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Les Patriotes de 1837@1838 - Le village de SAINT-EUSTACHE en décembre 1837
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Le village de SAINT-EUSTACHE en décembre 1837

                Article diffusé depuis le 01 juin 2000

 



En 1683, Michel-Sidrac Du Gué, sieur de Boisbriand et capitaine du régiment de Carignan-Salières se voit concéder la Seigneurie-des-Mille-Isles. Parce qu'il ne s'occupe pas adéquatement de son peuplement, la couronne la lui retire et la concède en 1714 à Jean Petit, trésorier de la Marine et Charles Gaspard Piot de Langloiserie, lieutenant du roi. En 1733, la fille de Jean Petit, Charlotte-Louise Petit, épouse Eustache Lambert-Dumont tandis que la fille de Langloiserie épouse Jean-Baptiste Céloron de Blainville. La Seigneurie-des-Mille-Isles est alors partagée en deux soit la Seigneurie de Blainville et la Seigneurie Dumont que l'on nomme aussi Seigneurie de la Rivière-du-Chêne.

De 1755 à 1762, le Seigneur Dumont s'occupe de concéder des terres à des colons le long de la rivière du Chêne. C'est aussi durant ces années qu'il fait construire le premier moulin à farine de la seigneurie soit le Petit moulin (Moulin Légaré). La construction de l'Église de 1780 à 1783 ainsi que la présence du moulin favorisent la formation du bourg de Saint-Eustache. Entre ces deux établissements, on retrouver bientôt des d'artisans, des commerçants, des aubergistes, des notaires et des médecins. Jusqu'en 1800, la population ne cesse de s'accroître. Le secteur de la Rivière-du-Chêne est complètement concédé et plusieurs terres commencent à être morcelées. Entre 1784 et 1790, la population passe de 1958 à 2385 habitants et le nombre de concessions atteint 336 en 1800 ( Giroux: 15-17). En 1822, la région de Saint-Eustache compte 4476 habitants et, en 1831, 4830. À compter des années 1840, la population diminue à 3 195 habitants (Ouellet, 1976 :243).

En 1825, la paroisse de Saint-Eustache est formée. Elle compte une population de 4343 habitants dont 393 habitent le village alors que les 3950 autres habitent les côtes et les montées. On retrouve 61 maisons habitées au village et 777 en campagne. Saint-Eustache est donc une grosse paroisse agricole avec ses 26 000 arpents de terres défrichées. À compter du 1er juillet 1855, l'Acte des municipalités et des chemins du Bas-Canada confère au village de Saint-Eustache un statut municipal officiel. C'est en 1948 que le village obtiendra la statut de "ville" et ce n'est qu'en 1951 que le village devient plus important au niveau démographique que la campagne.

Avant 1800, la culture du blé représente environ 80% de la production agricole dans la Seigneurie de la Rivière-du-Chêne. À compter de 1805, le Haut-Canada est un sérieux compétiteur provoquant une baisse de la demande au Bas-Canada. Pour la Seigneurie de la Rivière-du-Chêne s'amorce une crise agricole qui dure jusqu'en 1830. Dans la seigneurie, cela est causé par des techniques de culture désuètes, par la rareté des terres et par le morcellement de ces dernières à cause de l'augmentation rapide de la population. Suite à de mauvaises récoltes en 1826-1827, la culture du blé sera remplacée par la culture de la pomme de terre, de l'avoine ainsi que par l'élevage (Giroux: 19).

Selon Kyte Senior (1997 :165), Saint-Eustache est la troisième ville la plus importante de la province au niveau de la population et elle est un centre culturel et politique. La population se constitue majoritairement de cultivateurs et de membres des professions libérales. Le village de Saint-Eustache est un des premier à se mobiliser contre le gouvernement. Le docteur Jean-Olivier Chénier est, avec W. H. Scott, celui qui dirige le mouvement patriote entre les années 1834 et 1837 à Saint-Eustache.

Les élections générales de 1834 sont le point de départ des troubles à Saint-Eustache. À l'origine, William Henry Scott et Jean-Joseph Girouard s'y représentent et ont pour adversaires Brown et Globensky. L'élection se déroule dans un contexte de violence à Saint-André, puis se transporte à Saint-Eustache. Scott et Girouard sont élus à la Chambre d'assemblée après le retrait de leurs deux adversaires. La présentation des Quatre-vingt-douze Résolutions provoque des mécontentements au sein de la population et on assiste à la formation du comité de correspondance avec Londres et Montréal. À compter de 1837, les assemblées se multiplient le village de Saint-Eustache devient un lieu de rassemblement patriotique. Le 6 novembre 1837, le gouverneur Gosford offre une prime de 2000$ pour la tête de Chénier. La population de Saint-Eustache se range derrière Chénier et s'oppose à son arrestation.

Amury Girod, un immigrant d'origine suisse, est celui qui est responsable de l'établissement du camp armé principal à Saint-Eustache alors que le camp secondaire est installé à Saint-Benoît. Le 3 décembre 1837 se tient une réunion au couvent de Saint-Eustache à la suite des appels à la modération du curé Paquin. Girod réussit à convaincre Chénier et Chartier de continuer dans la voie de la résistance armée. Les camps ne sont pas très sécuritaires. Celui de Saint-Eustache, improvisé à la fin novembre, était dépourvu d'installations défensives. Seules des sentinelles en assurent la garde en surveillant les défections du côté patriote (Laurin, 2000 :54). De plus, il n'y avait aucune fortification afin de protéger les gens. Malgré une bonne organisation générale, l'arrivée d'Amury Girod à titre de commandant des opérations entraîne quelques irrégularités. Gérard Filteau illustre bien comment Girod ne faisait pas l'unanimité dans le village : "Pour un homme qui prétendait avoir de l'expérience militaire et qui voulait se battre à tout prix contre les réguliers et faire combattre ceux qui ne demandaient qu'à rester tranquilles ou à faire leurs soumissions, ses agissements sont ceux d'un esprit fêlé" (Filteau, 1980 :361).

Le 14 décembre 1837 a lieu l'attaque de Saint-Eustache. Les Patriotes sont réfugiés dans l'église, le presbytère, le couvent, le manoir Dumont, la maison Scott et celle de la famille Dorion. Les volontaires de Globensky et les troupes de Colborne s'emparent de l'église et y mettent le feu, tout comme au reste du village. Il y a 120 prisonniers de faits à l'intérieur des maisons et une soixantaine de maison de brûlées. L'église n'est reconstruite qu'en 1841.

D'après Laurin (2000 :53), peu de Patriotes sont originaires de Saint-Eustache. La majorité vient de Sainte-Scholastique ou de Saint-Jérôme. Quelques-uns viennent de Saint-Benoît, mais ils sont retournés là-bas lorsque la construction des camps a été terminée. De plus, la plupart des insurgés de Saint-Eustache ne sont même pas des habitants du village. Globensky affirme que la majorité des gens de l'endroit sont des loyalistes, bureaucrates, constitutionnels, voire chouayens (Kyte Senior, 1997 :272). Du côté Patriote, cela s'explique par le fait que les gens s'enfuient ou ne reviennent que le lendemain. En fait, Chénier et Girod sont incapables de maintenir un minimum de discipline, ce qui fait que leurs effectifs peuvent varier de cinq à mille hommes (Ouellet, 1976 :465).

Selon Ouellet (1976-466), la défaite de Saint-Eustache met pratiquement fin au soulèvement de 1837. Lorsque les troupes arrivent à Saint-Benoît le lendemain de la défaite de Saint-Eustache, les chefs patriotes et les réfugiés ont déjà disparu et la population a déposé les armes.

Marie-France Rochon

COURVILLE, Serge, Entre ville et campagne : L'essor du village dans les seigneuries du Bas-Canada, Québec, Éditions PUL, 1990, 335 pages.; DUBOIS, Abbé Émile, Le feu de la Rivière-du-Chêne, Étude historique sur le mouvement insurrectionnel de 1837 au nord de Montréal, Saint-Jérôme, 1937.; FILTEAU, Gérard, Histoire des Patriotes, Montréal, Éditions L'Aurore/Univers, 1980, 493 pages.; GIROUX, André, CHAPDELAINE, Claude, Histoire du territoire de la municipalité régionale de comté de Deux-Montagnes, 38 pages.; KYTE SENIOR, Elinor, Habits rouges et Patriotes, Éditions VLB, 1998, 311 pages.; LAURIN, Serge, Les régions du Québec (histoire en bref) : Les Laurentides, Québec, Éditions de l'IQRC, 2000, 190 pages.; OUELLET, Fernand, Le Bas-Canada de 1791 à 1840 : Changements structuraux et crise, Québec, Éditions de l'Université d'Ottawa, 1976, 541 pages.

 


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