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Les Patriotes de 1837@1838 - Narbonne, Pierre-Rémi
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Narbonne, Pierre-Rémi
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Pierre-Rémi Narbonne est né à St-Rémi en 1803. On ne connaît pas la date exacte de sa naissance, on sait seulement l'âge qu'il avait le jour où il monta sur l'échafaud, le 15 février 1839. David le décrit comme étant un homme de taille moyenne, manchot depuis un accident d'enfance, il a le teint animé, les yeux vifs accompagnés d'une épaisse chevelure bouclée. Avant sa participation au soulèvement de 1837, il cumule deux professions peu lucratives: peintre et huissier.

D'un patriotisme ardent, il quitte St-Édouard, laissant femme et enfants, suite à la défaite de la bataille de St-Charles, et se dirige vers Swanton aux États-Unis afin de s'enrôler dans la troupe organisée par Julien Gagnon, "la terreur de la paroisse" (Filteau, 1942: 51). On s'apprêtait à créer un groupe de Patriotes qui ferait diversion dans le sud du Bas-Canada afin de soulager le nord des attaques anglaises. S'étant approvisionné en armes, le groupe se dirige vers St-Jean le 6 décembre 1837. Mais vers 9h00 le soir, il est contré à Moore's Corner par un nombre imposant de volontaires (Bernard, 1983: 114). Narbonne se retire à nouveau aux États-Unis. Ne se décourageant pas, il part avec sept autres Patriotes vers St-Eustache afin d'apporter son soutien aux armées qui s'organisent. Ils sont arrivés à Hemmingford et conduits à l'île-aux-Noix (Rumilly, 1997: 554). En chemin, l'escorte emprunte le chemin de Saint-Édouard. Narbonne demande alors qu'on lui permette de s'arrêter afin qu'il embrasse ses trois enfants ainsi que sa femme, très malade. On lui refuse cette faveur. Quelques jours plus tard, alors prisonnier à la prison de Montréal, il apprend que la nouvelle de son arrestation avait tué sa pauvre femme.

À cet instant, David raconte que des projets de vengeance lui torturent l'âme. Il manifeste de l'impatience et trouve le temps long en prison. Il est également tourmenté par l'état de ses jeunes bambins. Heureusement pour lui, en juillet 1838, il profite de l'amnistie de Durham et s'empresse de rentrer à St-Édouard afin de revoir ses enfants. Sa libération lui aura coûté 1000 livres (Rumilly, 1977: 26). Connaissant la rancœur dont il fait preuve, les chefs patriotes s'adressent à lui afin de le recruter dans l'organisation secrète des Frères chasseurs. Celle-ci avait pour but d'unir étroitement tous ceux qui voulaient contribuer pour l'indépendance canadienne. Au début du mois de novembre, s'étant rassemblés en sol américain, on demande aux membres de recruter davantage de Patriotes afin d'organiser un nouveau soulèvement dans tous le Bas-Canada. Narbonne part pour St-Édouard le 3 novembre 1838 et il revient trois jours plus tard à Napierville à la tête de 60 hommes. Comme à tous les membres des Frères chasseurs, il leur fait prêter serment "d'obéir à tous les commandements qui nous seront faits le jour qui aura été fixé pour le soulèvement" (Rumilly, 1977: 34). Il demande également à ses hommes d'égorger le magistrat François Languedoc, responsable de son arrestation.

L'armée des Patriotes, sous la direction militaire du Brigadier-général Charles Hindenlang, décide de se diriger vers Odelltown le 6 novembre 1838. Ils essuient toutefois un premier revers à Lacolle le 7 novembre puis, le 9 novembre, à Odelltown même. Vers 4h00 du matin, Narbonne, accompagné de plusieurs capitaines de l'armée patriote, se rend chez le loyalistes Loop Odell pour le prier de négocier une reddition de caractère militaire. Odell demande toutefois que cela soit mis par écrit. Narbonne, craignant de fournir ainsi une pièce à conviction préfère s'enfuir. Il sera arrêté le 10 au matin. (Rumily, 1977: 168).

Il subit son procès le 26 janvier 1839 en compagnie des autres chefs de la bataille d'Odelltown. Tous sont condamnés à être pendus, mais trois seulement le seront: Narbonne, Nicolas et Daunais. Prisonnier à la prison du Pied-du-Courant, il est dans un état de continuelle fureur. D'autant plus que les conditions sont difficiles, n'ayant plus qu'une simple couverture malgré le froid cruel de l'hiver. Il demeure dans l'incertitude jusqu'au 12 février 1838 où il apprend qu'il sera pendu le vendredi de cette semaine, soit le 15 février.

Vers 9h00 ce matin là, les cinq condamnés à mort gravissent les marches de l'échafaud. Narbonne est hésitant et se fait pousser jusqu'à sa corde (Filteau, 1942: 215). Étant manchot, le bourreau a de la difficulté à bien lier sa main et, dès l'ouverture de la trappe, Narbonne réussit à défaire ses liens et saisit la corde au dessus de sa tête. Le bourreau parvient à lui faire perdre prise, mais Narbonne saisit à nouveau la corde. On lui fait de nouveau lâcher prise et Narbonne retombe en se brisant les vertèbres. Le 14 novembre 1858, soit 20 ans après cette exécution, on élève un monument dans le cimetière Côte-des-Neiges à la mémoire aux Patriotes ayant donné leur vie pour la liberté de leur pays. Les cendres de Narbonne y seront enterrées.

Jean-François Pelletier

BERNARD, Jean-Paul, Les rébellions de 1837-1838, Boréal Express, Montréal, 1983, 349p.; DAVID L.O., Les patriotes, Librairie Beauchemin ltée, Montréal, 1884, 297p.; FILTEAU Gérard, La prise d'armes et la victoire du nationalisme, Éditions modèles, Montréal, 1942, 286p.; RUMILLY Robert, Papineau et son temps, Tome 1, Éditions Fides, Montréal, 1977, 643p.; RUMILLY Robert, Papineau et son temps, Tome 2, Éditions Fides, Montréal, 1977, 594p.


NARBONNE, PIERRE RÉMI. Peintre et huissier, marié et père de deux enfants, mort pendu. Colonel dans la résistance, Narbonne a été arrêté par des mercenaires mais il a été amnistié en juillet 1838, après la mort de sa femme qui laissait trois enfants en bas âge. Il a repris les armes, notamment lors de la bataille d'Odelltown, et fut fait prisonnier à nouveau puis condamné à mort. Lui aussi a eu une pendaison longue.

A ce propos, Costisella écrit: "Le spectacle de son assassinat fut ignoble. Il était manchot, et dès que la trappe s'ouvrit, il saisit de sa seule main valide la corde meurtrière. Un mercenaire se précipita, et le frappa sauvagement à coups de crosse de fusil sur le visage et le bras. Ensanglanté, la figure tuméfiée, Narbonne lâcha prise. Puis il ressaisit à nouveau la corde avec sa main blessée. Plusieurs mercenaires s'acharnèrent à nouveau sur lui, dans une sauvagerie inouïe, au milieu des applaudissements barbares de la foule anglo-saxonne, et des protestations indignées des Québécois présents. La manœuvre se répéta deux ou trois fois. Son affreuse agonie dura environ 15 minutes.

 


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