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Les Patriotes de 1837@1838 - L'âge d'or du journalisme
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L'âge d'or du journalisme
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Les premiers journaux de l'histoire du Québec, La Gazette de Québec (1764), The Montreal Gazette (1785), sont généralement bilingues et surtout destinés à informer les commerçants du prix des denrée et des arrivages de navires marchands. Au début du XIXe siècle, il y a déjà de nombreux journaux, rivalisant sur le plan des idées politiques et se disputant un petit nombre de lecteurs. Ils ont cependant tous de nombreux airs de parenté. Disons d'abord qu'ils sont chers, n'ont que quelques pages, sans aucun gros titre, ni illustration, ni bien sûr de photos. Les technologies d'impression ne permettent en effet que de reproduire des plombs typographiques sur cinq colonnes par page (les colomnists sont d'ailleurs payés selon le nombre de colonnes écrites). Disons ensuite que leur contenu est austère, intellectuel et qu'il poursuit en général une mission éducative. C'est que le faible taux d'alphabétisation confine le cercle des lecteurs à une petite élite cultivée pour qui le journal est une source de formation continue que n'offrent alors ni les écoles, ni les livres en nombre insuffisant. Disons enfin que les divers journaux du XIXe siècle défendent en général une orientation politique ouvertement déclarée. Au moins jusqu'à la venue d'un câble télégraphique entre l'Europe et l'Amérique en 1867, les moyens de communications de l'époque n'acheminent les informations que très lentement et que très parcimonieusement (Les nouvelles d'Europe nous parviennent en général avec deux mois de décalage). Incapables de remplir les pages uniquement avec des nouvelles, les rédacteurs remplacent l'information par des textes d'opinions parfois virulents.

Les intenses débats parlementaires entre 1810 et 1850 constituent à cet égard un stimulant hors de pairs pour la production journalistique. Lorsque les Patriotes attaquent les Bureaucrates au Parlement, Le Canadien (1806), La Minerve (1826) le Vindicator (1828) et l'Écho du Pays (1833) les appuient inconditionnellement alors que le vieux Montreal Gazette, le Quebec Mercury (1805) et le Montreal Herald (1811) les condamnent immanquablement.

Triomphant après 1840, le clergé catholique lance ses propres publications afin de combattre les idées jugées dangereuses et diffuser sa propre idéologie ultramontaine. Mélanges religieux (1840), Le Journal de Trois-Rivières (1847), L'Ordre (1858) et le Nouveau Monde (1867) comptent ainsi au nombre des organes officiels de l'Église. Ses adversaires seront les journaux libéraux, proches du parti des Rouges et qui critiquent ouvertement l'influence cléricale. L'Avenir (1847), Le Pays (1852), Le Défricheur (1862) ou La Lanterne (1868) affrontent l'Église qui interdit formellement aux croyants de lire ces véhicules des doctrines empestées.

Durant ces échanges virils, des journalistes de grand talent affûtent leur plume et ferraillent parfois brillamment. Mentionnons les noms de Pierre Bédard, fondateur du Canadien et emprisonnés plusieurs fois pour ses opinions, de même que Daniel Tracey et Ludger Duvernay. D'autres journalistes, comme Napoléon Aubin, Arthur Buies et Honoré Beaugrand se distinguent par leur talent littéraire, leur ouverture d'esprit et leur humour caustique et voltairien. D'autres enfin furent d'authentiques intellectuels, capables d'élever les querelles politiques au niveau d'un débat sur l'avenir du peuple québécois; c'est Antoine-Norbert Morin, Louis-Antoine Dessaulles et Étienne Parent. A l'époque des Patriotes, ces premiers éditorialistes sont responsables de l'éducation politique des électeurs, lutte ensuite pour la conquête du Gouvernement responsable (1849) ou dénoncent la corruption au sein des partis politiques à l'époque de la Confédération. Nul doute que les journaux occupent une fonction essentielle dans l'essor de la pensée critique et dans la naissance d'une culture intellectuelle au Québec du XIXe siècle. Très nombreux à circuler et peu couteux à produire, ils permettent d'abord à une grande diversité opinions de s'exprimer. Les journaux offrent en plus une vitrine indispensable pour nos premiers auteurs qui y font paraître leurs premières oeuvres et y exercent leur talent.

 


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