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Les Patriotes de 1837@1838 - Colborne, John (1778-1863)
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Colborne, John (1778-1863)
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Né en Angleterre en 1778, fils unique de Samuel Colborne et Cordelia Ann Garstin, John Colborne est vite incorporé à la vie militaire. Il prend part à de nombreuses campagnes à travers l'Europe, notamment aux Pays-Bas, en Égypte, en Espage et en Belgique. La plus spectaculaire est sans doute celle de la bataille de Waterloo (1815), pendant laquelle il dirige le 52e régiment du Oxfordshire Light Infantry contre Napoléon. En 1813, il épouse Elizabeth Younge, " Lady Colborne ". Entre ce moment et celui de son arrivée au Canada, Colborne oeuvra au sein de plusieurs postes civils, et ce, avec le même succès que sur un champ de bataille. C'est en 1828 que les autorités anglaises le nomment lieutenant gouverneur du Haut-Canada pour succéder à Peregrine Maitland. Son arrivée fait espérer des réformes libérales et la fin des abus. Il améliore le réseau routier, le commerce prend de l'expansion, il vient en aide aux sociétés agricoles, favorise l'immigration anglaise (pour réduire l'influence américaine au Haut-Canada) et indemnise les victimes de la guerre de 1812. Homme très religieux (la religion est pour lui une garantie du maintien de l'ordre social et gouvernemental (Wilson, 1977 :151)), il conserve certaines des terres à l'intention de l'église anglicane, position controversée selon Wilson (Wilson, 1977 :155). Colborne occupe le poste pendant huit ans, jusqu'en 1836. À cette époque, c'est Francis Bond Head qui le remplace, alors que lui est appelé au Bas-Canada où est nommé commandant des forces armées au Canada (mai 1836). Pendant les troubles de 1837-1838, il joue un rôle-clé dans le déroulement des événements. En 1838, Colborne est promu lieutenant général, puis gouverneur général. Il quittera pourtant le Canada l'année suivante, en 1839. De retour en Angleterre, il est nommé " Lord Seaton ". Il meurt en 1863, à 85 ans.

Pendant l'été de 1837, le général Colborne ne pressent pas l'agitation naissante dans le Bas-Canada et il ne croit pas que les discours de Papineau pourraient produire un grand effet (Wilson, 1977 : 155). Il envoie toutefois deux régiments supplémentaires à Québec et renforce la garnison établie à Montréal. Grâce à ses nombreux contacts à travers la province, il est au courant des activités patriotes qui se préparent. " Quand éclata la rébellion le 16 novembre, Colborne mit rapidement l'armée régulière et la milice sur un pied de guerre, faisant même appel aux troupes régulières du Haut-Canada, tant il avait confiance dans les mesures qu'il avait prises antérieurement dans cette province. " (Wilson, 1977 :155) Le 5 décembre, Ogden proclame la loi martiale dans le district de Montréal (jusqu'au 27 avril 1838) et Colborne appelle les troupes écossaises du Haut-Canada. Il réunit ainsi une troupe de 2000 hommes (Wilson, 1977 : 155) dans la vallée du Richelieu. Le 22 novembre, le général donne l'ordre d'attaquer St-Denis (victoire patriote le 23 novembre) et St-Charles ( victoire anglaise le 25 novembre). La ville de Montréal, constamment dans l'excitation et dans les rumeurs, se voit de plus en plus fortifiée. Le 27 novembre, Colborne écrit au gouverneur Gosford que la ville est si bien gardée qu'elle pourrait faire face à toute attaque rebelle, quel que soit le nombre des opposants (Senior, 1985 ; 104). Des troupes sont postées aux endroits stratégiques, comme à l'Île Ste-Hélène, Sorel, Chambly et Carillon.

Pour l'attaque du comté de Deux-Montagnes, Colborne a avec lui 1200 soldats réguliers, une artillerie d'une douzaine de canons et environ 80 volontaires de Saint-Eustache (Bernard, 1996; 10). Le 14 décembre, les troupes traversent la rivière Ottawa et atteignent St-Eustache, " important centre patriote dans la première moitié de décembre " (Greer, 1993; 318). Vers midi, la ville est prise, plusieurs rebelles sont tués et certains bâtiments, dont l'église, sont brûlés. On compte au moins une centaine de morts du côté patriote, autant de prisonniers, et seulement un décès chez les troupes anglaises. (Bernard, 1983 ;115) Aussi, a-t-on appelé cette bataille le " massacre de St-Eustache ". Le lendemain, le 15 décembre, Colborne atteint St-Benoit. Il croyait que la résistance y serait plus importante. Par contre, il ne rencontra aucune opposition, les habitants du village envoyant même une délégation disant qu'ils baissaient les armes et se rendaient. Pourtant, lorsque Colborne et ses troupes et retirent de St-Benoit, le village est réduit en cendres. Selon le curé Paquin, le général n'aurait donné ordre que de brûler les maisons des chefs rebelles (Bernard, 1983 ; 116). C'est à cette occasion que Colborne reçoit le surnom de " Vieux-Brulôt ", car les Québécois le considéraient " comme un symbole de brutalité, de fanatisme anglo-saxon et d'anti-catholicisme" (Wilson, 1977 :156).

Au début de 1838, le Bas-Canada est occupé par les troupes britanniques. En février, après avoir eu vent que New York importait des armes en provenance d'Angleterre et destinées à une attaque contre le Canada, Colborne ordonne le désarmement des populations rurales du Bas-Canada. À la fin du mois suivant, 16 officiers britanniques venus de Grande-Bretagne sont distribués dans les deux Canadas. Ils servent non seulement de liens entre les corps volontaires locaux, mais aussi d'agents de l'intelligence du général (Senior, 1985 ; 154). Le 27 mars 1838, l'Acte constitutionnel est remplacé par un " Conseil Spécial " proclamé par Colborne lui-même et dirigé par des loyalistes. Ce conseil gouverne le pays et délibère sur l'avenir du Bas-Canada. En mai 1838, Durham remplace l'ex-gouverneur Gosford dans ses fonctions. Le désir de Colborne " de se montrer ferme mais humain avec les rebelles fut pour beaucoup dans la décision de Durham d'exiler les chefs des rebelles aux Bermudes " (Wilson, 1977 :155). Même s'il avait beaucoup d'affinité avec Durham, Colborne était néanmoins contre l'union du Haut et du Bas-Canada, car les troubles dans la province française se propageraient chez les Anglais de la future Ontario, et la crainte d'assimilation ne ferait qu'empirer le caractère bouillonnant du Bas-Canada. Le général est nommé lieutenant gouverneur lorsque Durham fut démis de ses fonctions, puis gouverneur à la mi-décembre 1838. La deuxième rébellion de 1838 est aussi habilement matée par le général.

Il n'occupera de nouveau le poste de gouverneur que pour un bref instant, en attendant l'arrivée du nouveau gouverneur, Lord Thomson. Colborne désapprouve ce choix, considérant Thomson trop faible pour bien prendre en charge la province encore ébranlée. Le général retourne en Angleterre, en octobre 1839, où il fut grandement récompensé pour ses bons et loyaux services. Il fut nommé au Conseil privé et reçut le tire de Lord Seaton. C'est pour cette raison que Colborne reçu également le surnom de " Lord Satan ". Quelques années avant sa mort, le gouvernement anglais le nomme feld-maréchal, le plus haut grade militaire d'Angleterre.

Joëlle Morin

BERNARD, Jean-Paul, Les Rébellions de 1837-1838, Montréal, Boréal, 1983, 345 p.; BERNARD, Jean-Paul, Les rébellions de 1837 et de 1838 dans le Bas-Canada, Ottawa, Société historique du ; Canada, 1996, Brochure historique No. 55.; GREER, Allan, The Patriots and the People : The rebellion of 1837 in rural Lower Canada, Toronto, University ; of Toronto Press, 1993, 385p.; KEILTY, Greg, 1837: Revolution in the Canadas, Toronto, NC Press Limited, 1974: 217; SENIOR, Elinor Kyte, Redcoats and Patriotes: The Rebellions in Lower Canada: 1837-38, Ottawa, Canadian ; War Museum Historical Publications No.20, 1985, 218p.; WILSON, Allan, "John Colborne" dans DBC, PUL, 1977, pp.150-157.

Nom du père: Samuel Colborne

Nom de la mère: Cordelia Anne Garstin

Nom de l'épouse: Elisabeth Yonge

Lieu et date de naissance: né le 16 février 1778 à Lyndhurts, Hampshire, Angleterre

Lieu et date de décès: décédé le 17 avril 1863 à Torquay, Devonshire, Angleterre

Professions exercées au cours de sa vie: soldat et administrateur

Fonctions précises au moment des troubles: chef des forces armées dans les deux Canadas

Bibliographie:

H.-C. House of assembly, journal, 1828-1836

J.D. Purdy, John Strachan and education in Canada, 1800-1851 (thèse de PH. D., University of Toronto, 1962)

Helen Taft Manning, «The colonial policy of the Whig ministers, 1830-37», CHR, XXXIII(1952): 203-236, 341-368.

«Lord Satan» ou «Vieux-Brulôt», ce vétéran de Waterloo reste associé au massacre de Saint-Eustache et à l'incendie de Saint-Benoît

Ayant perdu ses parents à l'âge de 13 ans, John Colborne fait quelques années d' étude avant de devenir militaire dès l'âge de 16 ans. Il débute en tant qu'enseigne dans le 20e régiment et s'éleve jusqu'au grade de feld-maréchal sans problèmes. Il continua ainsi à monter en grade lors de campagnes à Helder, Pays-Bas, jusqu'à Toulouse, en France, en passant par la Suède et l'Espagne. L'évènement qui aura le plus marqué la carrière de Colborne est sans aucun doute sa participation à la Bataille de Waterloo où Colborne dirigeait le 52e régiment. Durant cette bataille, Colborne, par une action des plus audacieuses, détacha son régiment des lignes et s'élança contre les Français.

Durant les années de paix et de calme qui suivent, Colborne accepte une série de postes civils où il remporta un franc succès dans chacun d'eux. En 1828, il est nommé lieutenant-gouverneur du Haut-Canada. Il se rend vite compte que la situation ne serait pas de tout repos. À York, Colborne se trouva pris entre deux partis, d'un côté le Familly compact et de l'autre, le parti Réformiste.

Au début, Colborne inspirait confiance aux deux partis mais, par la suite, il lui devint de plus en plus difficile de faire règner l'ordre à mesure que les partis se radicalisent. Surmontant les difficultés à sa façon, Colborne améliore le réseau des routes, des ponts, des communications et des marchés. De plus, il souhaite améliorer les conditions de vie dans les villes et encourage l'augmentation de la population en milieu rural.

Il quitte le Haut-Canada en 1836, après avoir donné des terres pour les cures de l'Église d'Angleterre, décision qui ne faisait pas le bonheur de tous. À la fin du mois de mai 1836, Colborne fut nommé chef des forces armées des deux Canadas.

En été 1837, Colborne ne s'attendait pas aux Rébellions. Il croyait que ça n'irait pas aussi loin. Pourtant, ne prenant aucun risque, Colborne fortifie Québec à partir d'octobre. Lorsque les Rébellions commencent, Colborne envoya l'armée et la milice avec confiance car il était certain du succès des mesures qu'il avait déjà utilisé dans le Haut-Canada. Son ancien régiment, le 52e, lui prêta aussi main forte et Colborne dirigea une troupe de 2000 hommes personnellement vers Saint-Eustache. À la fin de 1837, il avait réussit à battre les rebelles. En 1838, après avoir été promu lieutenant général, Colborne mâtta les nouvelles oppositions avec encore plus de vitesse qu'à l'automne précédent. Nommé Gouverneur Général au milieu de décembre, Colborne approuva la démission de Durham avec qui il ne s'entendait plus. Colborne démissionna un peu plus tard (il fut remplacé par Thompson) et quitte le Canada au mois d'octobre 1839.

Revenu en Angleterre, Colborne fut récompensé pour ses années de services. Jusqu'en 1849, Colborne est haut-commissaire des îles Ioniennes. Il prend sa retraite en 1860 et est placé au plus haut grade militaire en Angleterre, c'est-à-dire feld-maréchal. Devenu Lord Seaton, il meurt en 1863, à l'âge de 85 ans.

Annick Corbeil

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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