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Les Patriotes de 1837@1838 - <i>Journal d'un patriote exilé en Australie (1839-1845)</i>
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Journal d'un patriote exilé en Australie (1839-1845)
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Journal d'un patriote exilé en Australie (1839-1845), François-Maurice Lepailleur, texte établi avec introduction et notes par Georges Aubin. Éditions du Septentrion, Sillery, 1996, 412 pages. Une recension de Claude V. MARSOLAIS. La Presse, 9 février 1997

À la suite des rébellions du Bas-Canada en 1837-1838, 99 patriotes sur les 875 condamnés au cachot furent condamnés à être pendus par le cou. Toutefois, seulement 12 furent exécutés et 58 autres virent leur peine commuée en exil à la Nouvelle-Galles du Sud (Australie). Jean-Maurice Lepailleur était parmi ces derniers.

Sous la conduite des deux commandants Joseph-Narcisse Cardinal et Joseph Duquette, de Châteauguay, Lepailleur et quelques autres avaient tenté de s'emparer le 4 novembre 1838 du dépôt d'armes des Mohawks de Kahnawake. Or, ces derniers qui avaient eu vent de l'affaire leur préparèrent un guet-apens, les firent prisonniers et les livrèrent aux autorités de Montréal le même jour.

Peintre en bâtiment et huissier depuis 1833 pour le compte des soeurs Grises, Lapailleur fut emprisonné au Pied-du-Courant jusqu'au 26 septembre 1839 alors qu'il fut embarqué avec 57 patriotes sur le bateau à vapeur British America au quai Gilbert. Ils se rendirent à Québec où ils furent transférés avec 83 autres rebelles du Haut-Canada sur le brick Buffalo qui appareilla le 28 au matin.

Le mérite de Lepailleur est d'avoir consigné quotidiennement dans cinq cahiers ses réflexions sur sa longue odyssée de plus de cinq ans en terre australe au bénéfice de son épouse Domitilde mais aussi de notre génération qui est bien peu au fait des conditions de vie des prisonniers et des gens de cette époque.

Il faut aussi reconnaître à Georges Aubin le mérite d'avoir traduit en langage compréhensible à nos contemporains la prose imprégnée de l'ancien français de l'auteur. Le journal de Lepailleur sous le titre de A Deep Sense of Wrong a déjà été édité en anglais en 1995 sous la supervision de Beverley Boissery à la Dundurn Press de Toronto.

Faits saillants

Le voyage sur le Buffalo, via le Brésil et le cap de Bonne-Espérance, jusqu'au débarquement des prisonniers à Sydney dura 166 jours. Les prisonniers étaient enfermés, menottes aux poignets, dans des chambres au fond de la cale. On leur permettait de sortir sur le pont une heure ou deux par jour. Le plus pénible était de vivre dans l'obscurité. "C'est malheureux de vivre dans un pareil cachot où on reconnaît à peine son voisin en plein jour ", note Lepailleur.

Parmi les faits saillants du voyage, l'auteur note que le 7 octobre 1839 au large des côtes de Terre-Neuve un roulin (énorme vague) couvrit la sentinelle qui était dans sa guérite tandis qu'un prisonnier américain fut éjecté du cabinet d'aisance et se retrouva au milieu du bâtiment avec "ses culottes toutes pleines de saloperie".

Le 18 octobre, l'auteur note dans son journal que pendant que les principaux du bâtiment les eurent fait monter sur le pont supérieur, des officiers allèrent fouiller dans leurs coffres et valises pour s'emparer de l'argent qui s'y trouvait.

Le 3 novembre, l'auteur signale que le bateau est prêt des côtes d'Afrique. Le 12 novembre, après avoir passé l'équateur, le capitaine décide de se diriger vers le Brésil que le bateau atteint, à la hauteur de Rio le 30 novembre. L'expédition lève l'ancre de nouveau le 5 décembre et se dirige vers l'est en direction du cap de Bonne-Espérance qu'il croisera le 28 décembre.

Le 8 février 1840: arrivée devant la baie d'Hobart-Town dans l'île de Tasmanie. Il faudra six jours avant que des vents favorables permettent au brick d'atteindre le port. Les prisonniers du Haut-Canada y débarquèrent pour y subir leur peine de deux ans de travaux forcés.

Le bateau lèvera l'ancre le 19 février pour atteindre Sydney le 25 février. Les prisonniers patriotes devront attendre jusqu'au 1er mars avant d'être amenés au camp de Longbottom, à quelque huit milles de Sydney. Ils effectueront pendant deux ans des travaux forcés consistant la plupart du temps à casser de la pierre ou à faire des briques. Par la suite, ils obtiendront un permis de travail et jouiront d'une certaine liberté jusqu'au moment où la reine Victoria leur accorde le pardon les autorisant à revenir au pays.

Au cours des premiers mois, les prisonniers durent se contenter d'une pitance médiocre constituée de viande gâtée par la chaleur et de pain à la farine grise.

Bien que fastidieuse, la chronique de Lepailleur nous décrit les moeurs de la colonie australienne qu'il assimile à une colonie pénitentiaire de la Grande-Bretagne. La majorité des arrivants sont des prisonniers qui viennent purger une peine avant d'être remis en liberté. Il voit beaucoup de policiers circulant dans les chemins à la poursuite de prisonniers évadés qui ont fui dans les bois, mais bien peu qui sont repris. Il note que les habitants passent souvent leur temps à se saouler et à battre leurs femmes. Il ajoute que celles-ci ne semblent pas autant attachées à leur mari qu'au Canada. "Les femmes ne font pas de cas d'inviter un homme à venir prendre un coup à l'auberge ", écrit-il.

L'auteur, une fois libéré des travaux forcés, se remit à son ancien métier de peintre, ce qui lui permit de vivoter jusqu'à son départ le 10 juillet 1844. La barque Achilles l'amena jusqu'à Londres, via le cap Horn. De cette ville, il reprit un bateau, le Switzerland, qui l'amena à New York le 13 janvier 1845. Six jours plus tard, il arrivait enfin à Châteauguay retrouver sa chère épouse Domitilde.

JOURNAL D'UN PATRIOTE EXILÉ EN AUSTRALIE (1839-1845), François-Maurice Lepailleur, texte établi avec introduction et notes par Georges Aubin. Éditions du Septentrion, Sillery, 1996, 412 pages.

 


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