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Les Patriotes de 1837@1838 - Les Fils de la Liberté
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Les Fils de la Liberté
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Association paramilitaire fondée au mois d'août 1837 qui tient sa première assemblée publique le 5 septembre de cette même année. Selon les sources (journaux patriotes ou loyaux), entre 500 et 700 jeunes ont participé à cette assemblée. Les Fils de la Liberté "calquait leurs visés sur un groupe qui avait existé lors de la Révolution américaine du nom de Sons of Liberty" (PARKS: 26-27). "Ils trouvent leur inspiration immédiate dans une [autre] organisation semblable qui existe déjà, à Vankleek Hill, centre de l'agitation réformiste radicale de la vallée de l'Outaouais" (SENIOR, 1997: 35). Le noyau de cette association est formé de jeunes Patriotes. "Les liens entre ce nouveau club et les autres membres [du Parti] Patriotes sont assurés par deux avocats, François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier et Georges Étienne Cartier" (SENIOR, 1997: 34). C'est à l'assemblée des Six-Comtés, le 23 octobre 1837, que le mouvement patriote approuve solennellement l'organisation de Fils de la Liberté (La Minerve, 26 octobre 1837). L'endroit habituel où les membres de cette association se rassemble est l'Hôtel Nelson au Marché Neuf à Montréal, aujourd'hui la place Jacques-Cartier, ou l'auberge Bonnacina, rue Saint-Jacques, lieu même où se déroulera l'affrontement du 6 novembre 1837 entre le Doric Club et les Fils de la Liberté. D'autres factions à l'extérieur de Montréal se forment mais ne comptent pas plus d'une à deux centaines de membres. Pour transmettre l'information, on fait l'usage de la section "petites annonces" des journaux "pro-patriotes" (La Minerve, 14 septembre 1837). On retrouve et reconnaît aisément ces articles de journaux dans La Minerve et le Vindicator traitant des diverses assemblées et activités du "club" par le titre de l'association et du slogan "En Avant" en entête des dits articles. Le groupe s'est aussi doté d'un hymne; Avant tout je suis Canadien, composé par George-Étienne Cartier. L'organisation des Fils de la Liberté disparaît peu de temps après l'échauffourée avec le Doric Club du 6 novembre, soit suite à l'émission des mandats d'arrêt contre les leaders de l'association, dont Papineau, O'Callaghan, Brown et Ouimet, le 16 novembre 1837 (WADE, 1966: 194). Au moment de sa disparition, elle comptait, selon le Gouverneur Gosford, 2000 membres (SENIOR: 56). Le total reste difficile à cerner car le nombre de personnes assistant aux divers événements varie d'un épisode à l'autre et d'une source à l'autre.

Les membres de cette association veulent "redresser les griefs qu'ils disaient ne pouvoir obtenir par la force morale" (déposition de G.-H.-É. Therrien). En d'autres termes, ils souhaitent utiliser d'autres moyens que les instances politiques pour faire valoir leur point de vue. La publication de l'Adresse des Fils de la Liberté de Montréal aux jeunes gens des colonies de l'Amérique du Nord (BERNARD, 1988: 214 à 222), le 4 octobre 1837, marque en quelque sorte le début des hostilités entre cette association et les Loyaux. Nous pouvons distinguer deux sections à cette organisation, soit la section civile et la section militaire. La première est sous la direction de Papineau et O'Callaghan et, comme président, l'avocat André Ouimet. La seconde est dirigée par Thomas Storrow Brown (BOYER, 1966: 376). L'organisation de cette "confrérie" est remarquable, chaque section civile est dirigée par un chef. En cas de conflit, les chefs deviennent des colonels et prennent sous leurs ordres l'une des six sections civiles sur le modèle de la milice (SENIOR, 1997: 36). On peut alors nuancer les propos de certains historiens qui qualifient le mouvement patriote de petite organisation ayant une structure, une organisation déficiente, car "les membres de l'organisation devaient se rassembler les dimanches afin de pratiquer les manœuvres militaires. Les lundis sont réservés aux affaires civiles" (SENIOR, 1997 :36).

Lors des réunions, on lit les journaux, afin d'informer ou de fouetter les membres. Le ton change, on utilise les sentiments plutôt que la raison lorsque l'on tente de dénoncer certains faits qui briment les droits des gens. On adopte aussi des résolutions comme dans les assemblées patriotes (La Minerve, 9 novembre 1837). On ne mentionne cependant pas sur quel mode se déroulaient à ces réunions. La participation des membres était-elle obligatoire ou volontaire? Chose certaine, cette association ne se voulait pas le reflet d'une lutte nationale ou religieuse, mais d'une lutte contre l'oppression exercée par le gouvernement, une lutte entre démocrates et aristocrates. Preuves à l'appui, le compte-rendu de la réunion du 5 septembre dans La Minerve du 7 septembre 1837. La quatrième "règle" est que : "La société se composera de la jeunesse en général et les seuls titres exigibles pour ceux qui désireront en faire partie, seront l'honnêteté et l'expression sincère de défendre leur pays contre l'arbitraire administration qui le régit, sans distinction de rang, d'origine ou de culte." Dans ce même article, on mentionne aussi que "L'association s'occupera exclusivement de la politique et de ce qui s'y rattache". Cette règle contredit quelque peu la division faite entre le civil et le militaire. À moins que le lien entre les affaires civiles, militaires et politiques soit évident dans l'esprit des dirigeants et qu'il était prévu, dès sa fondation, que les troubles armés étaient inévitables.

Nicolas Beaudette

BERNARD, Jean-Paul; (dir.), Assemblées Publiques, résolutions et déclarations de 1837-1838, Vlb éditeur, Montréal, 1988, 308p.; BOYER, Raymond, Les crimes et les châtiments au Canada français, L'Encyclopédie du Canada français, Le cercle du livre de France, 1966, 542 p.; CHAPAIS, Thomas, cours d'histoire du Canada, tome IV; 1833-1841, Québec, Librairie Garneau, 1923; Déposition de G.-H.-É. Therrien; LACOURSIÈRE, Jacques et Denis VAUGEOIS, Les troubles de 1837-38, Fides, Montréal; La Minerve, Montréal, septembre 1837 à décembre 1837; PAPINEAU, Amédée, Journal d'un fils de la liberté; vol 1, Réédition Québec, Montréal, 1972, 112p.; PARKS, H., Les rébellions de 1837; SENIOR, Elinor Kyte, Les habits rouges et les Patriotes, vlb éditeur, 1997, 312p.; WADE, Mason, Les Canadiens français de 1760 à nos jours, L'Encyclopédie du Canada français; Tome I, Le cercle du livre de France Montréal, 1963, 685p...

 

Recherche parmi 15772 individus impliqués dans les rébellions de 1837-1838.

 



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 Vittorio  (11 décembre 2011)
Parfait le texte que vous avez rédigé m'a été d'une utilité incroyable pour mon projet d'école! MERCI
 Vittorio  (11 décembre 2011)
Parfait le texte que vous avez rédigé m'a été d'une utilité incroyable pour mon projet d'école! MERCI
 Roxanne  (22 novembre 2008)
C'est drôle, moi aussi je fais une recherche sur un sujet semblable, et ce site est de l'or! L'info est claire, les sources sont écrites, tout m'a l'air parfait! J'en suis vraiment heureuse, merci beaucoup!
 phil  (13 mars 2008)
complet , bravo
 marie-andrée  (4 février 2008)
j'avais une recherche a faire sur les patriotes et merci de m'avoir permis de la complété! :D marie-andrée 12 ans
 simon ,12 ans  (7 juin 2006)
je fait une recherche sur les Fils de la Librté et cetexte est le meilleur que j`ai lu jusqu`à mainrenant! BRAVO!!!!
   (19 janvier 2006)
Qu`est ce que le Fils de la Liberté?

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