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Les Patriotes de 1837@1838 - La bataille de Saint-Charles, 25 novembre 1837
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La bataille de Saint-Charles, 25 novembre 1837
Article diffusé depuis le 19-mai-01
 




Informé la veille de la défaite de Saint-Denis, Colborne avait envoyé deux courriers au lieutenant-colonel Charles-Augustus Wetherall qui commande le 87erégiment pour ordonner une retraite. Or, les deux messagers envoyés furent capturés par la patrouille du " colonel " patriote Édouard-Élysée Malhiot de Pointe-Olivier (à quelques milles de Saint-Charles) (FILTEAU, 1980 : 338) si bien que Wetherall ne reçut jamais le message de replier son régiment vers Montréal (ROCHON, 1987 : 158). Par conséquent, le Château-fort des patriotes du Richelieu, le village de Saint-Charles-sur-le-Richelieu est assiégé par les troupes anglaises de Wetherhall le 25 novembre 1837.

Au cours de la nuit du samedi le 25 novembre, Thomas Storrow Brown, le général des troupes patriotes de Saint-Charles, est réveillé par l'un des gardes du poste de surveillance qui lui remet un message annonçant l'arrivée éminente des troupes britanniques. En conséquence, il envoie des éclaireurs qui ne signalent rien de nouveau à l'horizon (SENIOR, 1997 : 134). À son réveil, les guetteurs avaient déserté leur poste. À six heures du matin, le curé Blanchet vient leur faire réciter à genoux cinq Pater, cinq Ave et l'acte de contrition quoiqu'il n'approuve pas nécessairement le recours à la violence (MEUNIER, 1986 : 114). Vers midi, les troupes de Wetherall atteignent le comté de Rouville. Dès l'arrivée des troupes anglaises, Bonaventure Viger et ses hommes détruisent systématiquement tous les ponts à moins d'un kilomètre et demi du village de Saint-Charles (SENIOR, 1997 : 135).

Du côté des effectifs patriotes, une soixantaine d'hommes sont aux aguets (SENIOR, 1997 : 135) et protègent les retranchements formés d'arbres renversés (ROCHON, 1987 : 160). De plus, Rodolphe Desrivières est posté à l'orée des bois avec quelques dizaines de sympathisants dépourvus d'armes afin de défendre le flanc gauche (MEUNIER, 1986 : 110). Selon les historiens Greer, Senior et Rochon, l'effectif total des troupes de Brown atteint entre 200 et 250 hommes. Filteau, pour sa part, surestime à 400 (moitié dans le village, moitié dans le camp) le nombre d'insurgés, n'ayant pas tenu compte de ceux qui avaient fui (FILTEAU, 1980 : 339). Les patriotes possèdent comme artillerie deux canons rouillés et 109 fusils sans baïonnette (FILTEAU, 1980 : 339). Amédée Papineau cite que son oncle Augustin n'avait pu distribuer que 6 cartouches à chaque homme (PAPINEAU, 1972 : 83-85).

Du côté des troupes anglaises, la brigade de Wetherall comprend quant à elle, quatre compagnies de Royals sous le commandement du capitaine Charles Beauclerk, deux compagnies du 66erégiment sous la conduite du capitaine Dames, les grenadiers (Royal Scots) du capitaine Warde, un piquet de cavalerie commandé par le capitaine David ainsi qu'un détachement d'artillerie avec deux canons dirigé par le capitaine Glasgow (MEUNIER, 1986 : 108) et enfin, de 12 (FILTEAU, 1980 : 336) à 20 membres (SENIOR, 1997 : 139) de la Royal Montreal Cavalry. On estime donc l'effectif des troupes loyales à 406 réguliers selon les historiens Filteau et Senior alors qu'Amédée Papineau évalue ce nombre à tout près de 500 (PAPINEAU, 1972 : 83-85).

En lançant son signal d'attaque, Wetherall est immédiatement surpris par une fusillade nourrie par une bande de patriotes situés sur la rive opposée du Richelieu à Saint-Marc (ROCHON, 1987 : 162). Aux dires des témoins oculaires, il y eut une trentaine de soldats anglais qui tombèrent morts ou blessés (FILTEAU, 1980 : 341). Néanmoins, ceci fut avantageux pour les troupes anglaises, car suite aux coups de fusil des patriotes de Saint-Marc, Wetherall est obligé de battre en retraite vers les champs labourés à droite de la route le mettant hors de la ligne de tir du canon des patriotes (SENIOR, 1997 : 136). Lorsqu'ils arrivent à moins de 229 mètres du camp, ils se divisent en sections se placent deux par deux près des clôtures que Brown a fait ériger afin de leur barrer la route (SENIOR, 1997 : 136). On place en outre, les deux canons à une distance d'environ 90 mètres des retranchements pour ensuite, tirer des shrapnels, des obus, des boulets et de la mitraille (SENIOR, 1997 : 136-137).

Brown somme le Dr. Gauvin d'aller libérer les prisonniers loyalistes enfermés à l'étage supérieur du manoir Debartzch pour les conduire à Saint-Hyacinthe. À peine il eut fait quelques arpents, que l'un des prisonniers Simon Talon Lespérance se dégage de ses liens, désarme Gauvin et le fait prisonnier (ROCHON, 1987 : 162). Par contraste, l'interprétation de Senior à ce sujet diffère grandement ; selon elle, le Dr. Gauvin aurait pris l'initiative de les libérer. Après quoi, Brown l'aurait passé à savon (SENIOR, 1997 : 137).

Les troupes de Wetherall franchissent les murets de piquets postés à des endroits stratégiques le long de la route les séparant à une distance d'environ 800 pieds du manoir Debartzch, camp des patriotes (CHICOINE, 1983 : 128). Dès lors, ils prennent d'assaut tous les retranchements, mettent le feu aux granges de foin, aux maisons de même qu'à tous les autres bâtiments, excepté le manoir Debartzch (FAUTEUX, 1950 : 43). Du coup, Wetherall découvre dans l'une de ces maisons le vieillard Durocher. Wetherall l'envoie donc porter une lettre à Brown exigeant de mettre bas les armes (CHICOINE, 1983 : 128). Cependant, on croit que ce parlementaire n'a pas accompli sa tâche comme convenu ou arriva trop en retard pour informer Brown (FILTEAU, 1980 : 340).

Au bout d'une vingtaine de minutes, Wetherall remarque que Brown avait négligé d'occuper et de fortifier la colline. Selon toute logique, Wetherall déploie son artillerie et son corps de troupes à 100 verges des retranchements (FILTEAU, 1980 : 341). Au même moment, la " compagnie de bâtons " de Desrivières surgit des boisés et attaque l'aile droite de l'ennemi ; Wetherall quant à lui, lance une troupe de grenadiers qui fait reculer les troupes de Desrivières à l'endroit d'où ils provenaient (FILTEAU, 1980 : 341). Le cheval de Wetherall, Warde ainsi que la monture de David sont tués lors de cette altercation (SENIOR, 1997 : 138).

Au bout d'une à deux heures d'intenses tirs de mousquet et d'artillerie, Wetherall ordonne à trois de ses compagnies dont la Royal Scots de se coucher, de fixer les baïonnettes au bout de leurs canons et enfin de charger sur le muret depuis lequel tirent les rebelles (GREER, 1997 : 279). Des Patriotes comme Amyot, Augustin Papineau et le frère Hébert se défendent tant bien que mal à coups de crosse (FILTEAU, 1980 : 341). Enfin, voyant qu'il s'agit d'une cause perdue, le patriote Marchessault réussit à grand galop à atteindre sa maison pour y ramasser quelques papiers, libérer son bétail et quitter par la suite le village pour se rendre à Saint-Denis (MEUNIER, 1986 : 122). Pour ce qui est de Bonaventure Viger, il plonge dans la rivière Richelieu qu'il traverse à la nage pour atteindre finalement, le village de Saint-Marc comme d'ailleurs Augustin Dutilly. Si bien qu'il ne reste plus qu'une soixantaine de patriotes à Saint-Charles (MEUNIER, 1986 : 122).

En ce qui a trait aux pertes humaines dans le camp patriote, les historiens ne s'entendent pas. D'une part, les historiens Senior, Rochon, Filteau ainsi que Meunier s'entendent sur nombre variant de 30 à 40 morts. Greer et Fauteux proposent des chiffres qui rejoignent ceux du Lieutenant-Colonel Wetherall qui les chiffrait à 152 et reflètent une certaine magnificence de la victoire anglaise (SENIOR, 1997 : 138).

Il semble que le nombre exact se situerait aux alentours d'une trentaine de morts, si l'on se fie aux registres paroissiaux de sépultures de Saint-Charles qui font état de 24 morts en plus d'autres individus n'appartenant pas à la paroisse de Saint-Charles. Par ailleurs, le journal Le Canadien du 2 février 1838 fait état de 34 morts (Le Canadien, 02-02-1838). Amédée Papineau rapporta à l'époque, une quarantaine de morts. Pour ce qui est du nombre de blessés, il semble y avoir un certain consensus autour de 30 ; il en est de même pour le nombre de prisonniers. Du côté anglais, les pertes s'estiment à 3 morts et 18 blessés officiellement mais officieusement, Filteau laisse présager une trentaine de morts selon les dires des témoins oculaires lors de l'épisode de la fusillade des Patriotes de Saint-Marc (FILTEAU, 1980 : 342). En somme, il est difficile de chiffrer avec exactitude le nombre de morts qu'il y a eu à Saint-Charles-sur-le-Richelieu, car plusieurs dépouilles étaient méconnaissables à la suite d'une noyade ou encore, d'un incendie.

Le dimanche 26 novembre, Wetherall ordonne à ses troupes d'enterrer les trois soldats anglais et les insurgés morts sur le champ de bataille. Les troupes anglaises procèdent aussi au pillage du presbytère du Curé Blanchet et de la demeure du Dr. Duvert (MEUNIER, 1986 : 128-129). Pendant ce temps, des personnes arrivent au camp à la recherche de membres de la famille ou amis. Le soir venu, une vingtaine de soldats dont l'officier Beauclerk, brûlent les granges et ce qui restent des hangars et s'offrent un banquet (MEUNIER, 1986 : 130-131). Wetherall et ses troupes quittent le lundi vers Chambly et Montréal (FILTEAU, 1980 : 342).

Stéphane Hayes

 


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