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Les Patriotes de 1837@1838 - Le clergé
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Le clergé
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




La révolution américaine de 1775 et la révolution française de 1789 annoncent un peu partout dans le monde l'échec du principe aristocratique et la victoire du principe démocratique reposant sur la volonté du peuple et de la nation. Au début du XIXe siècle on assiste dans la colonie du Bas-Canada à la naissance d'un mouvement alliant démocratie, libéralisme et nationalisme. C'est la bourgeoisie professionnelle canadienne-française qui sera porteur de cette idéologie rejetant à la fois le pacte aristocratique des seigneurs et le libéralisme économique de la bourgeoisie britannique. Elle s'érige en championne du peuple francophone et désire construire une grande démocratie rurale sur les rives du Saint-Laurent.

Ceux qu'on appelera bientôt les Patriotes s'opposent à ce qu'un petit nombre d'individus puisse imposer sa volonté à la majorité de la population. A l'oligarchie, les Patriotes vont opposer la démocratie. Démocratie et nationalisme font d'ailleurs bon ménage puisque la démocratie conduit à donner le pouvoir à la majorité canadienne-française. Ce qui n'aurait pu être qu'un combat politique (oligarchie vs démocratie) devient donc rapidement une lutte nationale puisque les Patriotes affirment que la seule façon pour un peuple de conserver son caractère original et son intégrité est de se gouverner lui-même. En d'autres termes, la bourgeoisie professionnelle met de l'avant un nationalisme comme moyen de promouvoir la justice, la démocratie et l'épanouissement de la culture canadienne-française. Ce nationalisme s'exprime avant tout sur le plan politique puisque cette bourgeoisie professionnelle ne dispose guère que d'un outil privilégié: l'Assemblée législative du Bas-Canada où le Parti patriote détient la majoritaire et d'où il va bientôt déclencher les Rébellions.

Malgré l'échec des Rébellions de 1837-1838 et l'exil des principaux leaders patriotes, le nationalisme politique ne meurt pas tout à fait au Bas-Canada. En effet, à la fin des années 1840, un groupe désigné sous le nom de Parti rouge présente une vision du monde axée sur le libéralisme politique, le nationalisme et même l'anticléricalisme. Beaucoup moins influents que les Patriotes de 1837, les Rouges comptent moins sur la politique que sur leurs journaux et leurs cercles de lectures (appelés Instituts canadiens) pour diffuser leur idéologie libérale et démocratique, prônant la tolérance. Ces Instituts canadiens visent aussi, entre 1844 et 1877, à relever le niveau intellectuel des Canadien-Français et dispenser une éducation technique, moins engoncée dans la métaphysique que les collèges classiques. Concrètement, les Rouges organisent des conférences et mettent à la disposition du public de riches bibliothèques ouvertes à tous les courants.

Le principal problème de l'idéologie rougiste est qu'elle n'arrive pas aussi bien que chez les Patriotes à concilier un libéralisme tolérant et un nationalisme ethnique. Déchiré entre le rêve d'une nation indépendante et celui de s'annexer à la grande république américaine, le nationalisme libéral s'écroule peu après la Confédération sous les assauts conjugués du clergé et de la bourgeoisie d'affaires.

Le libéralisme politique, pratiqué par les Patriotes et les Rouges, basé sur la promotion des droits de la nation majoritaire et sur une démocratie plus étendue, n'appuie pas nécessairement un libéralisme économique basé sur la libre-concurrence, la réussite matérielle et le désengagement de l'État. L'élite professionnelle francophone n'a d'ailleurs aucun intérêt économique spécifique, elle défend plutôt le point de vue des paysans et des petits marchands locaux. Comme l'écrit Gilles Bourque, elle cherche à structurer une économie proprement bas-canadienne en créant éventuellement un secteur industriel à partir de l'agriculture, seule ressource disponible par suite de l'accaparement du grand commerce par la société anglo-marchande.

 


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