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Les Patriotes de 1837@1838 - Le charivari dans la Vall閑 du Saint-Laurent l'閜oque des R閎ellions
 ANALYSE 
     
Le charivari dans la Vall閑 du Saint-Laurent l'閜oque des R閎ellions
Article diffus depuis le 20 mai 2000
 




Les premi鑢es mentions des charivaris, que l'on retrouve dans les archives, datent du d閎ut du XIVe si鑓le (Le Goff et Schmitt, 1981: 141). l'origine, comme l'a d閒ini l'abb Jean Bonnecaz, "Le charivari est un bruit confus, tumultueux et d閟agr閍ble, d'une assembl閑 de gens qui crient d'une mani鑢e bouffonne, et font du tumulte avec des po阬es, chaudrons, des cors et des tambours, pour faire quelque sorte de confusion ceux qui se marient en secondes noces" (Levasseur, 1988: 59). Cependant, au cours des si鑓les et selon les r間ions, les rituels et les motifs des charivaris se sont grandement transform閟. On retrouve d'ailleurs diff閞ents types de charivaris en Angleterre, en Allemagne, en Italie, en France et dans plusieurs autres pays.

Dans la Vall閑 du Saint-Laurent, ce sont les pionniers fran鏰is qui ont apport avec eux la coutume du charivari. D'ailleurs, comme nous le fait remarquer Allan Greer, "Le ton carnavalesque et railleur des rassemblements, leur cadre nocturne, le vacarme, les masques et les costumes des participants, les longues processions dans les rues et leur caract鑢e r閟olument public, tout cela rappelle des pratiques fran鏰ises qui remontent au Moyen 耮e (Greer, 1997: 73)." De plus, comme en France, les premiers charivaris font g閚閞alement suite au mariage d'un couple mal assorti.

Au Bas-Canada, les premiers charivaris se sont d'abord produits dans les villes. Cependant, au d閎ut du XIXe si鑓le, avec la venue d'un plus grand nombre de villages dens閙ent peupl閟, la coutume s'est aussi retrouv閑 dans les campagnes canadiennes-fran鏰ises. Selon Allan Greer, la pr閟ence tardive du charivari en milieu rural s'expliquerait par la n閏essit de la pr閟ence de la foule requise par la coutume (Greer, 1997: 72). N閍nmoins, au cours des trois d閏ennies qui pr閏鑔ent les R閎ellions de 1837 et de 1838, le charivari est devenu une caract閞istique typique de la vie villageoise du Bas-Canada.

Entre le XVIIe si鑓le et le XIXe si鑓le, les rituels et les motifs du charivari au Bas-Canada ne changent pas et garde un visage coh閞ent et uniforme. Ainsi, contrairement beaucoup de r間ions du monde o la coutume s'est beaucoup transform閑, les charivaris du Bas-Canada ne s'adressent toujours qu'aux couples de nouveaux mari閟 qu'on juge mal assortis. Aussi, dans la lign閑 de la tradition fran鏰ise, le rituel consiste faire un tintamarre, pendant la nuit, devant la maison du couple vis par le charivari. Des individus d間uis閟 m鑞ent la manifestation o se rassemblent une foule de villageois. L'ambiance, la fois festive mais aussi hostile, oblige les nouveaux mari閟 faire appel un m閐iateur, afin de marchander une amende, pour obtenir la paix. Lorqu'une entente survient, le charivari se termine et le couple de nouveaux mari閟 peut commencer vivre paisiblement.

C'est partir de la R閎ellion de 1837 que le charivari se transforme de fa鏾n importante au Bas-Canada. En effet, cette 閜oque, bien qu'il reste souvent li au mariage, le charivari est r閏up閞 des fins politiques par les Patriotes. Le fait d'阾re un antipatriote devient un motif suffisant pour 阾re la victime d'un charivari. Par exemple, le 7 juillet 1837, le cur Paquin, de Saint-Eustache, est victime d'un charivari pour avoir condamn ouvertement le mouvement patriote (Greer, 1997: 158). Dans d'autres cas, comme celui de Rosalie Cherrier de Saint-Denis, c'est la d閜ravation sexuelle combin閑 l'all間eance au r間ime colonial qui attire la foudre des charivaristes. Cependant, ce sont les juges de paix et les officiers de milices qui ne donnent pas leur all間eance au mouvement patriote qui sont les victimes les plus cibl閟 des charivaristes (Greer, 1997: 200). Souvent, ces derniers finissent par remettre leur brevet ou quittent simplement leur village apr鑣 avoir 閠 les victimes d'un charivari politique.

Le charivari se transforme aussi sur plan du rituel l'閜oque des troubles. Bien que les groupes d'hommes demeurent d間uis閟 en faisant du vacarme, ils crient d閟ormais des slogans patriotes en se rendant chez leur victime. John Oswald, un agriculteur de Saint-Eustache, a d'ailleurs rapport que la foule criait des hourras pour Papineau et les Patriotes devant les maisons des Loyalistes, avant de se rendre chez leurs victimes (Greer, 1997: 158). Lorsque les charivaristes se rendent chez un officier de la milice, ils commencent par abattre son m鈚 et saccagent ensuite la maison de la victime. Lorsque celle-ci se d閏ide remettre son brevet, le grabuge cesse et les charivaristes quittent les lieux. Un autre aspect du rituel des charivaris, partir de la R閎ellion de 1837, est l'utilisation de la violence. En effet, exceptionnellement, des 閠ablissements sont incendi閟 et des coups de feux sont tir閟. Plus souvent, des carreaux sont bris閟, des maisons sont endommag閑s et les menaces de violence sont de plus en plus explicites. N閍nmoins, dans le contexte de l'閜oque, l'utilisation de la violence fut assez l間鑢e (Greer, 1997: 227).

Dans la p閞iph閞ie de Montr閍l, la coutume du charivari joue un r鬺e de premier dans les 関閚ements de 1837 (Greer, 1997: 71). Bien qu'il ne soit gu鑢e possible d'en conna顃re le nombre, des dizaines de charivaris se produisent dans la vall閑 du Richelieu et dans le comt de l'Acadie l'automne 1837 (Greer, 1997: 219). Il semble que l'utilisation du charivari politique fut un succ鑣 pendant les troubles de 1837, dans les comt閟 ruraux du Bas-Canada. Allan Greer affirme d'ailleurs qu' la suite des charivaris politiques, "... seule une poign閑 d'officiers de milice et de juges de paix d閠iennent encore une commission de la reine dans les comt閟 ruraux du district de Montr閍l, et ces individus sont isol閟 et assi間閟 (Greer, 1997: 229-230)." De ce fait, le charivari politique a permis aux patriotes ruraux d'apporter un soutien actif au mouvement patriote partir de l'automne 1837.

la suite des troubles de 1837 et de 1838, la coutume du charivari n'est plus la m阭e. En effet, en plus d'阾re li au mariage et au caract鑢e sacr de ses rites, le charivari est utilis comme une arme tout faire pour punir ceux qui ne respectent pas les r鑗les morales de la soci閠. Aussi, la coutume est utilis閑 de mani鑢e plus violente car l'objectif du charivari devient plut魌 ax sur l'expulsion des individus hors de la communaut que sur l'extorsion d'argent (Levasseur, 1988: 62-66).

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GREER, Allan, Habitants et Patriotes, Montr閍l, Bor閍l, 1997: 71-319.; LE GOFF, Jacques et Jean-Claude SCHMITT dir., Le charivari, Paris, 蒫ole des Hautes 蓆udes en Sciences Sociales, 1981: 7-147; LEVASSEUR, Roger, dir., De la sociabilit, Trois-Rivi鑢es, Bor閍l, 1990: 59-72..

 

Recherche parmi 15772 individus impliqu閟 dans les r閎ellions de 1837-1838.

 



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 margaret  (16 octobre 2009)
Fascinant! Une pratique dont j'ignorais les origines et le contexte au Bas-Canada
 Votre nom  (12 juin 2006)

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