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Les Patriotes de 1837@1838 - Assemble des Fils de la Libert - Outrages constitutionnels et destruction de l'imprimerie du Vindicator, etc. [Article de <i>La Minerve</i>, du 9 septembre 1837.
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Assemble des Fils de la Libert - Outrages constitutionnels et destruction de l'imprimerie du Vindicator, etc. [Article de La Minerve, du 9 septembre 1837.

                Article diffusé depuis le 13 avril 2013

 



Il y a maintenant dans latmosphre politique quelque chose de sombre et de menaant pour lavenir. Toutes les autorits tablies ne semblent pouvoir maintenir le rgne des abus qu force de duplicit, dinjustices et de lsions. Nos lois sont foules aux pieds, nos rclamations mprises, nos concitoyens perscuts, et comme si ce ntait assez de cela, une oligarchie, une faction ose encore ajouter aux souffrances du pays linsolente prtention de vouloir faire la loi la grande masse du peuple.Il semble que le gouvernement et cette oligarchie sentendent pour nous opprimer, pour nous arracher, nous et nos enfants, notre patrimoine, et asseoir sur les ruines de nos liberts lempire du petit nombre sur le grand, de laristocratie-singe sur la dmocratie, des brutales passions sur les droits et la justice. Boirons-nous le calice jusqu la lie?

Lundi les Fils de la Libert devaient se runir, non pas en assemble extraordinaire, mais en assemble mensuelle et fixe davance des poques dtermines par un rglement spcial de lAssociation. Le but de cette runion ntait pas non plus de troubler le repos publics, comme lont dit mensongrement les journaux de la faction, mais de passer des rsolutions exprimant les opinions de nos jeunes concitoyens, dune manire paisible et avec tout lordre convenable, comme ils lavaient dj fait et ainsi quils en avaient indubitablement le droit. Eh bien! notre magistrature, dont la trs grande majorit est bureaucrate, quoiquelle ait t nomme par le gouvernement actuel que le Canadien voudrait pourtant nous faire croire favorable aux intrts du peuple, notre magistrature, disons-nous, lana une proclamation quelle fit afficher le dimanche, au milieu d,une paix profonde, dfendant aux citoyens de sassembler, de porter des bannires et de faire de la musique dans les rues. Cette proclamation fut impose au public sous le prtexte frivole quon avait de bonnes raisons de croire que des personnes malveillantes voulaient attenter la tranquilit publique. Ces apprhensions singulires paraissent avoir t communiques aux magistrats par quelque tory, on ignore ce qui a pu les inspirer celui-ci, si ce nest toutefois une petite circulaire adresse individuellement une section des Fils de la Libert par leur chef, les invitant se runir dimanche en face de lglise pour quelque affaire importante. Cest ici le lieu de dire que le Courier, lorgane du parti whig, a eu limpudeur de donner cette circulaire, qui ntait videmment quune affaire particulire et qui ne regardait quune fraction de lassociation, comme quelque chose de sinistre et dextraordinaire en vue dexciter les passions de ses fanatiques partisans.

Cette circulaire ntait bien certainement pas de nature donner des apprhensions de troubles et dattentats la paix publique, puisquil ny tait dit tout simplement: vous tres requis de vous trouver en tel lieu, telle heure, pour affaires importantes et quon ny faisait nullement allusion au lendemain, jour auquel la proclamation se rapportait. Quoiquil en soit de cet incident, dans ses rapports avec la mesure des juges de paix, toujours est-il que leur allgation dattentats ntait quun misrable prtexte pour lancer leur proclamation et empcher par l les Fils de la Libert de sassembler; car rien au monde ne justifiait leurs feintes apprhensions, et, comme nous lavons dit dj, jamais la ville navait jusque l joui dune paix plus profonde. Les Fils de la Libert voulaient sassembler paisiblement et se disperser de mme aprs avoir dispos de leurs procds.

Nonobstant les obstacles ainsi jets sur leur route, les Fils de la Libert rsolurent dun commun accord de se conformer aux rglemens de leur association. Lundi matin, les chefs firent prvenir leurs sections respectives de se runir aux lieu et heure fixs, lhotel Vigent, quoique les constitutionnels eussent eu linsolence de tapisser pendant la nuit les coins des rues de placards invitant les gens sassembler sur la place dArmes, midi, pour touffer, disaient-ils, la rbellion sa naissance !!!

Les Fils de la Libert se rendirent donc partis en dtails et partie en corps leur assemble, mais comme leur but ntait pas de crer du tumulte, ils ne portrent ni musique ni bannires. Ils sy rendirent paisiblement et dans le plus bel ordre. Une seule section, celle No 1, fut insulte sur son passage, par la canaille rassemble sur la place dArmes. Il en rsultat une rixe entre deux ou trois individus des deux partis o les Fils de la Libert eurent le dessus et chatirent de la belle manire ceux qui les insultaient. La dmle ft devenue gnrale si les autres membres du Doric Club eussent avanc, mais ils neurent pas le courage dattaquer de front, la colonne inbranlable des patriotes, pour secourir ceux ou celui des leurs (car nous ne sommes pas sre du nombre) qui staient risqus. A part ce petit incident, il nest rien arriv, que nous sachions, qui mrite la peine dtre signal dans la marche de celles des autres sections qui allrent en corps au rendez-vous.

Vers deux heures de laprs-midi, les Fils de la Libert, runis au lieu indiqu, ouvrirent leur assemble dans la cour. Le Prsident stant plac au fauteuil, il fut prononc plusieurs discours et adopt plusieurs rsolutions que lon trouvera ailleurs dans cette feuille. On pourra se convaincre en les lisant, que le projet allgu par les magistrats dans leur proclamation et par les tories dans leurs journaux, de troubler le repos public nexistait que dans lesprit de ceux qui le dsiraient peut-tre pour se donner loccasion de provoquer les Fils de la Libert, et faire parader la force militaire, la faveur de laquelle les tories savent si bien manoeuvrer. Lassemble se passa donc dans le plus grand ordre: le calme, lharmonie ne fut pas un instant troubl de la part des membres. Aprs la passations des rsolutions, les procds tant considrs comme termins, les deux tiers, environ, des assistans se retirrent? par la rue Notre-Dame, non pas en corps, mais individuellement, les uns aprs les autres.

Peu de temps aprs (alors la runion, diminue denviron deux tiers comme on vient de le dire, se composait da peu-prs cinq cents membres), peu de temps aprs, disons nous, et au moment o il tait question de lever la sance, plusieurs pierres, lances de la rue St. Jacques, pardessus la porte de cour qui donne sur cette rue, tombrent, quelques-unes sur les toits des btimens contigus, dautres au milieu de lassemble o elles blessrent mme quelques-uns des assistans. On alla voir de suite qui pouvait se rendre coupable dune aussi honteuse action, et un rassemblement de constitutionnels (les mmes qui staient runis sur la Place dArmes pour touffer la rbellion la naissance ) que lon aperut auprs, sur les derrires, sur St. Jacques, indiquait suffisamment quels taient les agresseurs. Les pierres furent bientt suivies des cris, car elles taient peine tombes que les constitutionnels hurlaient dj la porte de cour quils frappaient coup redoubls avec des btons et des pierres; ils insultaient les Fils de la Libert, quils dfiaient hautement au combat en les traitant de lches, de poltrons, etc.

Les Fils de la Libert ayant achev leurs procds, ils se retirrent. En dbouchant sur la rue St. Jacques, une grle de pierres vint les assaillir une seconde fois (1). La faction bureaucrate tait l au grand complet, les Fils de la libert ripostrent sur le mme ton, et comme la faction rcidivait, ils slancrent sur elle et la firent retraiter prcipitamment. Quelques coups de pistolet furent, dit on, tirs de part et dautre, et une balle, (selon le Herald qui son ordinaire rapporte tout de travers) salla loger dans la manche dun des agresseurs. Nous ignorons si ce fait est correct, mais nous lacceptons tel quel: si quelques uns de lassociation des jeunes gens taient munis de btons et dautres armes pour se dfendre, ils pouvaient tre justifiables, car ils taient menacs, comme nous lavons fait remarquer en premier lieu, par un placard anonyme que lon savait avoir t affich par les membres de la socit secrte appele Doric Club.

Cependant, les aggresseurs stant rallis revinrent un instant aprs la charge: ils taient arms de pied en cap: la phalange patriote les repoussa une seconde fois, puis une troisime, et elle resta dfinitivement matresse du champ de bataille. La dmle se fit dans la rue St. Jacques, la rue Notre-Dame et dans les rues transversales, partir du march au foin jusqu la rue St. Lambert, en face de la demeure de L.H. Lafontaine, cr., o le combat se termina. Ainsi lon voit la distance parcourue par les combattans: les Fils de la Libert furent fidles leur dvise, car, et nous le disons leur gloire, ils ne se portrent quEN AVANT, tandis que le Doric Club retraitait de toutes parts et presque toujours en dsordre. Ctait une curieuse scne que de voir les hros improviss du Herald Chercher dans la fuite un salut glorieux! Ils rappelaient au souvenir des spectateurs ces troupeaux de moutons dont il est fait mention dans lhistoire du chevalier de la Manche. Au troisime effort, la droute des constitutionnels fut complte. Les patriotes se rendirent, comme on la dit, jusquen face de la maison de Mr. Lafontaine, toujours en repoussant lennemi; l ils se dispersrent.

Il faut remarquer ici que ds le commencement, et comme toujours, les constitutionnels firent voir quils ntaient pas dcids suivre le bel exemple des rformistes en respectant les proprits. On nous dit que des vitres ou des chassis ont t briss le long de la route et notamment chez le Dr. Robertson, de sanglante memoire: cest l le rsultat des pierres quils lanaient continuellement, quand les Fils de la Libert leur en donnait le temps toutefois. Nous ne dirons pas que le champ de bataille tait jonch de morts et de blesss, mais le sang dont la terre tait partout rougie leut fait prsumer. Quand on saura que la section des Fils de la Libert qui se trouvait le plus expose na eu que deux hommes de frapps, non dangereusement, mais de manire saigner, on pourra juger de quel ct se trouvent les pertes .

Nous faisons ici une pause pour fliciter nos jeunes concitoyens, les Fils de la Libert, de la manire honorable et tout--fait comme il faut avec laquelle ils ont rempli leur devoir; car il ne faut pas loublier, ils ont t attaqus. Ils sassemblaient pour exercer un droit sacr, celui de dlibrer sur les affaires publiques. Ils vont paisiblement et mme silencieusement au lieu de runion. Lordre, lharmonie, rgne parmi eux; une bande de forcens les attaque, ils se dfendent, ils la repoussent. Cela fini, ils se dispersent, et chacun deux sen va chez-soi paisiblement comme il est venu, et sans avoir commis le moindre acte de spoliation ou de lchet! Voil ce quon appelle se conduire noblement et en hommes dignes de la libert! Que ne pouvons nous, hlas! en dire autant de nos adversaires politiques!

Ds quon vit les constitutionnels battus et fuyant de toutes parts, leurs amis les magistrats, qui taient en session, se hatrent de demander lintervention du militaire. M. Shuter fut charg de lexcution de cet ordre, et il alla en consquence mandier le secours des troupes, non pas pour protger les Files de la Libert attaqus car ils taient partis, mais pour donner du coeur et de laudace aux constitutionnels mis en droute ainsi que le prouve leur conduite subsquente. Cette tentative de la part des magistrats de provoquer un 21 mai choua, et ils durent prouver un cruel dsappointement: les Fils de la Libert avaient gagn la victoire et taient peu prs tous retirs, lorsque la force arme arriva.

Nous devons rectifier ici deux des nombreux faux allgus dun journal bureaucrate qui dit que cest la curiosit qui avaiat attir une cinquantaine de constitutionnels prs de lendroit ou staient assembls les Fils de la Libert. Ce ne peut pas tre la curiosit, car ces constitutionnels taient tous arms, et ils nest pas possible que de simples curieux eussent jet des pierres, frapp coups de batons, hurl et dfi une assemble de citoyens paisibles qui ne leur disaient rien et quils ne voyaient mme pas. Les constitutionnels attroups en cet endroit ntaient pas une cinquantaine, mais de beaucoup plus nombreux que les Fils de la Libert: ctait en un mot lassemble de la place dArmes qui stait transporte prs des Fils de la Libert pour touffer comme elle le disait dans son placard, la rbellion sa naissance .

Cependant le bruit que les troupes allaient venir stant aussitt rpandu, les chefs bureaucrates firent tous leurs efforts pour rallier de nouveaux les fuyards. A laide des troupes, ils se rallirent, et ayant aperu tout auprs quelques groupes de Canadiens dont plusieurs taient des Files de la Libert, ils se rurent sur eux, croyant se venger de la honteuse dfait quils venaient dessuyer, mais ils ne russirent qu demi, car les vingt trente patriotes qui taient l, stant aperus temps de lattaque dont ils taient lobjet de la part de plusieurs centaines de furieux, sesquivrent heureusement lexception de quelques uns qui ne purent se sauver. Ceux-ci furent inhumainement maltraits. Nous voudrions pouvoir borner ici cette narration, mais les faits que nous avons citer sont trop importans pour tre omis.

Aprs cette nouvelle prouesse, la bande constitutionnelle, quon peut appeler aussi bande des quarante voleurs, ainsi quon va le voir, rsolut, forte quelle tait de lappui des magistrats et du militaire, daller exercer sur les proprits dautrui les vengeances quelle aurait voulu exercer sur les personnes elles-mmes: elle se rendit en criant la manire des sauvages, jusqu la maison de M. Dupuis, au coin des rues Sanguinet et Dorchester. Rendue l, cette bande commena par investir la maison, hurlant dune faon pouvantable, menaant et maltraitant tout ce qui se trouvait auprs. La maison dont il sagit est deux tages et en bois. Le haut est occup par M. Gauvin, jeune et le bas comme picerie par M. Gauthier. Stant bien assur quil ny avait personne chez M. Gauvin, la bande jeta des pierres et brisa toutes les vitres et les chassis. Elle enfona la porte qui conduit en haut, o quelques-uns des siens staient introduits au moyen de cette de voie de fait VOLERENT et ENLEVERENT plusieurs effets tels quun fusil sept canons, un fusil deux canons et un autre un seul canon, une pe et un drapeau sur lequel ces mots sont crits: En avant! Association des Fils de la Libert. Toutes ces abominations furent commises par les constitutionnels et, fait digne de remarque, la vue mme dune compagnie du rgiment des Royaux, commande par un officier qui se promenait nonchalamment cheval prs de la scne de dvastation!!!

Aprs cette glorieuse action dicte sans doute par le British feelling (?) les constitutionnels se rendirent par la rue St. Denis jusqu la demeure de lhonorable Mr. Papineau o ils laissrent des marques de la haine instinctive quils portent au noble dfenseur des liberts coloniales, en brisant les jalousies et les fentres de sa maison, sans tre le moins du monde inquit par les juges de paix, ni les troupes. Fort heureusement, aucun membre de la famille ne fut atteint.

De l, les constitutionnels se rendirent rue Ste. Thrse chez M. Louis Perreault, propritaire du Vindicator, le seul journal de cette ville publi en anglais dans les intrts du peuple. La haine quils nourrissent contre ce papier tait dj bien connue, et ils lont prouve dune manire irrfragable le 6 novembre 1837. Le Vindicator, depuis quil existe, a toujours dfendu la cause de la rforme avec autant de zle que de talens. Il nen fallait pas davantage pour lui attirer lanimadversion de ceux auxquels le rgne des abus profite. Aussi a t-il toujours t en butte aux perscutions et aux brutalits de la faction et de ses suppts. Rien na t pargn pour labattre ou lui nuire, mais rien na russi, parce que, fort de son droit et de lopinion publique, il tait plus puissant que ses ennemies. Le trop juste chtiment moral quil a su leur infliger chaque fois quils lont mrit, ce qui ntait pas rare, leur a inspir un sentiment de vengeance inextinguible. Comme tous les moyens msi en jeu jusqu prsent pour lexercer leur ont faillit, ils ont rsolu de pousser la violence au dernier point, suivant en cela lexemple des gouvernans qui ont foul aux pieds toutes les lois de ltat.

Cest dans cette intention que les tories se rendirent de chez M. Papineau au Vindicator, passant par la rue Notre-Dame et par consquent devant le corps de garde o, remarquons-le bien, deux magistrats se trouvaient placs en vedettes comme pour veiller la tranquillit publique. ces magistrats se nomment, dit-on, M. M. Torton, Penn et Benjamin Holmes. La procession dboucha ensuite dans la rue St. Vincent vis--vis de laquelle tous les magistrats taient assembls en session; elle dfila devant la Mess-House des royaux o se trouvaient plusieurs officiers, et entra enfin dans la rue Ste. Thrse, sans avoir prouv la moindre contrarit de la part des juges de paix, ni des militaires.

Il fesait nuit alors. Les ouvertures du bureau et de latelier du Vindicator sont protgs par des portes et des contre-vents en tle- M. Perreault demeure lui-mme au deuxime tage, dont les croises sont garnies de jalousies. Arrive la, la bande constitutionnelle, ou le Doric Club, comme on voudra lappeler, commena de suite par couper les pattes et les contrevents de tle avec des haches dont elle avait eu la prcaution de se munir pour loccasion. Tandis quon brisait les jalousies et les carreaux de vitre coups de pierre, dautres enfonaient les portes den-dedans ainsi que les fentres. Cela fait, ils pntrrent dans lintrieur; ils semparrent dabord des ca[?] et rpandirent les caractres au dehors, ils sintroduisirent ensuite forcment dans la chambre du rdacteur, o ils mirent tout en pice, et ayant dpouill les appartements de tout ce quils contenaient de livres, de papiers, etc. ils senfuirent, laissant aprs eux des marques de leurs exploits glorieux et dignes de figurer dan les [?]tes consitutionnelles seulement. Les rues en face du Vindicator taient littralement couvertes des dbris du butin que la bande navait pu emporter. Les dommages causs ltablissement de M. Perreault sont valus au moins 500.

Un fait digne de remarque, cest que cette oeuvre de destruction ait pu se consommer pour ainsi dire sous les yeux des magistrats et des troupes sans que de leur part il nait t fait la moindre tentative pour larrter. De la scne [?]u dgt au palais de justice, o les juges de paix taient assembls, la distance est trs courte: cest tout si elle excde deux arpens; et on sait que le corps de garde avoisine ce dernier difice. La nuit tait calme et on pouvait entendre une trs grande distance le bruit que fesaient les dvastateurs. Le militaire tait sur pied, et de nombreuses sentinelles, bordant chaque cot de la rue Notre-Dame dans les environs du corps de garde, se promenaient silencieusement le fusil sur lpaule, les magistrats taient l, et cependant personne ne bougea pour offrir quelque protection aux citoyens dont on dtruisait les proprits, et pour rtablir la paix, quoi quil fut absolument impossible que les magistrats et les militaires nentendissent pas le vacarme effrayant qui se fesait quelque pas de l.

Mais on sera bien plus tonn lorsquon saura que deux citoyens, mus par le dsir de protger les proprits, se rendirent la garde et avertirent de ce qui se passait les deux magistrats qui sy tenaient, (les mmes dont nous avons donn les noms) et que ces juges de paix refusrent nettement denvoyer quelques soldats pour disperser lattroupement et empcher la dvastation !!!

Nous apprenons avec le plus vif regret que cette attaque aura pour consquence immdiate de faire suspendre la publication du Vindicator pendant une ou deux semaines. Le dernier numro na pu sortir quhier: rien ne manque aux pages extrieures, mais lintrieur du journal sous le rapport typographique se ressent beaucoup du mal fait ltablissement, car le milieu seul est imprim, le reste est en blanc. Les matires qui devaient le remplir taient prtres pour mardi lordinaire: il ne restait plus qu les mettre sous presse: elles se composaient dune correspondance de Londres, de divers articles ditoriaux et de plusieurs communications. Mais des Visigoths et des Vandales les ayant brises, et jets les types aux vents, elles en purent voir le jour. Nous apprenons en mme temps avec plaisir que [illisible] ne sera pas fatal, et que la suspension du journal du pays le mieux rdig ne sera que momentane. Loin de lavoir abattu, le coup funeste que lon a eu lintention de lui porter, lui imprimera une nouvelle nergie.

Nous avons oubli de dire que ds que le Doric Club fut ralli, il se rendit plusieurs reprises en face de la demeure de M. Joshua Bell, respectacle citoyen bien connu par ses talens et son patriotisme. M. Bell demeure rue Notre-Dame. Les constitutionnels sattrouprent sous ses fentres et lui lancrent des pierres et toutes lessales injures dont on les sait si prodigues. M. Bell ayant ouvert un de ses jalousies au deuxime, leur prsenta un fusil en les menaant de faire feu sur le premier qui oserait le molester. Ils neurent pas plutt aperu le bout du fusil quils sloignrent prcipitemment. Cest de l quils allrent briser la maison de M. Dupuis, etc.

Nous sommes forcs, faute despace, de supprimer quantitu dautres faits et quelques articles relatifs laffaire de lundi.
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(1) Un habitant des Townships de lest qui se trouvait l par hazard et qui ntait nullement intress, nous dit nous mme depuis quil avait vu les constitutionnels jeter des pierres les premiers et que les patriotes nusrent que du droit de reprsailles. Laggression par le parti tory est un fait tellement bien constat que les journaux bureaucrates seuls osent dire le contraire. Plusieurs tories renforcs ont avou que laggression venait des constitutionnels.

SOURCE : http://tolkien2008.wordpress.com/2013/04/07/les-fils-de-la-libertes-attaques-par-le-doric-club-montreal-1837/

 


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Consulté 8294 fois depuis le 13 avril 2013
 Gilles  (3 janvier 2016)
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