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Les Patriotes de 1837@1838 - L'Exode aux Etats-Unis
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L'Exode aux Etats-Unis
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




Le milieu rural subit donc des tensions importantes entre 1810 et 1880. La colonisation ne fut pas un moyen viable de contrecarrer les effets de la crise agricole. Bon nombre vont donc choisir de quitter définitivement le Québec pour les centres industriels plus dynamiques du Nord-Est des États-Unis.

Du fait du nombre d'individus impliqués, la grande migration des Québécois vers les États de la Nouvelle-Angleterre, pendant le siècle qui suit les Rébellions de 1837-1838, représente un drame humain et national d'une ampleur sans pareille. Un certain nombre de nuances s'imposent toutefois. Disons d'abord que l'exode rural, c'est-à-dire le passage des campagnes vers les villes, est un phénomène normal dans une société qui passe d'une économie agricole à une économie industrielle. Mais ce qui cause les départs hors du pays c'est qu'au Québec l'agriculture est déficiente et libère un nombre excessif de paysans avant même que l'industrie des villes ne soit prête à accueillir tous ces paysans ruinés. Avant 1880 en effet, Montréal et Québec sont encore des villes commerciales, aux activités de transport et de commerce importantes certes, mais où il y a encore fort peu d'emplois pour des ouvriers non-qualifiés.

Notons également que les Canadiens-Français ne sont pas les seuls à se diriger vers les États-Unis à cette époque. On estime qu'entre 1870 et 1930 pas moins de 13 millions d'immigrants provenant en particulier d'Europe immigrent aux États-Unis qui connaissent alors un taux de croissance spectaculaire à cause de l'industrialisation des États de l'Est et de l'ouverture des terres à l'Ouest du Mississipi. Le Québec, comme le reste du Canada d'ailleurs, n'échappe évidemment pas à cette attraction.

Comme le montre le graphique X, plus de 150 000 Québécois quittent le Québec dans les pires décennies. Au terme d'un siècle d'exode c'est près de 900 000 personnes qui ne reviennent généralement plus. Les régions du Québec les plus touchées par l'exode sont celles situées près de la frontière américaine, au sud de Montréal, celles qui souffrent le plus de la crise agricole et d'une surpopulation relative et enfin celles qui ne bénéficient pas d'un centre régional d'envergure. Par exemple, les comtés contenant les villes industrielles de Valleyfield, Saint-Jean et Saint-Hyacinthe sont peu touchées. Pour d'autres c'est le désastre. Dans Soulanges, Chateauguay, Iberville ou Napierville, la population diminue de près de la moitié entre 1850 et 1900, et ce malgré un taux de natalité vertigineux. Antoine Labelle, curé à Napierville dans les années 1860 dit constater de dimanche en dimanche les bancs se vider dans son église. A mesure qu'on se dirige vers le nord de la province les chiffres tendent à diminuer. Les pressions démographiques y sont moins fortes, l'attrait des ÉtatsUnis moins évident et la colonisation y paraît une perspective plus alléchante.

Les départs se font en famille (72%) ou alors de jeunes hommes célibataires partent seuls (11%). Contrairement aux autres Canadiens qui quittent davantage en direction du centre-nord et de l'Ouest des ÉtatsUnis, 60% des Canadiens français s'orientent plutôt vers les États du Massachussets, du Connecticut et Michigan. Ils y travaillent surtout dans l'industrie légère, en particulier dans le domaine textile. Une fois la barrière de langue franchie, on les retrouve en nombre croissant dans le commerce et les services. Leurs descendants forment aujourd'hui une communauté de plusieurs millions d'individus dont l'assimilation est à peu près complétée.

 


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