil indispensable pour la survie de la communaut; les Mohawks avait une 閏onomie bas閑 sur l'agriculture (Taylor, 1992), mais quand les r閏oltes 閠aient d閏evantes, il fallait pallier ce probl鑝e par la chasse. (Sossoyan, 1999). L'id閑 de c閐er les armes aux Patriotes 閠ait absurde pour les Mohawks.

L'incident commen鏰 avant l'aube, vers deux heures du matin, par un rassemblement de 200 Patriotes Ch鈚eauguay, ressemblant davantage une 閙eute qu' une arm閑. Le recrutement s'閠ait fait de fa鏾n douteuse: on utilisait des rumeurs d'une menace am閞indienne et on a menac certains de br鹟er leur fermes, ou m阭e de mort, s'ils ne participaient pas (Sossoyan, 1999). N閍nmoins, malgr l'emploi de telles m閠hodes, le nombre de fuyards est assez 閘ev.

Vers sept heures du matin, les Patriotes arriv鑢ent la chapelle Saint-Jean- Baptiste, pr鑣 de Kahnawake, et prirent en otage la douzaine de Mohawks (Sossoyan, 1999) qui priaient, puisque c'閠ait dimanche. Plut魌 que de mener imm閐iatement l'attaque, on en envoya quelques uns faire des pourparlers; les autres restaient cach閟 dans le bois, l'ext閞ieur de Kahnawake, afin de b閚閒icier de l'effet de surprise. L'effet de surprise aurait d'ailleurs r閡ssit si ce n'avait 閠 d'une vieille femme mohawk qui 閠ait la recherche d'une vache perdue et qui tomba accidentellement sur les Patriotes dissimul閟. Vers neuf heures, le village est mis sur le pied d'alerte et rapidement les Mohawks se mobilisent; un des leurs, Jacques Sohahio, partira pour Lachine afin d'obtenir le support des Lachine Volunteers (Sossoyan, 1999).

Pendant ce temps, Cardinal et Duquet, envoy閟 pour entreprendre des pourparlers, cherchent sans succ鑣 de gagner leur cause deux r閟idents de Kahnawake: Georges de Lorimier et Ignace Delisle. Les Mohawks enverront une d閘間ation de 10 personnes, parmi lesquels figurent de Lorimier et Ignace Delisle. Ils iront retrouver Lepailleur, accompagn閟 de 64 75 Patriotes dissimul閟 dans le bois, et lui demander d'aller parlementer au village (Sossoyan, 1999). Apr鑣 une br鑦e tentative d'intimider la d閘間ation, Lepailleur accepte de se rendre avec ses hommes au village afin d'y discuter. peine rendus au village, les Patriotes sont encercl閟 par une trentaine de Mohawks (Sossoyan, 1999). Bien que sup閞ieurs en nombre, les Patriotes 閠aient peu enclins se battre, et accept鑢ent de se rendre. Avant la fin du matin, le combat 閠ait termin et les Lachine Volunteers 閠aient arriv閟 trop tard. Vers deux heures de l'apr鑣-midi, douze heures apr鑣 le d閎ut de l'incident, les Patriotes ayant pris part au raid sur Kahnawake 閠aient incarc閞閟 Montr閍l (Sossoyan, 1999).

Bien que l'incident lui-m阭e 閠ait termin, les Mohawks rest鑢ent mobilis閟 jusqu'au lendemain, car partir de quatre heures de l'apr鑣-midi, on se met craindre une deuxi鑝e attaque au cours de laquelle les Patriotes, arm閟 de canons, effectueraient des repr閟ailles contre la communaut. Il s'agira ici d'une fausse alerte aliment閑 par des rumeurs, mais la crainte 閠ait assez s閞ieuse pour que Mgr Marcoux, vers onze heures du soir, envoie une lettre demandant du renfort aux autorit閟 britanniques (Sossoyan, 1999).

L'exp閐ition des Patriotes sur Kahnawake a 閠 un 閏hec qui a conduit la pendaison de deux de ses chefs, Cardinal et Duquet. Le principal impact de cet incident aura 閠 d'intensifier l'hostilit et, surtout, la crainte mutuelle entre les Mohawks et les Patriotes. De plus, le soutien des Lachine Volunteers pour prot間er la communaut de Kahnawake aura eu pour effet de rapprocher les Mohawks du camp des Loyaux. Vraisemblablement, les Mohawks seraient rest閟 neutres durant les troubles de 1837- 1838 si les Patriotes n'avaient pas tent d'investir Kahnawake.

Marc-Andr Saindon

SOSSOYAN, Matthieu, The Iroquois and the Lower-Canadian Rebellions, 1837-1838, chapitre 3, McGill University, Montr閍l, juillet 1999. ; BURPEE, L.J., The Oxford encyclopedia of Canadian history, Toronto, 1926: 173. ; TAYLOR, Colin, "Le Nord-Est", dans Les Indiens d'Am閞ique du nord, 閐itions Solar,1992: 231-233.

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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