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Les Patriotes de 1837@1838 - Le travail et les travailleurs à l'époque des Rébellions
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Le travail et les travailleurs à l'époque des Rébellions
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Étant donnée la croissance de Montréal en particulier, on aménage après 1850 des faubourgs qui s'étalent le long du fleuve et au nord, au delà de la rue Sherbrooke. La population plus pauvre, les ouvriers, les artisans et les journaliers, vivent dans ces nouveaux quartiers, à proximité des premières implantations industrielles, en particulier le long du canal Lachine, dans le faubourg Sainte-Anne et, le long du fleuve, dans le faubourg Québec. Ils sont surtout locataires et dépendent en général d'un travail salarié. Les artisans, ces petits entrepreneurs indépendants embauchant un ou deux apprentis, sont encore nombreux au début du XIXe siècle, mais ils tendent à diminuer à mesure que les manufactures apparaissent.

Mis en faillite par des entreprises plus productives, les artisans n'ont d'autre choix que de devenir ouvriers qualifiés à l'emploi d'un capitaliste. Outre ces anciens artisans, qui forment le noyau le plus organisé de la classe ouvrière, arrivent bientôt dans les nouvelles manufactures les travailleurs non-qualifiés (en particulier les journaliers) qui forment 40% de la population active de Montréal en 1825. Les capitaines d'industries trouvent aussi une main-d'oeuvre nombreuse et bon marché parmi les immigrants irlandais qui arrivent pauvres et sans ressources chaque année depuis 1815 dans le port de Québec. Enfin, avec l'industrialisation plus rapide après 1880 à la fin du siècle, l'exode rural des campagnes aboutit de plus en plus dans les usines.

Car aucun groupe n'entre vraiment de gaieté de coeur dans les manufactures. Les salaires y sont misérables et les conditions de travail épouvantables. Les ouvriers sont généralement payés à la pièce et, pendant douze heures par jour, subissent l'humiliation et parfois la violence d'un patron ou d'un contremaître. Il n'est pas rare d'y rencontrer père, mère ainsi que des enfants de moins de douze ans. La classe politique, formée de marchands et de professionnels ruraux, prendra du temps à s'intéresser au sort des ouvriers. Les quelques syndicats qui existent avant 1880 ressemblent davantage à des corporations professionnelles regroupant les ouvriers les mieux payés et les mieux organisés, notamment dans les métiers de la construction (charpentiers, menuisiers, maçons).

Les activités de services sont encore peu importantes, mais très diversifiées. A côté des nombreux hôteliers et restaurateurs, il y a l'arpenteur, l'inspecteur des chemins et le crieur public. Les marchands ambulants, qui sillonent les chemins de campagne: colporteur, fondeurs de cuillers, crampeurs de poëles ou raccommodeurs de faïences, arpentent aussi les rues de la ville. Les femmes quant à elles forment déjà environ le quart de la main d'oeuvre. On les retrouve surtout comme domestiques, une activité très importante, comme ouvrières et enfin comme institutrices. Le portrait social du Québec entre 1810 et 1880 est donc fort diversifié. Ces écarts sociaux sont en outre complexifiés par l'origine nationale ou linguistique. Les historiens se demandent depuis longtemps si les tiraillements qu'on rencontre dans la société québécoise entre 1810 et 1880 relèvent d'une lutte entre classes sociales ou d'une lutte ethnique ou même, plus profondément, d'une lutte entre une mentalité rurale et agriculturiste et une mentalité urbaine et commerciale. On peut déjà pressentir cependant que des groupes sociaux, des mentalités et bientôt des idéologies et des partis politiques vont s'affronter pour voir triompher leur vision respective du monde.

 


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