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Les Patriotes de 1837@1838 - La tournée de la seigneurie: Qui étaient ces McMartin? Par Gilles Boileau
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La tournée de la seigneurie: Qui étaient ces McMartin? Par Gilles Boileau
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




La chronique du 1er avril avait amorcé le récit du tragique assassinat de trois Canadiens par les troupes britanniques sur la rue du Sang, à Montréal, le 21 mai 1832. Déjà, avions-nous écrit, cet incident annonçait à sa façon ce qui allait arriver en 1837. Nous poursuivons aujourd'hui ce récit par ce qu'en disait Amédée Papineau dans son Journal d'un fils de la liberté:

"Vinrent ensuite les trames de toutes sortes pour couvrir du manteau de la justice les meurtriers du 21 mai. jusque-là, le gouverneur s'était conduit de manière à faire croire que son administration serait équitable, mais les intrigues de nos ennemis le perdirent. Avant que toute procédure ait eu lieu, il lança une proclamation par laquelle il approuvait les militaires et magistrats... Les meurtriers, ayant été libérés et ayant obtenu la permission, laissèrent la province. À son arrivée en Angleterre, le colonel McIntoch (qui avait ordonné de faire feu sur les partisans du parti canadien) fut fait chevalier par notre "gracieux" souverain"...

Pour sa part, Elinor Kyte Senior (1997), dans Les habits rouges et les Patriotes, se félicite plutôt de la discipline des militaires. Après tout, ils n'ont tué que trois Canadiens: "Le jour qui se révélera être le dernier jour de vote dans les élections partielles de 1832, la garnison de Montréal se trouve précipitée dans l'arène politique lorsque les magistrats réclament l'aide de l'armée pour mettre fin aux désordres qui ont éclaté au bureau de vote. Les soldats attendent, pour tirer sur la foule, qu'un magistrat ait donné lecture de la Loi sur les émeutes et ordonné aux officiers qui les commandent de mater les émeutiers. Les soldats tirent l'un après l'autre et cessent le feu dès qu'on leur en donne l'ordre. Il s'agit là d'un excellent exemple d'action militaire disciplinée face à une émeute."

Le professeur Desmond Morton (1992) voit lui aussi ce moment de notre histoire d'une façon très particulière. Il lui consacre cinq lignes dans Une historie militaire du Canada 1608-1991: "En 1832, le sang coula lors d'une émeute électorale à Montréal: des officiers britanniques furent emprisonnés sous l'inculpation de meurtre. Les tribuns patriotes enjolivèrent l'incident à leur profit en suggérant que les habits rouges, assoiffés de sang, avaient délibérément massacré d'innocents Canadiens français."

Quoi d'étonnant alors que devant ces deux dernières interprétations simplistes et honteuses à des faits, l'on soit d'accord avec Denis Monière (1987) quand il écrit dans Ludger Duvernay que: "L'élection de 1832 marque indubitablement un point tournant dans l'évolution idéologique des patriotes, qui n'ont d'autres choix que de radicaliser leurs positions."

Mais il faudrait surtout se souvenir que les trois victimes du 21 mai 1832 avaient nom: François Languedoc, Pierre Billet, et Casimir Chauvin. Ils sont morts sur la rue Saint-Jacques, que même Mgr Lartigue appelait la rue du Sang. Bien sûr, il y eut un semblant de procès. Par deux fois, les magistrats et les militaires qui donnèrent l'ordre de tirer furent non seulement acquittés mais aussi félicités de leur discipline et de leur jugement! Et parmi les membres du jury qui acquittèrent ces tristes individus il y avait quelques personnages du nom de "McMartin", alors habitants de Lachine. Il y a entre Saint-Joseph-du-Lac et Saint-Eustache, une montée McMartin... Quel hasard!

 


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