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Les Patriotes de 1837@1838 - Le grand commerce au Québec durant le 19e siècle
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Le grand commerce au Québec durant le 19e siècle
Article diffusé depuis le 20 mai 2000
 




La morue, pêchée au large des côtes, constitue au 16e siècle le premier staple de l'économie canadienne. L'abondance de la morue poussa les Européens à diriger toute leur énergie dans cette activité. Mais la pêche de la morue n'impliquait pas une occupation du territoire ni de présence militaire.

Après 1608, le commerce des fourrures et surtout celle du castor orienta à son tour tout le développement du Canada. La traite des fourrures occasionna des relations plus intenses avec les Amérindiens, l'occupation d'un immense territoire de trappe, mais un faible peuplement européen, puisqu'une main d'ouvre modeste suffisait à cette activité. Sous l'occupation britannique, la traite des fourrures se poursuit et s'étend vers l'ouest. Le commerce des pelleteries converge vers Montréal jusqu'en 1800, puis décline rapidement pour y disparaître après 1821. Le blé aurait pu ensuite jouer ce rôle de Staple, mais la crise agricole fit que seul l'Ontario profita de la forte demande pour cette céréale après 1840 et de la hausse mondiale des prix après 1850. Cette province profite en effet d'une conjoncture exceptionnelle. En 1840, les terres de l'Ontario sont neuves et très productives. Le déboisement qui l'accompagne permet aussi d'écouler le bois d'ouvre aux États-Unis. Enfin, l'aménagement de canaux et de chemins de fer, plus nombreux qu'au Québec durant les années 1840-1850, fait en sorte que l'Ontario exporte son blé à des prix bien plus bas. C'est de là qu'origine la supériorité économique de l'Ontario sur le Québec. Une agriculture plus riche permettra aux paysans ontariens d'acheter davantage, de se moderniser et d'ainsi stimuler plus tôt l'industrie dans cette province.

Le bois équarri sera le véritable staple ou produit générateur de l'économie québécoise au XIXe siècle. Face au blocus continental décrété par Napoléon en 1803, l'Angleterre doit d'urgence trouver de nouveaux approvisionnements en bois pour préserver sa supériorité navale sur la France. Dès 1806 le bois de pins blanc commence à descendre l'Outaouais vers le port de Québec. Les prix du pin atteignent un sommet inégalé en 1809, entraînant une véritable ruée vers les forêts les plus accessibles. Il y a alors peu de contrôle des droits de coupe: forests were practically as open for cutting as the sea was for fishing. Entre 1803 et 1810 les exportations du port de Québec sont multipliées par quinze. Après la chute de Napoléon, l'Angleterre maintient son tarif inchangé jusqu'en 1821, pour l'abolir en 1846. Le commerce du bois connaît son apogée vers 1840, mais la demande se maintien forte jusqu'en 1860. Vers 1850, le Québec est pleinement engagé dans une économie de Staple. Le bois, les céréales et la potasse (cendre de bois) constituent 90% des exportations du port de Québec, essentiellement destinées à la Grande-Bretagne. Plutôt que de revenir vides, les navires reviennent alors chargés d'immigrants qui peuplent les villes et fournissent une main-d'oeuvre bon marché aux chantiers forestiers.

Le commerce du staple du bois alimente une foule d'activités connexes. Des chantiers sont installés l'hiver surtout le long de l'Outaouais et du Saint-Maurice dont les forêts regorgent de pin. Le bois coupé est déposé par les bûcherons sur la rivière gelée. Une fois la fonte engagée des draveurs acheminent les billots grossièrement coupés en madriers jusqu'au principal affluent. Le bois est alors rassemblé en cages, immenses radeaux de bois, sur lesquels des cageux installent des voiles de fortune et des cabanes. Au cours de l'été cette singulière flottille converge toute vers le port de Québec. Là s'amoncellent des quantités énormes de bois. De Québec en 1840 on expédie 2 732 645 pièces de bois. Il y a tant de bois qu'il faut construire de nouveaux navires pour le transporter. On construit deux mille navires au cours du XIXe siècle dans une cinquantaine de chantiers de Québec où travaillent jusqu'à 4 600 ouvriers. D'autres métiers sont stimulés par le commerce du bois. Qu'on pense aux nombreuses fabriques de potasse, de tonneaux, de châssis, de boîtes ou de portes.

Les Américains, dont les réserves forestières déclinent après 1850, se montrent surtout intéressés par le bois scié en planches, indispensable pour la construction des villes. Bien que moins que l'Ontario, le Québec profitera de cet important marché jusqu'à la crise de 1874. De petites industries: les scieries, en profitent alors et surgissent par dizaines à travers le Québec, mais surtout à l'embouchure des rivières dont elles utilisent la force hydraulique.

Quoique momentanée, l'intense exploitation du bois dans la Vallée du Saint-Laurent aura des effets durables qui confirment la théorie du staple. Elle entraîne dans l'immédiat une foule d'activités périphériques. Elle stimulera aussi l'aménagement d'un réseau de transport, provoque l'émergence d'un système financier autour des banques et permet aux premières industries de prendre racines.

 


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